Taralon Dominique
Avant-propos de Dominique TaralonLe propos de ce petit manuel est de donner quelques pistes originales aux jeunes comédiennes qui veulent se présenter à une audition. C'est dans ce but que le choix de monologues extraits d'oeuvres théâtrales classiques et contemporaines s'est équilibré entre auteurs français et étrangers, de la fin du XVIe siècle à nos jours. Le terme "classique" désigne bien sûr ici le théâtre du Grand Siècle, mais aussi le théâtre de toujours, celui qui a définitivement «passé la rampe», et s'offre, intact sur l'aile du temps, à l'avidité du spectateur.C'est ainsi que dans ce recueil, le XVIIIe et le XIXe siècles proposent des «morceaux choisis» de grands dramaturges, et que le XXe siècle est largement représenté par des auteurs incontournables tels que Claudel, Pirandello, Lorca, Giraudoux, Brecht, Sartre, Camus, Tennessee Williams...Deux pièces charnières, Qui a peur de Virginia Woolf? d'Edward Albee (1962) et Oh les beaux jours de Samuel Beckett (1963), ouvrent sur le théâtre contemporain, qui donne la parole aux personnages de Pasolini, Pinter, Bernhard, Müller, Koltès, Ribes, et bien d'autres encore.Dans la période qui va du début du XXe siècle aux tout derniers contemporains, les Européens dominent, sans pour autant que les Américains manquent à l'appel. Bien entendu tous ces extraits doivent être idéalement replacés dans leur contexte, et l'on ne saurait trop recommander de lire les pièces dans leur intégralité.On sait que certains rôles féminins furent longtemps classés en "caractères", ce qui dut souvent stéréotyper le jeu des comédiennes. D'où ce commentaire d'un numéro du Nouvel Astrologue parisien de l'année 1823, à propos d'une comédienne du Théâtre français: «On demandera à Mademoiselle* plus de fermeté dans le débit, moins d'exagération dans certains passages, et moins de larmes dans la voix». Aujourd'hui, les grands rôles de femmes sont de plus en plus nombreux et variés, et l'interprétation se colore de nuances et d'inflexions infinies. Au moins, maintenant, si on récite son texte comme une leçon bien apprise, c'est parce qu'on le veut bien.Quoi qu'il en soit, aujourd'hui comme hier, que le jeu théâtral requis soit "expressif", ou "furtif", le ton chatoyant ou monocorde, les comédiens sont des passeurs qui entraînent le spectateur dans le pur plaisir du théâtre.
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