Dans cette somme protéiforme, Christelle Taraud et son contingent d'auteur.ices reviennent sur l'histoire des violences systémiques imposées aux femmes et aux minorités de genre. De l'Antiquité à nos jours, à travers tous les continents et une grande diversité culturelle, ce récit à plusieurs mains repense les paradigmes, éclaire les zones d'ombres, construit des ponts et ouvre les portes de l'impensé à travers 7 axes : la chasse aux sorcières, l'esclavage et la colonisation, les meurtres et féminicides de masse, les masculinismes, les génocides, les normes et violences corporelles, ainsi que la marchandisation des filles et des femmes. Un ouvrage sensible, majeur et ambitieux dont la réalisation est à la hauteur des attentes.
Dans tous les pays du monde, à toutes les époques, des femmes ont été tuées parce qu'elles étaient des femmes.L'historienne Christelle Taraud réunit dans ce livre les meilleures spécialistes mondiales de la question, des ?uvres d'artistes et d'écrivaines, des témoignages et des archives... pour comprendre le continuum de violences qui s'exerce contre les femmes depuis la préhistoire.Un ouvrage essentiel et inédit, autant scientifique que politique.Avec :Gita Aravamudan, Claudine Cohen, Silvia Federici, Rosa-Linda Fregoso, Elisa von Joeden-Forgey, Dalenda Larguèche, Patrizia Romito, Rita Laura Segato, Aminata Dramane Traoré et plus d'une centaine d'autres autrices et auteurs.Table des matières : IntroductionsUne histoire mondiale des féminicides : pour quoi faire ? Par Christelle TaraudQuand les femmes sont tuées en raison de leur genre : le regard d'une féministe tunisienne, par Dalenda LarguècheEt avant l'histoire ? Introduction par Claudine CohenPartie I. Chasse aux " sorcières ", introduction par Silvia FedericiPartie II. Esclavage et colonisation comme féminicide, introduction par Christelle TaraudPartie III. Meurtres de femmes et féminicides de masse, introduction par Rosa-Linda FregosoPartie IV. Masculinismes et féminicides, introduction par Patrizia RomitoPartie V. Féminicides et génocides, introduction par Elisa von Joeden-ForgeyPartie VI. Normes de beauté, mutilations corporelles et annihilations identitaires, introduction par Christelle TaraudPartie VII. Tuer les filles, les domestiquer et les marchandiser, introduction par Gita AravamudanConclusionsLa guerre contre les femmes : un manifeste en quatre thèmes, par Rita Laura SegatoEn finir avec les féminicides par une sororité renforcée, par Aminata Dramane TraoréLes autrices et les auteurs
Résumé : Des prostituées, l'iconographie coloniale ne montre finalement qu'un fantasme, des parties de corps (visages dévoilés, seins nus, sexes épilés, etc.) reproduites à l'infini sur les cartes postales pour collectionneurs. L'administration coloniale, elle, en fit des femmes-machines, des objets érotiques standardisés, enfermés, surveillés dans des quartiers spécifiques. Et pourtant, quand on les observe attentivement, ces femmes - pour l'essentiel des Algériennes, des Tunisiennes et des Marocaines de confession musulmane - ne furent pas des objets passifs de l'histoire mais au contraire de véritables actrices, pensantes, disantes, agissantes, qui se rebellèrent contre l'ensemble des hommes en situation de pouvoir, transgressant aussi bien la caïda (tradition) que la morale coloniale.
Ce recueil vise à examiner, au travers d'entretiens, les conflits et les contradictions qui traversent le féminisme - d'où le pluriel du titre il s'agit non pas de penser ce qui fait son unité, mais plutôt de tracer les grandes lignes d'une cartographie des tensions qui le constituent. Les questions qui ont interpellé et divisé récemment les féministes et l'opinion se trouvent donc au cœur de ce livre : le foulard islamique, le harcèlement, la parité, la procréation médicalement assistée, la prostitution, les violences sexuelles et domestiques... Les Féminismes en questions voudrait ainsi montrer, pour s'en réjouir, que les débats parfois emportés qui opposent les différentes sensibilités de la mouvance féministe, ainsi que l'éclatement relatif de celle-ci, indiquent qu'avec le féminisme nous sommes en ce lieu éminemment conflictuel de l'espace social où sont mises en question les identités de genre et les sexualités.
