La signature le 27 juin 1972 du Programme commun de gouvernement entre le Parti communiste et le Parti socialiste, bientôt rejoints par les Radicaux de gauche, est un événement majeur de l'histoire de la gauche de la fin du XXe siècle. Aboutissement d'une démarche de rapprochement entamée au début des années 1960, ce programme commun est durant six ans à la fois la carte d'identité de la gauche, un engagement passé avec le peuple, un slogan, une promesse de changement démocratique tout en restant un objet de débats. Il alimente la polémique avec la droite qui en dénonce la logique collectiviste et rétrograde, et marque ainsi l'apogée du clivage droite-gauche. Au-delà des points de convergences idéologiques et des concessions entre les "deux frères ennemis" et de l'engagement de gouverner ensemble, le Programme commun de gouvernement est aussi un pari pour chacun des signataires, chacun comptant sur la dynamique créée pour se renforcer. Cet ouvrage propose, à travers les contributions de chercheurs et les témoignages d'acteurs politiques et syndicaux de ces événements, d'éclairer la genèse du programme commun, son contenu, son impact tant au plan national, voire international, que dans les dynamiques locales, jusqu'à la rupture de 1978. Ce livre reprend l'essentiel des travaux du colloque éponyme qui s'est tenu les 19 et 20 mai 2010 à Pantin, organisé par les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, la Fondation Jean-Jaurès, l'Office universitaire de recherches socialistes et la Fondation Gabriel-Péri.
Les manifestations parisiennes, longtemps occasionnelles sinon exceptionnelles, connaissent une croissance exponentielle depuis le milieu des années 1910. Susceptibles d'émaner de tous les milieux et de tous les partis, syndicats ou mouvements, elles revêtent des formes toujours plus diversifiées, depuis les cortèges traditionnellement déployés dans le périmètre République, Bastille, Nation Jusqu'aux coups médiatiques de Aids ou de Greenpeace en passant par bien d'autres. Cet ouvrage, qui associe des chercheurs de diverses disciplines, aborde les liens puissants et inédits tissés durant plus d'un siècle entre les rues de la capitale et ces manifestations de toute espèce. Il traite de quelques-uns des principaux espaces manifestants, plus divers qu'on ne le dit parfois, sans négliger les relations complexes que Paris entretient avec sa périphérie, et s'attache à la dramaturgie et à la symbolique mises en ouvre ou requises par certains groupes manifestants : étudiants, lycéens, organisations ouvrières, droites, pareillement dotés d'une longue tradition manifestante, mais également agriculteurs montés à Paris, nouveaux mouvements sociaux ou " sans " qui inventent des modes d'appropriation inédits de l'espace public. Quelques-unes des " grandes manifestations " ayant rythmé l'histoire de la capitale, le régime juridique des manifestations, les problèmes afférant au maintien de l'ordre, au décompte des manifestants où à la violence d'Etat, font l'objet de contributions spécifiques.
Le cimetière du Père-Lachaise, conçu en 1804 par Quatremère de Quincy, le maître d'?uvre du Panthéon, fut doté, comme celui-ci, de fonctions civiques. Les régimes qui se succèdent de 1804 à aujourd'hui n'en ont guère usé. Il en va différemment des oppositions muselées, puis, dès la Restauration et surtout après l'écrasement de la Commune, de certaines forces partisanes. " Grands " ou anonymes, les morts et martyrs de la Commune, du parti communiste, de la Résistance et de la déportation inhumés dans cette nécropole l'ont dotée d'une sacralité particulière : le Père-Lachaise s'est ainsi progressivement imposé comme le foyer de rites alternatifs à ceux dispensés par l'Eglise. Ce sont les relations inédites tissées en ses murs entre la mort, le sacré, l'Histoire, devenue viatique, et la politique, qui ont retenu l'auteur de ce livre. Comment, en ce lieu si singulier, la politique a-t-elle été amenée à renouveler son regard sur la mort ?
Le Parti communiste français est né à Tours, dit-on, en décembre 1920. Ce seul acte de naissance ne suffit pas, cependant, à lui conférer tous les attributs du "parti de type nouveau" que l'Internationale communiste requiert de ses sections. Il va donc devoir se "bolcheviser" et la signification de cette période se saisit tout particulièrement dans la formation de ses premiers cadres. Il fallait, pour mener cette étude renouvelée de la bolchevisation, disposer de moyens nouveaux. Ceux mis en oeuvre dans ce livre sont de taille puisque l'auteur a pu travailler sur les archives de l'Internationale déposées à l'Institut Maurice Thorez. En nous faisant découvrir ces premiers communistes français, ce livre fournit à la question controversée du rôle et des fonctions des cadres du Parti sa nécessaire dimension historique.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?