Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Oeuvres complètes. Tome 4, 1980-1983
Tatossian Arthur
MJW
28,01 €
Épuisé
EAN :9782491494148
Le lecteur découvrira les thèmes aussi variés que la finesse diagnostique (par exemple sur le délire et la paranoïa ou sur la maladie fonctionnelle ou encore sur la méthodologie des essais cliniques), les travaux de fond (par exemple sur l'Endon chez Tellenbach au sujet de l'origine dite endogène ou du pouvoir d'un médicament psychotrope) et les aspects cliniques de la psychopathologie entrant dans l'exercice du psychiatre (par exemple l'annonce du cancer, le médecin malade, la fonction du lit en milieu hospitalier chez le malade psychique, etc.), tous chers à Arthur Tatossian, car ceux-ci permettent d'aborder le vécu de l'être humain, les notions de phénomène, de vulnérabilité, d'intersubjectivité, d'autonomie et de liberté et aussi les difficultés de communication dans de nombreuses circonstances. Après un rappel de l'incidence des évènements vitaux sur le déclenchement des troubles psychiques, en relation avec le vécu du sujet, ce vécu est étudié dans des situations diverses. Le cas du sujet atteint de cancer en phase pré-terminale, face à la souffrance et à la mort permettent de comprendre les difficultés de communication entre le sujet et autrui - entourage, famille, soignants, médecins compris -, le stress du patient dont le corps n'est plus que corps-objet mais aussi celui de ceux qui l'entourent souffrant de leur difficulté à exprimer leur empathie et, pour les soignants, de leur impuissance face à la maladie qu'ils vivent comme un échec. Ceci se retrouve, à des nuances près, chez les malades mentaux, psychotiques en particulier, les membres de leur famille et le psychiatre, lequel par l'approche phénoménologique pourra accéder au vécu de son patient et ainsi choisir la thérapeutique lui assurant une autonomie aussi importante que possible en tenant compte de ses possibilités restantes même si elles sont minimes, le but étant de lui assurer une vie la plus proche de la vie normale hors de l'hôpital. La phénoménologie de la dépression et celle du corps sont abordées à la fois sur les plans historique, théorique et pratique et il en est de même pour la physiopathologie de la paranoïa et la personnalité paranoïde ainsi que pour les délires, lesquels sont rarement chroniques actuellement grâce aux psychotropes permettant un recours limité aux hospitalisations, toujours les pus courtes possibles, même si elles doivent être répétées, le but étant de ne pas infantiliser le malade en le privant de toute autonomie et de lui permettre de retrouver une place effective dans sa famille.
Les textes publiés entre 1978 et 1980, présentés dans ce tome 3 des oeuvres complètes d'Arthur Tatossian, traitent de thèmes divers : l'inconscient, le temps humain, la psychologie des cancéreux, l'animal et l'homme, le stress et les évènements biographiques dans lesquels la phénoménologie est toujours présente. Un hommage est rendu au Pr Hubertus Tellenbach, phénoménologue allemand, à l'occasion de la première traduction en français de son ouvrage princeps, La mélancolie, paru en Allemagne en 1961. Arthur Tatossian, après avoir distingué symptôme et phénomène en psychiatrie et symptôme clinique et structure phénoménologique, montre que la phénoménologie permet d'accéder au vécu du patient par une voie nouvelle, et ainsi de comprendre, au-delà des symptômes présentés, ce que vit le malade. Afin de l'aider au mieux, il propose une attitude qu'il appelle "devançante" opposée à l'attitude directive qui est la règle en médecine somatique et parfois en psychiatrie. Il insiste sur la nécessité d'écouter le patient et de discuter avec lui, prônant une approche psychothérapique. Une place importante est octroyée par l'auteur aux rapports entre l'animal et l'homme aux divers âges de la vie ; il est montré que l'animal facilite chez le tout petit la découverte de son environnement et crée un lien affectif durable et qu'il égaye le quotidien de la personne âgée isolée en rythmant ses journées, ce qui d'ailleurs a conduit à la zoothérapie de plus en plus utilisée actuellement. Le rôle de l'animal dans l'expérience délirante et dans certaines perversions sexuelles est illustré par des observations nombreuses rendant la lecture particulièrement attrayante et enrichissante. Arthur Tatossian, à partir de réflexions sur le sommeil, les rêves et l'insomnie, met en garde sur le danger de transformer un insomniaque accidentel en insomniaque chronique par un traitement médicamenteux inapproprié, l'approche psychothérapique lui paraissant très préférable aux médicaments. Les conséquences psychiques des traumatismes, plus particulièrement chez le sujet âgé, ainsi que celles du cancer, dont les troubles de la communication, sont étudiées et une critique est faite des attitudes médicales vis-à-vis des malades cancéreux en phase terminale. L'auteur s'est intéressé aussi au transsexualisme et à la méthodologie à l'occasion de la pathologie du stress (évènements vitaux, évènements biographiques ou Life events).
