Ce recueil de textes inédits regroupe des conférences qui furent prononcées, chacune, à un tournant critique dans la vie d'Andreï Tarkovski.En mars 1982, il a quitté l'URSS pour réaliser en Italie son avant-dernier film, Nostalghia. Il n'y reviendra plus jusqu'à sa mort, fin 1986. Pendant ce séjour en Italie, en 1983, il se rend à Livourne à un séminaire de littérature. Il est invité à le conclure par une intervention, La pratique de la narration, où il exprime pour la première fois à l'Ouest ce qui l'anime en profondeur : la véritable vocation de l'artiste. Ayant obtenu une bourse pour vivre à Berlin, il est invité à y donner une conférence en mars 1984 sur L'image et le symbole, où il réaffirme la valeur unique et fondamentale qu'il assigne à l'art qui, selon lui, ne doit se préoccuper que d'Absolu. Fin juillet 1984, il donne deux conférences à Londres, essentielles pour comprendre le souffle spirituel à la source de sa vie et son oeuvre. L'une d'elles est une méditation libre sur le dernier livre de la Bible, L'Apocalypse. Un livre présent en filigrane dans ses trois derniers films, Stalker, Nostalghia et Sacrifice, et qui habite sa vie personnelle, touchée par de grands bouleversements. Cette dernière méditation lui permet de reformuler les thèmes moteurs de son oeuvre.
Tarkovski Andreï ; Chiaramonte Giovanni ; Guerra T
La photographie à développement instantanée accompagne Andreï Tarkovski dans la dernière partie de son oeuvre : en Russie lorsqu'il mûrit la décision de quitter pour toujours sa patrie, et en Italie, lorsqu'il tourne, avec Tonino Guerra, Temps de voyage et Nostalghia, en cherchant un lieu où se construire une demeure pouvant accueillir non seulement sa femme Larissa, en exil avec lui, mais aussi son fils Andreï, resté douloureusement loin, otage du pouvoir soviétique.De ces polaroids en couleurs, pourtant de petite dimension, jaillissent toute la force et la douceur de la lumière qui les a modelés à travers les yeux et le coeur de l'auteur. Si l'on se penche vers eux avec attention, alors on peut y percevoir l'univers profondément personnel de Tarkovski. Un univers que Dominique Fernandez qualifie de "nostalgie de ce qui n'est pas tout à fait de ce monde, de ce qui renvoie aux conditions incertaines où toute chose flotte et part à la dérive..."
Tarkovski Andreï ; Kichilov Anne ; Brantes Charles
Présentation de l'éditeur Tout au long de sa vie, Andreï Tarkovski rédige des notes de travail, des observations, des pensées, posant ainsi des jalons à son itinéraire d'homme et d'artiste. Durant sa dernière année, il rassemble ces écrits en un volume, Le Temps scellé, qui deviendra vite une référence incontournable. Il y aborde une large réflexion aussi bien sur la civilisation contemporaine que sur le cinéma sa place parmi les autres arts, ou des aspects plus concrets comme le scénario, l'image, le montage, l'acteur, le son, la musique... Puisant dans son expérience de cinéaste et dans sa vaste culture littéraire, se remémorant ses années de formation et les luttes interminables pour terminer ses films à l'époque soviétique, Andreï Tarkovski offre ici le livre-bilan d'un artiste en recherche de sens, d'un homme qui consacra son inépuisable énergie à "sculpter le temps".
