
Ceux que l'on oublie difficilement. Précédé de Fumées
Le soir du 23 juin 1908 Takuboku entre dans une période de création exceptionnelle : "La nuit dernière, écrit-il dans son journal, j'ai commencé d'écrire des tankas avant d'aller me coucher. Mon enthousiasme s'est accru d'heure en heure et j'ai écrit toute la nuit. A l'aube j'ai été me promener dans le cimetière du temple d'Honmyoji, ce qui m'a beaucoup rafraîchi. Mon enthousiasme a continué, et j ai composé plus de 120 tankas depuis hier soir jusqu à 11 h ce matin." Le lendemain il note encore : "Dans ma tête tout est tanka. Tout ce que je vois et tout ce que j'entends devient tanka. Aujourd'hui j'ai composé 141 tankas jusqu'à 2 h du matin. Quarante d'entre eux concernent mes parents. En les écrivant, j'étais en larmes." Beaucoup des tankas écrits durant ces moments seront repris dans les deux ensembles ici publiés, parus à l'automne 1910, notamment : "Je murmure mon nom / comment revenir aux larmes / de mes quatorze ans." Trois mois plus tard, le 9 janvier 1911, Takuboku écrit à l'un de ses anciens camarades de collège, Fukashi Segawa : "Cela ne me gêne pas si pendant des jours ou des mois je n'ai pas envie d'écrire des tankas. Cela me laisse indifférent. Mais, parce que je suis obligé de mener une vie quotidienne insatisfaisante, il devient souvent impératif de chercher la preuve de mon existence en devenant conscient de mon moi à chaque instant. C'est à ces moments-là que j'écris des tankas. Je me console un peu moi-même en changeant le moi en mots et en les lisant. [...] Tu vois, même si j'écris maintenant des tankas, je souhaite devenir un homme qui n'a pas besoin d'en écrire." Le 4 février suivant, il est admis à l'hôpital universitaire de Tokyo pour une péritonite chronique liée à la tuberculose qui l'emportera. Durant les douze mois qu'il lui reste à vivre, il écrit le Jouet triste. "J'écris des tankas, avait-il noté, parce que j'aime la vie. J'écris des tankas parce que je m'aime plus que toute chose. Certes le tanka mourra. Je ne veux pas faire de la théorie, il s'effondrera de l'intérieur. Mais il ne mourra pas d'ici longtemps encore."
| SKU: | 9782845902596 |
| wmi_id_distributeur: | Not set |
| Is Salable (from plugin): | Yes (In Stock) |
| Is Salable (direct MSI check): | Yes (In Stock) |
| Distributor Name: | Par défaut |
| Availability Value: | 0 |
| Availability Label: | Epuisé |
| Match Result: | |
| Default Availability (Config): | 0 - Epuisé |
| Raw Config Mapping: |
Array
(
[_1772119784121_121] => Array
(
[id] => 12707000
[name] => 12707000
[availability] => 1
[activation_attribute] => 1
)
)
|
| EAN | 9782845902596 |
|---|---|
| Titre | Ceux que l'on oublie difficilement. Précédé de Fumées |
| Auteur | Takuboku Ishikawa ; Gouvret Alain ; Hervieu Pascal |
| Editeur | ARFUYEN |
| Largeur | 167 |
| Poids | 168 |
| Date de parution | 20171109 |
| Nombre de pages | 90,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'Amour de moi
Ishikawa TakubokuLe 13 avril 1912, dernière année de l'ère Meiji, Takuboku rend le dernier souffle. Il est âgé de 26 ans et son premier grand recueil, Ichiaku no suna (une poignée de sable), dont L'Amour de moi est la première partie, a paru deux années auparavant. Il y a inventé une sorte de "journal du mental" où il note, avec une curiosité inquiète et bien souvent ironique - mais aussi un souci aigu de la forme qu'il s'est choisie, le tanka classique -, toutes les perceptions et les pensées les plus ténues, comme pour y retrouver un moi en perdition, écrasé par un système social et politique qu'il déteste. Sous l'oppression de la fin de l'ère Meiji, au lendemain de la guerre russo-japonaise, Takuboku, avec ce mélange de provocation et d'autodérision qui marque toute son oeuvre, affiche l'Amour de moi comme un véritable manifeste de résistance de l'individu face au système. Attitude de révolte, certes, qui s'est affirmée dès d'adolescence, mais aussi refus d'une société féodale et capitaliste dont il a médité les rouages. Car il a lu les anarchistes russes et se revendique