Arthur Tatossian nous rappelle que la subjectivité, thème de la phénoménologie, est à distinguer du Sujet, du Moi, de la conscience, de l'intériorité psychique et il précise ce que sont l'identité humaine, la mêmeté et l'ipséité, la liberté du sujet et aussi l'événement et son vécu. Selon Husserl alors que le sujet peut être psychologique, social ou biologique, la subjectivité ne peut être que transcendantale. Même le fou est sujet d'une subjectivité, certes déchirée, mais qui rend la communication thérapeutique possible parfois. La qualité de vie subjective, le vécu des cancéreux, la vie de Nietzsche et celle de Strindberg, l'identité humaine selon Ricoeur et le problème des psychoses montrent la place prépondérante de la subjectivité dans la vie quotidienne. La contribution de H. Tellenbach sur les antinomies existentielles de Nietzsche, apporte un complément très intéressant aux textes présentés. C'est en se référant à la subjectivité et au degré de liberté des schizophrènes que l'on peut savoir si la psychothérapie est utilisable ou non dans leur cas. Le délire pose aussi la question du sujet et de sa subjectivité, ce que l'on retrouve dans la phénoménologie de la paranoïa. Une re-définition de la démence est présentée et justifiée. Le problème du diagnostic en clinique psychiatrique et la prescription psychiatrique et son enseignement permettent à l'auteur de souligner l'intérêt très relatif, en pratique clinique psychiatrique quotidienne, du DSM III et de ses révisions. Une approche des interdits sexuels nous plonge dans les débats, très actuels en Europe, sur le consentement et la violence. Un bref historique de la psychiatrie à Marseille depuis le XVIII me siècle montre la place importante prise par la psychiatrie en Provence après la deuxième moitié du XXme siècle, ce qui complète de façon intéressante l'historique de la psychiatrie en France que l'on connaît, habituellement centré sur Paris.
Arthur Tatossian est une grande figure dans la psychiatrie phénoménologique contemporaine française. Sa connaissance des langues lui a permis de lire les textes fondateurs de la phénoménologie dans l'original. Ce recueil de textes, épuisé depuis quinze ans, constitue un ensemble précieux pour différentes raisons. D'abord, il est très rare d'avoir accès à une description de cas longue, et, de surcroît, d'un point de vue phénoménologique, de plus, rédigé en français donc ne subissant pas les effets artificiels d'une traduction. Le lecteur trouvera en début d'ouvrage le cas d'une patiente schizophrène. L'auteur compare le vécu de sa patiente avec d'autres cas de phénoménologues (Blankenburg, Kuhn, Tellenbach...) partiellement traduits en français. Puis, il est rare qu'un auteur phénoménologue discute au fur et à mesure les textes de ses collègues phénoménologues, ce qu'on lira ici, avec une préférence pour les phénoménologues belges et hollandais (autour de Waehlens, Buytendjik, Van den Berg, Van der Horst, Rümke...) quant à la réflexion sur le délire. Ensuite, cette phénoménologie contemporaine de Tatossian prend position par rapport aux préoccupations nosographiques actuelles, les discute en référence à la psychanalyse et discute l'actualité sur l'interculturalité ainsi que le rapport entre symptôme et culture. Enfin, l'auteur propose dans cet ouvrage une vue d'ensemble sur les possibilités d'une psychiatrie phénoménologique. C'est l'occasion de se faire une idée de son travail à travers le temps. Car, il faut savoir que l'auteur propose une oeuvre conséquente depuis les années 1960 qui sera publiée au fur et à mesure par des tomes organisés de manière chronologique.