Résumé : Retrouvés à Florence dans les archives personnelles d'Andreï Arsenievitch Tarkovski, ces récits passionneront tous ceux qui aiment l'ouvre du cinéaste. Rédigés, comme les poèmes qui les accompagnent, entre 1960 et juillet 1962 - l'auteur a tout juste trente ans -, ces textes sont de véritables tableaux impressionnistes : la neige, le ciel et la taïga servent de rideaux de scène à de mini-drames, d'émouvantes et parfois cruelles plongées au cour de l'âme et de la vie russes, de rencontres avec des personnages de femmes, amantes ou mères, à la fois fugitives et si présentes. On ne peut que succomber au charme - et à la force - de ces écrits de jeunesse dont chaque page annonce la naissance du prodigieux auteur d'Andreï Roublev. Andreï Tarkovski, né en 1932 et mort en 1986, est l'un des plus grands réalisateurs russes. Ses films (Andreï Roublev, Le Miroir, Stalker, Le Sacrifice, notamment) comptent parmi les plus importants de l'histoire du cinéma. Parmi ses ouvrages : Le Temps scellé (2014), Lumière instantanée (2004) et Journal 1970-1986 (2017) chez Philippe Rey.
Tarkovski Andreï ; Kichilov Anne ; Brantes Charles
Le Miroir, Stalker, Nostalghia, Le Sacrifice ; de 1970 jusqu'à la fin de sa vie, à Paris, Tarkovski n'a cessé de consigner dans ce Journal, ses lectures et ses réflexions, les aléas de ses productions, et les espoirs et les difficultés de son travail dans un pays qui s'appelait encore l'Union Soviétique.
Né en 1972 au Canada d'un père juif et d'une mère protestante, dès l'âge de quatre ans, Elijah Ary fait des " rêves-souvenirs ", à la suite desquels il cite des personnes, des noms, des lieux précis dans un Tibet lointain. Ces images et propos exceptionnels sont authentifiés par des maîtres bouddhistes et, à l'âge de huit ans, Elijah est reconnu par le Dalaï Lama comme la " renaissance " de l'érudit maître de méditation Guéshé Jatsé. Ces souvenirs seront vérifiés par Elijah lui-même lorsque, vingt-cinq ans plus tard, il effectuera un voyage au Tibet et apprendra des détails de la part de personnes ayant connu son " prédécesseur ". A l'âge de quatorze ans, il part dans un monastère en Inde où il demeure jusqu'à ses vingt ans. Il y suit un apprentissage très rapide de la langue tibétaine, reçoit une formation philosophique et spirituelle de très haut niveau en contexte traditionnel, ainsi qu'une initiation approfondie à la méditation. Il décide ensuite de regagner l'Occident, sur les encouragements du Dalaï Lama, afin de partager ses connaissances, et il intègre Harvard où il obtient un doctorat en sciences des religions. Il est aujourd'hui installé à Paris où il exerce comme psychothérapeute et comme maître de méditation. Son récit offre une plongée dans les complexités d'une époque charnière : celle qui a vu le bouddhisme s'enraciner en Europe et en Amérique. Pris entre plusieurs pays, langues, cultures, religions, Elijah Ary est devenu un " pont " vivant entre Orient et Occident, entre tradition et modernité. Il raconte ici son parcours remarquable, qu'il décrypte en expert du bouddhisme. Ponctuant son propos d'exercices de méditation, il initie le lecteur occidental à cette pratique prisée chez nous. Il éclaire aussi de l'intérieur certains aspects mal compris du bouddhisme : la réincarnation et le phénomène des tulkous, le caractère illusoire de l'ego, la loi du karma ou l'interdépendance universelle. Un témoignage sans précédent sur le vécu intime d'un " enfant-lama ", sur la vie d'un Little Buddha devenu grand.