du socialisme. Admirateur de Dostoïevski, il est sensible à la misère matérielle et morale de toutes les victimes de cette société, oppresseurs comme opprimés, et s'inscrit lui-même dans la foule immense des déclassés: Mon ami, ne sois pas dégoûté par les mendiants, j'étais comme eux quand j'avais faim. Avec Takuboku, c'est une tout autre voix de la poésie japonaise que l'on découvre. Et ce n'est pas un hasard s'il est cher au coeur des Japonais comme peut l'être non seulement un grand poète, mais un frère. Comme le serait dans notre langue un Rimbaud avec qui il partage une pareille intensité d'écriture et un même destin de météore. Quatrième de couverture Le 13 avril 1912, dernière année de l'ère Meiji, Takuboku rend le dernier souffle. Il est âgé de 26 ans et son premier grand recueil, Ichiaku no suna (une poignée de sable), dont L'Amour de moi est la première partie, a paru deux années auparavant. Il y a inventé une sorte de «journal du mental » où il note, avec une curiosité inquiète et bien souvent ironique - mais aussi un souci aigu de la forme qu'il s'est choisie, le tanka classique -, toutes les perceptions et les pensées les plus ténues, comme pour y retrouver un moi en perdition, écrasé par un système social et politique qu'il déteste. Sous l'oppression de la fin de l'ère Meiji, au lendemain de la guerre russo-japonaise, Takuboku, avec ce mélange de provocation et d'autodérision qui marque toute son oeuvre, affiche l'Amour de moi comme un véritable manifeste de résistance de l'individu face au système. Attitude de révolte, certes, qui s'est affirmée dès d'adolescence, mais aussi refus d'une société féodale et capitaliste dont il a médité les rouages. Car il a lu les anarchistes russes et se revendique du socialisme. Admirateur de Dostoïevski, il est sensible à la misère matérielle et morale de toutes les victimes de cette société, oppresseurs comme opprimés, et s'inscrit lui-même dans la foule immense des déclassés Mon ami, ne sois pas dégoûté par les mendiants j'étais comme eux quand j'avais faim Avec Takuboku, c'est une tout autre voix de la poésie japonaise que l'on découvre. Et ce n'est pas un hasard s'il est cher au coeur des Japonais comme peut l'être non seulement un grand poète, mais un frère. Comme le serait dans notre langue un Rimbaud avec qui il partage une pareille intensité d'écriture et un même destin de météore.ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,00 € -

Le jouet triste
Takuboku Ishikawa ; Barbosa Jérôme ; Gouvret AlainFinalement Ishikawa est mort. Il était 9 heures et demie, le 13 avril, la 45` année de Meiji. Quatre ou cinq jours auparavant, il m'avait demandé défaire publier un recueil de poèmes, car il n'avait plus le moindre argent. "Ce recueil, Toki Aika le fera paraître deux mois plus tard, en juin 1912. Sur la première page du "cahier sombre" où il avait noté les 194 tankas qui composent le livre, Takuboku avait porté pour seul titre cette inscription : "Après Une poignée de sable, commencé fin novembre, 43e année de Meiji". De crainte d'une confusion avec Une poignée de sable, le précédent et encore unique recueil de Takuboku, publié deux ans auparavant, Toki préféra retenir un autre titre, inspiré des derniers mots d'un court essai de Takuboku, "Diverses choses sur la poésie", publié en décembre 1910 : "Il me faut continuer de mener cette double vie insupportable, écrivait Takuboku, car il n'y a pas dans ce monde d'autre manière de vivre. J'ai beau me fournir toutes sortes de justifications, mon existence a bel et bien été sacrifiée à l ordre familial au système de classes, au capitalisme et à la commercialisation du savoir qui actuellement nous gouvernent." Et, à la ligne, cette phrase finale : "je baissai les yeux. Semblable à un mort, jetée sur le tatami, une poupée gisait. La poésie est mon jouet triste." Alors que nombreux étaient, dans Une poignée de sable, les poèmes liés à des souvenirs, Le Jouet triste se concentre sur l'observation des pensées dans le mouvement même de leur surgissement. Mieux que tous ses