Christelle Taraud, docteur en histoire, spécialiste de l'histoire contemporaine du Maghreb, enseigne à la Columbia University of New York (Reid Hall-Paris). Elle a co-dirigé le numéro de la revue Clio consacré aux prostitué(e)s, Histoire, femmes et société, à paraître au printemps 2003.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
Résumé : La violence thérapeutique faite aux femmes naît en même temps que la médecine moderne. Auparavant jugées comme sorcières, elles ont été qualifiées d'hystériques, de dépressives et, maintenant, de bipolaires. Pratiquée longtemps essentiellement par des hommes, la science médicale a enfermé les femmes dans ces catégories. Qu'il s'agisse de psychiatrie, de gynécologie, de médecine générale ou de toute autre forme de prise en charge, la relation thérapeutique est encore trop souvent sourde aux symptômes et à la souffrance des femmes. S'appuyant sur des situations cliniques, tirées des archives médicales et de son expérience de psychiatre et psychanalyste, Thierry Delcourt retrace l'histoire de ces violences afin d'éclairer sur les conditions d'un soin respectueux. Il ne s'agit pas d'un procès de la médecine actuelle dont les progrès sont fascinants, ni des soignants qui tentent de soulager les patientes. Il s'agit de permettre que les femmes se libèrent des mauvais traitements qu'elles subissent encore quand la maladie les place en posture de faiblesse, quand des thérapeutes n'écoutent pas leur parole.
Résumé : Mutilations, viols, crimes d'honneur, féminicides, vitriolages, avortements forcés... Le patriarcat est un régime de terreur. Les hommes ont tiré pendant des siècles avantage symbolique et matériel d'une domination qu'ils ont établie par la force brute. Aujourd'hui, grâce à la scolarisation et à leur entrée sur le marché du travail, les femmes parviennent en de nombreux endroits à secouer le joug. Mais cette aspiration à l'égalité, dont le mouvement #MeToo a été une manifestation planétaire, ne va pas sans déchaîner en retour la colère ni sans alimenter un désir de représailles. La lutte pour l'émancipation est âpre. Aucun groupe dirigeant ne renonce à sa position de supériorité sans combattre. C'est cette résistance acharnée, parfois sanglante, qu'Abram de Swaan documente de manière implacable, d'un bout à l'autre du monde. Djihadisme, fondamentalisme religieux, courants réactionnaires, mouvements d'extrême droite... : son attention se porte sur tous les groupes qui, quand il s'agit des femmes et du féminisme, montrent une parfaite identité de vue. Cette enquête globale et percutante pose les fondements d'une encyclopédie contemporaine de la misogynie.
Les violences sexuelles envers les femmes n'apparaissent pas spontanément. Elles ne font pas partie de la "nature humaine" ni ne sont le résultat d'incontrôlables pulsions masculines. Elles ont des causes sociales - impunité des agresseurs, idées reçues sur la sexualité, inégalités structurelles - qui forment ce que l'on appelle une "culture du viol". Cela va de remarques apparemment anodines qui culpabilisent les victimes à un traitement trop fréquent des viols comme des délits plutôt que comme des crimes devant les tribunaux ; de formules pour excuser les agresseurs à une remise en cause systématique de la parole des femmes qui dénoncent des agressions. En France, chaque année, environ 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Et les viols ne représentent que la partie émergée d'un iceberg : celui des violences sexuelles, à la maison, au travail ou dans la rue. Or ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance et limitent la liberté par la peur qu'elles instaurent. Elles constituent une atteinte aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine. Mais cette situation n'est pas une fatalité. C'est pourquoi il est important d'identifier les éléments culturels qui servent de justification et de terreau à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d'y mettre fin.
Les comportements masculins qui invisibilisent les femmes sont enfin mis en lumière ! Etant donné la manière dont beaucoup occupent l'espace dans la société, des réunions professionnelles à la sphère domestique en passant par la place publique, il est temps d'éveiller les consciences. Cet album donne aux femmes des clés pour qu'elles (re)prennent la parole et investissent leur place légitime. Sous la forme de saynètes humoristiques, sont abordés les concepts de mansplaining, de manterrupting et de manspreading, résultant d'un patriarcat bien ancré dans la société. Il est temps pour les femmes d'imposer leur présence, d'exprimer leurs points de vue, et de faire valoir leurs compétences. Bref, de refuser les manifestations du sexisme ordinaire et de montrer à tou. te. s qui est la boss !