Résumé : Omniprésents dans la Bible, les anges ont été abondamment figurés par les artistes. Oscillant entre le ciel et la terre ? sous l'apparence d'enfants ou de jeunes adultes, pourvus d'ailes qui évoquent légèreté et agilité ?, ils interviennent à des moments décisifs de la vie des humains. C'est un ange qui chasse Adam du paradis, apprend à Abraham que sa femme aura une descendance, l'empêche de sacrifier son fils Isaac, lutte toute une nuit avec Jacob, guide Lot et sa famille hors du feu de Sodome, sauve Daniel de la fosse aux lions, annonce à Marie qu'elle portera le fils de Dieu, explique aux femmes le jour de Pâques que le Christ est ressuscité, libère Pierre de prison, aide Jean à écrire son évangile... Durant des siècles, les peintres et sculpteurs ont été inspirés par la dimension surnaturelle des anges. De Fra Angelico à Chagall, en passant par Raphaël, Titien, Rubens, Caravage, Rembrandt, Poussin, Gauguin, Van Gogh, ils ont représenté avec une riche imagination ces esprits ailés venus du paradis pour oeuvrer sur la terre. Fasciné par leur mystère, Michael Lonsdale a réuni en cet ouvrage les soixante plus beaux anges de l'art, plaçant en regard des scènes choisies les textes de la Bible qui les racontent et ses propres commentaires qui aident à comprendre et aimer ces oeuvres. Un livre splendide qui emmènera ses lecteurs sur les ailes de la beauté.
Le périple bouleversant d'un adolescent migrant à la conquête de sa liberté. Enfant de Bonaloka, un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun, Petit Wat est un jeune homme haut en couleurs, qui fait les quatre cents coups avec ses copains de quartier. Mais le jour où ses parents ne peuvent plus payer sa scolarité, ses perspectives s'écroulent. Sans avenir chez lui, il décide de partir et de prendre la route de l'Europe pour accomplir ses rêves, malgré la douloureuse séparation et les pleurs de son frère. Avec un petit sac troué, une paire de Converse rose et une immense foi en lui-même, Petit Wat découvre la réalité de cette route migratoire avec ses yeux d'adolescent. Il tremble à chaque contrôle, effrayé par les frontières, tandis que les convoyeurs payent les policiers pour passer. Abandonné par un passeur aux portes du Niger, il doit affronter seul ghettos et déserts. Face aux violences et horreurs, il peut compter sur les mains tendues d'inconnus qui l'aident à traverser ces épreuves. Leurs mots, leur courage et leurs prières redonnent de l'humanité à une route qui en manque tant. Arrivé au Maroc, Petit Wat entre rapidement en forêt. Des centaines de jeunes déshérités se regroupent au Gourougou et s'organisent pour affronter le " monstre à trois-têtes " : des barrières massives séparant l'Afrique de l'Europe. Peuvent-ils vraiment vaincre le monstre et faire boza, soit passer en Europe ? Et de l'autre côté, quel sort les attend ? Dans Boza ! , Ulrich Cabrel et Etienne Chambron proposent un nouveau regard sur les réalités migratoires, sans cliché ni bien-pensance. L'entrain et la verve des personnages contrastent avec les enfers qu'ils traversent, offrant à ce texte initiatique une tonalité inattendue. Roman d'aventures du réel, il décrit pourtant l'une des plus violentes tragédies de notre époque. Ce roman présente la singularité d'avoir été co-écrit par un jeune expatrié et son hébergeur solidaire en Bretagne. Il parle de l'accueil et de l'intégration, il en est aussi un résultat - une rencontre des mots et des visions du monde. C'est pour mieux se connaître et se comprendre que Ulrich Cabrel confie à Etienne Chambron le " roman de sa vie ". Ses expressions désopilantes et son regard épicé sur la société française font rire et réfléchir.
Le récit saisissant de l'innocence corrompue. Une prestigieuse université féminine de la Nouvelle-Angleterre dans les années 75. On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d'art et de poésie. Gillian Brauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui a décidé de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime. Il n'octroie ses compliments qu'aux confessions les plus osées, ce qui génère surenchères malsaines et incidents ravageurs parmi des filles survoltées, avides de retenir l'attention ? et plus ? du maître. Tentatives de suicide, incendies inexpliqués, anorexie, somnifères, tous les éléments d'un drame annoncé sont réunis avec, dans un rôle d'une épaisseur glauque, la mystérieuse Dorcas, l'épouse ? française ? d'Andre, sculptrice, collectionneuse d'affreux totems. Et grande prêtresse de ces amours vénéneuses dont Joyce Carol Oates nous offre ici le récit haletant, à la morale superbement perverse.