Une étude critique de la classification psychiatrique montre que le DSM, satisfaisant en recherche épidémiologique et en pharmacologie n'a pas d'intérêt espéré en pratique psychiatrique quotidienne. [histoire de l'épidémiologie psychiatrique est alors présentée ainsi que la nosologie de la schizophrénie et l'évolution de la pensée de Kraepelin et celle de Henri Ey.A.Tatossian nous amène aussi à réfléchir sur les symptômes en psychiatrie et sur les notions de signe et de phénomène, sur les rapports entre psychothérapie et phénoménologie, sur les problèmes de la psychose naissante et ceux des psychoses au long cours, sur la culpabilité et la notion de traumatisme en psychopathologie, sur les défenses psychologiques du patient cancéreux, sur le vécu du psychiatre devant la souffrance de son patient, sur le malade mental face à la famille, aux soignants et à la société, sur le concept de démence, sur les troubles de l'apprentissage, sur les effets de la culture en psychiatrie et le relativisme culturel du point de vue phénoménologique. D'autres sujets sont abordés : la séparation et l'intersubjectivité, l'ivresse amoureuse, l'Homo politicus ou l'anxiété librement consentie, l'hypertonie anxieuse (PHA), l'enveloppement humide ou Pack. Deux exemples de recherche en pharmacologie appliquée sont présentés, d'une part l'intérêt de la fluoxétine dans le traitement des psychoses schizophréniques et, d'autre part, une étude des acides aminés précurseurs des monoamines.
Ce tome 7 incite à réfléchir sur des situations rencontrées au quotidien en clinique psychiatrique : le diagnostic, la démence, la dépendance et les dépressions mais aussi les maladies neurotologiques. A. Tatossian développe les concepts de démence, de traumatisme psychique et précise ce qu'il faut entendre par "biographie". Il montre comment l'animal apparaît dans les manifestations cliniques chez le patient psychotique et l'intérêt de la possession d'un animal chez certains de ces malades. Une intéressante comparaison est faite du vécu, de la communication, de l'altérité et de la subjectivité du psychotique et du cancéreux suivie de la place du cancer dans la littérature selon que l'écrivain vit la phase terminale d'un proche, lorsqu'il décrit le vécu de son propre état cancéreux ou encore quand il rapporte simplement les faits observés en milieu cancérologique. Dans la prise en charge du malade psychique, l'auteur met en garde sur le danger de priver le patient de toute autonomie (attitude substitutive dominante) l'exposant à une passivité et à une soumission pouvant conduire à la chronicisation de la pathologie et toujours à la perte de sa liberté, proche de l'assistance. Il insiste sur la nécessité d'une attitude devançante-libérante et sur l'intérêt d'hospitalisations aussi courtes que possible, principes qu'il a appliqués lors de l'organisation de son service à l'hôpital Sainte Marguerite à Marseille en 1972. Véritable problème de société, les dépressions sont analysées et une distinction est faite entre les dépressions graves, dont la mélancolie, et les autres, les plus fréquentes, dont la plupart échappent au regard d'un médecin, psychiatre ou omnipraticien. L'auteur explique pourquoi il faut éviter l'abus des antidépresseurs et privilégier la psychothérapie et surtout l'aménagement du mode de vie et de l'environnement.
En amour, nous pensons être à l'abri de manipulations... la société est là pour s'en charger. L'auteur, ethnologue, enquête sur un événement qui provoque l'émotion dans ce village de nomades de la mer, les Badjos d'Indonésie. Il interroge les habitants, consulte les chamans, fini par découvrir une forme inhabituelle d'éthique, déterminante. Pourquoi cette société interdit-elle les désirs qui portent atteinte à l'ordre social, et malgré tout offre les moyens pour les réaliser ? Comment l'individu se retrouve-t-il ? Bientôt, à la fois les lettres de son amie et sa vie dans le village, le conduisent à une introspection : comment ne plus être complice des règles imposées par l'amour ? Lentement, l'ethnologue se fait explorateur du psychisme dans ces deux civilisations, si loin l'une de l'autre. Les conclusions de son enquête sont étonnantes. S'y révèle un chefd'oeuvre de l'art badjo : celui de créer une société équilibrée et solidaire. Avec justesse, et non sans subjectivité, à travers des situations de la vie quotidienne, l'auteur réussit à nous transmettre l'âme de cette culture unique. L'ouvrage ouvre sur des questions, qui sont les nôtres : quelle place une société donne-t-elle aux contraintes de l'amour ? La conscience morale peut-elle cohabiter avec le vice et la tentation ? La magie avec le marivaudage ?