textes antérieurs, ce livre constitue ainsi, pour reprendre une expression du poète, une sorte de "journal du mental". C'est l'attention portée à chaque instant de la conscience qui lui fournit le matériau dont les tankas sont l'élaboration finale. Lucide sur ce processus, Takuboku précisait dans son essai de 1910 le sens de cette poétique : "Il est bon, écrivait-il, de chanter librement ce qui nous inspire, sans nous laisser limiter par quoi que ce soit. Si l'on procède ainsi, dans les limites de notre condition, cela qu'on appelle la poésie - cette émotion propre à chaque instant de ce qui se lève et s'efface dans le coeur au sein de notre vie affairée -, cela ne périra pas."ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,00 € -

Un printemps à Hongo. Journal en caractères latins 7 avril - 16 juin 1909
Takuboku Ishikawa ; Gouvret Alain ; English WilliaDe juin 1907 à avril 1908, Takuboku a vécu dans les brumes d'Hokkaïdo, la grande île du nord, les pires moments de sa vie. Malade et sans le sou, il décide cependant d'aller accomplir à Tokyo son destin littéraire. Ce n'est qu'en mars 1909 qu'il trouve enfin un poste de correcteur au grand quotidien Asahi. Le 7 avril 1909, il commence l'écriture du " Journal en caractères latins ", texte unique dans l'histoire de la littérature japonaise. Marqué par ses échecs, le jeune homme de 23 ans joue son va-tout. Pour briser le vieux moule de la littérature japonaise et se permettre de tout dire, il tente une expérience singulière : substituer aux caractères japonais les caractères latins. C'est une totale libération. Ses besoins sexuels, ses sautes d'humeurs, ses lâchetés, ses contradictions, il les aborde en entomologiste, comme s'il s'agissait d'un autre : " Je suis une personne née individualiste. Le temps passé avec d'autres me semble toujours vide, sauf quand on le passe à se battre " (11 avril). Même terrible lucidité dans son regard sur la société : " Le système matrimonial actuel ? tous les systèmes sociaux ? pleins d'absurdités ! Pourquoi devrais-je être enchaîné à cause de mes parents, de ma femme, de mon enfant ? Pourquoi mes parents, ma femme, mon enfant devraient-ils être sacrifiés pour moi ? " (15 avril). La voix de ce Journal est la même que celle de ses plus beaux tankas, immédiatement reconnaissable dans son immense compassion et sa profonde autodérision. Ce Journal si étrange, si difficile à traduire, le voici enfin disponible au public francophone.ÉPUISÉVOIR PRODUIT16,00 € -

Une poignée de sable
TakubokuRésumé : Dans ce recueil de 551 tankas paru en décembre 1910, on voit peu à peu le poète surmonter son tempérament fier et orgueilleux, contourner sa tendance innée aux replis narcissiques, pour parvenir à transcender ses malheurs personnels : pauvreté, déchéance, insuccès de ses romans, solitude, famille et foyer chaotiques, maladie, mort... Mais si Takuboku arrive ainsi à tromper les vicissitudes de son destin individuel, c'est par une prise de conscience, de plus en plus lucide, des causes socio-économiques, et par conséquent politiques, de sa triste situation. La nostalgie d'un pays natal perdu, tant chantée ici par le poète, rencontre ainsi celle de tous les vaincus du progrès, avec une résonnance particulièrement actuelle.ÉPUISÉVOIR PRODUIT20,00 €
Du même éditeur
-
Ainsi parlait Charles Péguy. Dits et maximes de vie
Péguy Charles ; Decottignies PaulQui ne gueule pas la vérité, quand il sait la vérité, se fait le complice des menteurs et des faussaires. Charles Péguy.ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,00 € -
Ainsi parlait Virginia Woolf. Dits et maximes de vie, Edition bilingue français-anglais
