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Community organizing. De l'émeute à l'alliance des classes populaires aux Etats-Unis
Talpin Julien
RAISONS D AGIR
24,00 €
Épuisé
EAN :9782912107862
Avril 1992 : Los Angeles connait des émeutes d'une ampleur inégalée, après l'acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King. Vingt ans plus tard l'Amérique fait l'expérience de nouveaux soulèvements, à Ferguson et Baltimore, contre les violences policières, le racisme et l'injustice. Ces protestations ne sont pas les seules réactions des fractions dominées de la population étasunienne. A Los Angeles notamment, des associations ont su rassembler celles et ceux qui voulaient améliorer les conditions d'habitat, de travail, d'existence des résidents des quartiers populaires. Ces organisations donnent à voir comment déployer le pouvoir d'agir des dominés pour améliorer leur quotidien et oeuvrer au changement social. Elles incarnent des contre-pouvoirs autonomes qui rappellent les élus à leurs promesses et promeuvent des politiques progressistes. A partir du cas étasunien et des essais d'acclimatation du community organizing en France, l'auteur identifie des pistes pour renouveler le militantisme dans les quartiers populaires.
La démocratie participative s'est beaucoup développée depuis quelques décennies. Or, les recherches se concentrent sur des expériences locales, principalement municipales. D'autres initiatives tentent pourtant de dépasser la proximité et d'influer plus profondément sur le système politique. L'échelon régional est de ce point de vue particulièrement novateur. Le Poitou-Charentes, en particulier, apparaît comme un laboratoire démocratique particulièrement inventif. Il permet de creuser des questions centrales : comment garantir à une telle échelle la participation du plus grand nombre, et notamment des exclus du système politique représentatif ? La démocratie participative est-elle condamnée à rester cantonnée à l'échelle micro-locale, la "grande politique" relevant des professionnels de la politique ? La tension entre taille et démocratie, toujours invoquée mais rarement étudiée, se trouve au coeur de ce livre. Plusieurs cas sont passés au crible. En Poitou-Charentes tout d'abord, le Budget Participatif des Lycées (l'une des expériences les plus radicales à ce jour en Europe, tant par le nombre de participants impliqué que par les enjeux financiers en discussion) et les dispositifs impliquant le tirage au sort (un moyen potentiel de faire émerger un public régional). D'autres dynamiques régionales sont étudiées dans une perspective comparative, en France, en Andalousie, en Toscane et dans la région Lazio. Enfin, les difficultés du passage du régional au national sont abordées à travers la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007.
Résumé : La colère a fini par éclater. A l'été 2023, à la suite de la mort de Nahel Merzouk, la France a connu des révoltes aussi violentes qu'éphémères. Comprendre les racines du soulèvement requiert de se plonger dans le quotidien des quartiers populaires. A partir d'une enquête ethnographique de dix ans dans la ville de Roubaix, ce livre saisit la texture de sentiments d'injustice davantage orientés vers l'Etat que contre le capitalisme. Il suit au long court la trajectoire de militants qui tentent de briser la résignation et de susciter la participation. Ces artisans de l'égalité sont pourtant souvent disqualifiés et leurs luttes, réprimées. La démobilisation populaire apparaît alors comme une production politique, où les difficultés de la gauche à appréhender la nouvelle sociologie des classes populaires sont décisives.
Esteves Olivier ; Picard Alice ; Talpin Julien ; V
Résumé : La première enquête sociologique menée en France sur le départ des musulmans français. Ils sont nés et ont grandi en France, la plupart sont diplômés de l'enseignement supérieur et pourtant ils ont décidé de partir vivre et travailler à l'étranger. Ces Français de culture ou de confession musulmane, discriminés sur le marché de l'emploi et stigmatisés pour leur religion, leurs noms ou leurs origines, trouvent en quittant la France l'ascension sociale qui leur était barrée. Ils font surtout l'expérience du "droit à l'indifférence" , car cette fuite des cerveaux révèle les effets délétères de l'islamophobie qui, vue d'ailleurs, semble bel et bien constituer une exception française. Cette enquête documente pour la première fois un phénomène qui travaille la société à bas bruit. Olivier Esteves est professeur à l'université de Lille, spécialiste du monde anglophone, de l'ethnicité et de l'immigration. Alice Picard est enseignante agrégée de sciences économiques et sociales et chercheuse associée au laboratoire Arènes. Julien Talpin est directeur de recherche au CNRS, spécialiste du racisme et de l'engagement dans les quartiers populaires.
En interrogeant les formes de l'engagement de musulmans dans l'espace public, ce livre déconstruit les fantasmes sur la catégorie de " musulmans " et démontre qu'ils se mobilisent d'abord au nom d'une revendication d'égalité. Loin de constituer une entrave à l'intégration, l'expérience religieuse constitue bien souvent une porte d'entrée dans la participation à la vie civique. Pourtant, les discriminations religieuses liées à la visibilité de l'islam viennent parfois heurter ces processus de participation.