La trace est au commencement du processus de subjectivation. Réponse du Réel qui vient marquer l'être parce qu'il y a eu jouissance, elle est constitutive de l'existence même du sujet dont elle détermine la parole à venir et la structure. Prenant appui sur la clinique, cet ouvrage se penche sur la dimension originaire de cette trace présubjective où se noue primordialement le corps et la langue, et pose la question de son devenir. L'effacement de la trace dans un savoir qui ne reviendra pas est l'acte fondateur par lequel naît le sujet pourvu du trait unaire. Il y a cependant des vestiges de son existence et ses effets sont inoubliables. Des résidus de Réel peuvent faire retour, et au bord de la trace effacée, la lettre insiste. Mais la trace interroge encore d'autres destins, celui de l'autiste qui n'en est pas marqué, celui du sujet de la psychose qui ne peut l'effacer. Toute l'importance de la trace tient à ce qu'il ne peut en être retenu que le bord par où la coupure du signifiant s'est effectuée. Indissolublement liée à la perte et au vide, elle ne peut être l'objet d'aucune retrouvaille. Il y a là un incurable qui touche au Réel au fondement de l'éthique analytique.
Dans ce tome 5 sont abordés des sujets fondamentaux envisagés tant sur le plan pratique que sur le plan théorique. Celui-ci se termine par des photos rares, la plupart recueillies lors de rencontres scientifiques. Arthur Tatossian convie le lecteur à réfléchir sur des problèmes de la vie de tous les jours et les contacts avec Autrui, la mémoire et la crainte engendrée par ses troubles, les évènements biographiques et leurs conséquences d'une part chez le sujet exempt de troubles psychiques par exemple en cas de Deuil et, d'autre part, chez le sujet malade, ici l'alcoolique chronique, dont sont évoqués les rapports avec ses proches et avec son ou ses médecins. Les notions de réalité et de temps vécu, l'approche des psychoses et de leur décompensation éventuelle sont présentées de façon simple permettant de comprendre ce qu'est la phénoménologie et ce qu'elle peut apporter au praticien pour aider son patient. Sur un plan plus théorique, une remarquable présentation de la phénoménologie de la schizophrénie confirme l'intérêt du point de vue phénoménologique tant sur le plan théorique que pratique. L'étude de la quotidienneté, en hommage à Guiseppe Campailla, met en évidence que "le problème de la quotidienneté est la référence constante de la pensée phénoménologique" et que le lebenswelt du Husserl tardif révèle le rôle majeur que joue l'intersubjectivité dans la réalité quotidienne. Une étude comparative très intéressante des Pratiques traditionnelles en cas de maladies mentales — en Afrique et à la Réunion — et des méthodes utilisées en psychiatrie en Occident permet à A. Tatossian de revenir sur un thème qui lui est cher, celui de la chronicisation de la maladie mentale, et de montrer que les conceptions sur l'origine du trouble mental dans ces sociétés, la bonne tolérance du malade par celles-ci, le soutien du malade par le groupe auquel il appartient, permettent, dans une large mesure, d'éviter le passage à la chronicité. L'auteur estime que l'utilisation de certaines de ces pratiques traditionnelles, adaptées à nos méthodes, peuvent être très efficaces puisque, comme il l'a toujours préconisé, elles permettent d'utiliser au maximum le potentiel qui reste au malade, et il en reste toujours. Quelques réflexions sur la grève de la faim permettent de distinguer les motivations non pathologiques des motivations discutables, souvent pathologiques. Le vécu du sujet cancéreux adolescent est présenté par Tatossian, à titre d'introduction, aux Journées de l'Association Psychologie et cancer de 1984. Pour terminer l'auteur nous entraîne dans une brillante étude comparative de l'OEdipe dans les oeuvres de Kafka, Musil et Freud qui ne peut qu'inciter à lire ou relire les textes de ces auteurs.