Woolf Virginia ; Holdban Cécile A.Résumé : " Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. " Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort. Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : " Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. " C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : " La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. " Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer : " Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer " (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf ? Mrs Dalloway, Les Vagues etc. ?, mais elle ne ?y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra-phiques que nous arrivons avec elle " au coeur " : ce " coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ".ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,00 €
De la même catégorie
-
Fêtes galantes. Suivies de Romances sans paroles
Verlaine Paul ; Bonnin AmélieRésumé : Fêtes galantes, un recueil court, composé de 22 poèmes dans des formes métriques très variées, met en scène des scènes de séduction et de badinage amoureux entre des personnages issus du monde de la commedia dell'arte italienne et d'une campagne idéalisée. Quant au recueil Romances sans paroles, il se divise en 4 parties : les Ariettes oubliées, Paysages belges, Birds in the Night et Aquarelles. Le recueil porte l'empreinte de l'intérêt du poète pour la musicalité des chansons et pour la peinture en général. Paul Verlaine, poète français (1844-1896). Fêtes galantes est un recueil de poèmes publié en 1869. C'est le deuxième recueil signé par le poète après les Poèmes saturniens de 1866. Il publie quelques années après le recueil de poésie Romances sans paroles (1874).ÉPUISÉVOIR PRODUIT3,95 € -
Poèmes à Lou. précédé de Il y a
Apollinaire Guillaume«Jouant de tous les registres, depuis les mètres traditionnels jusqu'au poème figuré, jamais Apollinaire n'a montré dans son expression une telle audace et une telle invention.Ni dans son inspiration.Amant persuadé queLe vice n'entre pas dans les amours sublimesil chante la joie et la douleur des corps sans oublier que "le corps ne va pas sans l'âme", à la fois rêvant d'un inacessible absolu et acceptant les partages les plus dérisoires.Soldat vivant au jour le jour les misères des premières lignes, il a le courage de contempler l'insolite beauté que suscite la guerre, et de la dire.Mais dans la magnificence de l'amour comme dans l'émerveillement qu'il ressent, artilleur, sur la ligne de feu, il reste, proche de nous, l'homme qui sait sa faiblesse et le prix de l'attente : Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt.»Michel Décaudin.EN STOCKCOMMANDER8,40 € -
Capitale de la douleur. [suivi de L'amour la poésie
Eluard PaulDans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'?uvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : - Mouvement littéraire : La révolution surréaliste - Genre et registre : Le lyrisme amoureux - L'écrivain à sa table de travail : De l'écriture du poème à la construction du recueil - Groupement de textes : L'insaisissable objet du désir - Chronologie : Paul Éluard et son temps - Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture. Recommandé pour les classes de lycée.ÉPUISÉVOIR PRODUIT8,40 € -
Lettres à Lou
Apollinaire Guillaume ; Décaudin MichelJe pense à toi sans cesse. Rapporte aussi tes lettres à Nice que je les relise, dans les entractes que l'amour voudra bien nous laisser les plus courts possible.Je te lèche partout, te bois, t'adore, Lou adorable, je te prends toute, comme mon bien, mon seul bien, ma seule chose précieuse, la seule chose qui vaille la peine qu'on la désire, la seule chose qui vaille la peine qu'on soit soldat pour la défendre. Tu es cela mon Lou adoré, je t'embrasse.Guil."En 1914, Apollinaire rencontre Louise de Coligny et s'éprend d'elle aussitôt. Celle qu'il nommera Lou dans des centaines de lettres fascine le poète. Débute alors une passion amoureuse aussi intense qu'éphémère.Cette relation épistolaire, rythmée par la guerre, compte parmi les plus marquantes de la littérature française.Parmi ces lettres, dont certaines sont inédites, figurent des dessins, photographies et autres calligrammes chers à l'auteur.Notes Biographiques : 1880 - 1918. Issu du symbolisme, il publia ses premiers poèmes en 1903 et devint, dès la publication d'Alcools, en 1913, le chef de file de la poésie française moderne.ÉPUISÉVOIR PRODUIT15,00 €