Deux courts essais du sociologue Pierre Bourdieu sur la télévision et le journalisme Ces « cours », initialement diffusés à la télévision avec le concours du Collège de France en 1996, n’ont pas perdu de leur actualité. Le sociologue y analyse comment la place centrale que le logique de l’audimat occupe dans le monde télévisuel et journalistique affecte l’information. Deux textes incontournables de la critique éclairée des médias. Robin
Résumé : Au cours des années 2000, la montée en puissance de la question climatique dans les médias généralistes français, en rendant plus évidents les dégâts environnementaux provoqués par le capitalisme, aurait pu conduire à interroger l'emprise des rationalités marchandes sur l'organisation des sociétés. Revenant sur la genèse et le déroulement ordinaire de ce débat public, ce livre montre comment s'est au contraire imposée une vision dépolitisée de la question climatique. Pour attirer l'attention des journalistes, les défenseurs conventionnels de cette cause doivent en livrer une version consensuelle propre à satisfaire les verdicts du "plus grand nombre". Ils développent alors une entreprise de moralisation des individus ce qui, du même coup, met à l'abri de la critique les logiques économiques et politiques engendrant la catastrophe écologique en cours. Et ce d'autant plus que les prescriptions "éco-citoyennes" occultent le coût environnemental plus élevé des styles de vie socialement valorisés, permettant ainsi aux plus favorisés de faire valoir leur bonne volonté écologique sans avoir à questionner leurs aspirations consuméristes. Loin d'être neutre, la dépolitisation des enjeux climatiques conforte une organisation sociale hautement inégalitaire et écologiquement dévastatrice. C'est donc à une sociologie des mécanismes concourant à la préservation de l'ordre établi que contribue l'enquête présentée dans ce livre. Ce faisant, elle ouvre des pistes pour penser autrement, et au-delà du seul cas français, une transformation sociale et écologique des "sociétés de marché".
Dépensier, "inefficace", l'État social est la cible d'attaques récurrentes et l'objet de multiples réformes. Mais que sait-on des professionnels qui ?uvrent en son nom au quotidien? Comment font-ils face aux changements incessants de leurs conditions de travail? Au cours d'une longue enquête dans plusieurs services sociaux, la sociologue Delphine Serre a choisi comme fil directeur les signalements d'enfant en danger qui sont envoyés à la justice. Entre 1994 et 2006, le nombre de mineurs concernés a quasiment doublé. A travers ces signalements on découvre les savoirs et les pratiques, les règles juridiques et les normes éducatives qui guident les assistantes sociales chargées d'identifier les désordres familiaux. La décision de faire appel au juge dépend aussi du contexte de travail, de l'appartenance générationnelle et de la trajectoire de ces agents. Partagées entre le souci d'agir et la peur d'aggraver des situations déjà dramatiques, les assistantes sociales doivent surmonter leurs doutes et trancher. Elles sont d'autant plus déstabilisées qu'elles sont soumises à un nombre croissant d'injonctions, parfois contradictoires, et disposent de peu de ressources pour venir en aide à un public de plus en plus précarisé. Derrière leur réticence ou au contraire leur empressement à signaler apparaissent les causes structurelles du "malaise" des travailleurs sociaux. En nous faisant entrer dans les coulisses de l'Etat social, ce livre permet de comprendre l'épreuve que traversent les professions du public qui, sur le terrain, sont confrontées au désarroi des familles tout en voyant leurs moyens se réduire.
Wall Street est le symbole même de la finance des années 1980, du capitalisme triomphant, des empires bâtis sur des opérations de bourse de grande ampleur, par des personnages à la réputation sulfureuse (George Soros, Ted Turner, Michael Milken) qui se sont assurés, en un temps record, des fortunes personnelles immenses. Vingt ans plus tard, les mêmes se lancent dans de grands projets de fondations privées qui auraient pour seul objet de faire le bonheur de l'humanité. Ces financiers devenus philanthropes évoquent l'épopée des "barons voleurs', les Carnegie et Rockefeller qui, partis de peu, avaient fondé les plus grandes entreprises du capitalisme du début de XXe siècle aux États-Unis, en recourant eux aussi aux marchés financiers. Et qui, sur le tard, avaient également cru bon de léguer à la postérité de grandes fondations, des universités ou des hôpitaux. A partir de cette analogie historique, Nicolas Guilhot montre que ce mouvement du capitalisme vers la bienfaisance universelle exprime une dimension essentielle de la reproduction du capital qui, pour se perpétuer, doit trouver les formes de sa propre légitimation."