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FULGOR
SZPILMANN HARRY
CORMIER
15,00 €
Épuisé
EAN :9782875980335
Le titre de ce dernier livre du poète Harry Szpilmann peut avoir de quoi étonner le lecteur. Pourtant le terme Fulgor nous est familier sous bien d'autres désignations. S'il signifie éclat ou même splendeur, selon son étymologie latine, il ne laisse pas de doute sur ce que le mot figure lorsqu'il est associé à la signification d'éclat fulgurant, celui de l'éclair. Ce livre composé de textes poétiques courts atteint cette fulgurance de la parole attachée de près à la recherche de l'extrême concentration nécessaire à son expression. Il témoigne comme nul autre d'un travail qui s'opère sur l'usage le plus précis de la langue, lequel devient un véritable travail sur soi-même puisque c'est toute l'expérience de la vie qui s'y trouve approchée, interrogé en quelque sorte. Dans les tous premiers textes du livre, on peut lire ce fragment, dont on peut dire qu'il synthétise ce ton unique que le lecteur est appelé à ressaisir et à s'imprégner tout au long de cette suite poétique : Tout ce que jusqu'alors tu t'imagines avoir conquis : mirages et pâtures de néant. La foudre appelle, mais la flamme est devant. Ainsi l'ensemble de cette suite s'affirme avec force comme un tout, rivé à une économie maximale du déroulé de la parole en s'approchant de la prose sans ne jamais y céder, sans ne jamais s'y enfermer. De ce fait, cette parole à très haute densité poétique ne quitte plus le terrain de la pensée en un tissage entre prose et poésie qui s'impose à chaque moment de son expression. Alors que cette dernière se voit traversée de doutes permanents. Chaque séquence paraît toujours confrontée à l'indétermination de ses relevés, si ce n'est du fait que la vie n'offre pas de but donné d'avance, seulement des chemins à parcourir puisqu'elle est déjà à la poursuite de chemins qui ne peuvent se tracer qu'à chaque avancée. Cette voie poétique ne se décline pas au singulier mais bien à chacun de ses instants au pluriel : ... rien ne s'inscrit sur ta route que l'oppressante opacité de cette blessure sans fond. Plus qu'à simplement lire, ce livre, parce qu'il ralenti la lecture est un livre à méditer, car la langue atteint une profondeur exceptionnelle appelée à interroger le lecteur, tout lecteur : Toi que vivre écartèle et çà et là éblouit, de quelle blessure, de quelle brûlure ton souffle tire-t-il sa légitimité ?
Szpilman Wladyslaw ; Biermann Wolf ; Cohen Bernard
Septembre 1939. L'invasion de la Pologne, décrétée par Hitler, vient déclencher la Seconde Guerre mondiale. Varsovie est écrasée sous les bombes; à la radio résonnent les derniers accords d'un nocturne de Chopin. Le pianiste Wladyslaw Szpilman est contraint de rejoindre le ghetto nazi recréé au coeur de la ville. Là, il va subir l'horreur au quotidien, avec la menace permanente de la déportation. Miraculeusement rescapé de l'enfer, grâce à un officier allemand mélomane, le pianiste témoigne au lendemain de la victoire alliée...
Szpilman Wladyslaw ; SZPILMAN Andrzej ; Biermann W
Un témoignage bouleversant venu du froid et de l'horreur. " Annie Coppermann - Les Echos Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s'élèvent à la radio nationale. L'interprète s'appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c'est une longue nuit qui commence... Une longue nuit dont l'issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld - le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l'atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste. Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l'on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. Suivi d'extraits du journal de Wilm Hosenfeld Présentation d'Andrzej Szpilman Postface de Wolf Biermann Grand Prix des lectrices de "ELLE" 2002
Le sentiment de l'exil est un des plus forts qu'on puisse éprouver. Il change le bonheur en mélancolie, les victoires en doutes et les chagrins en répétition. Il accompagne nos travaux, nos voyages, nos amours, nos relations et leur fait prendre une couleur fictive. Il transforme le présent en futur du passé. Le sentiment aigu d'être toujours dans la distance, de ne se sentir en phase avec aucune durée, est compatible avec un instinct de bonheur, une sorte d'animalité de l'esprit. En même temps, ce décalage est propice aux émotions nues. Tout naît de cette dépossession, source de plaisir et de perte à la fois. Elle renouvelle le sens du danger, les joies sèches de la route, les moments d'énergie, les longues périodes d'oubli de soi-même, et les transforme, contre toute attente, en souvenirs miraculeux. Peut-être que l'exil est une des voies d'accès à l'imaginaire poétique. Ou peut-être est-ce simplement un autre nom pour dire la poésie. La poésie invente, ou explore, un monde différent du nôtre : il lui ressemble, c'est la même planète, les mêmes arbres, les mêmes visages. Mais dans le monde jumeau, on éprouve qu'il est possible de vivre. C'est pourquoi l'amour y est si présent. L'exil et la fin de l'exil se trouvent donc en miroir, dans ce carnet qu'on emporte partout avec soi, ce regard en arrière qui recrée soudain l'unité des images perdues et des pensées promises au bûcher. Mers intérieures est un ouvrage aux contours multiples, une forme totalisante qui englobe vers et prose, poésie, narration et méditation, pour évoquer à la fois la peur de vivre et la joie de créer.
Ce livre de Marc Blanchet se présente sous la forme d'un murmure infini qui ne s'adresse pas qu'à lui-même. Ce livre est composé de trois ensembles correspondant à trois mouvements de la parole poétique que désigne chacun de ses moments : "Frères, Forteresse, Roses" . S'agit-il d'achever ou de clôturer, des années après, l'effet de présences différées, celles de présences que l'on ne peut quitter, et qui le seront de toute manière, mais après une sévère prise de conscience, à la suite ou au cours d'une réflexion visant une échappée, si ce n'est pour vivre hors de toute assemblée. Cette suite poétique est saisissante. Venant après ses deux derniers livres de poésie - l'un publié aux éditions de La Lettre volée et intitulé Le Pays, en 2021, le second aux édition Obsidiane et intitulé Triste encore, en 2022 - elle s'accorde au plus intime de la vie sans ne jamais charger la langue de quelque représentation anodine comme c'est souvent le cas dans la poésie actuelle. Ce qui transparaît avec force lorsque l'auteur fait appel à l'évocation, aussi manifeste que discrète, des rapports qu'il laisse deviner tendus avec ceux et celles qui auront accompagné ou qui accompagnent encore les faits de mémoire passés ou du présent à l'instant révoqué. Alors que dans ce livre comme dans ses autres livres il ne laisse jamais un je expressif occuper tout l'espace de la parole au point de saturer son lecteur de lubies d'esthètes. Une part vive de l'enfance se trouve sans doute ici évoquée, certes, mais cette proximité avec ce qu'il désigne par le mot frères, lesquels sont appelés à s'évanouir, de telle sorte que leur retour et leur présence, par et dans la traversée des mots, par la magie de ceux-ci, et surtout par leur si fine association, n'ont plus l'heure d'effrayer. Entendons par là que la distance prise par rapport à ce qui aura été vécu, de l'enfance et de tout ce qu'elle aura porté et transporté, ne laisse place à aucune mélancolie. De plus, la parole poétique de Marc Blanchet, dans ce livre comme dans ses livres de poésie précédents, signale une acuité de la perception qui n'est pas sans rappeler l'oeil, et l'oeuvre, du photographe qui accompagnent toute sa démarche de création. Ce qui sépare les formes abstraites, en apparence, de son expression poétique, marquée par la saisie des expériences marquantes, est si mince que l'affirmation de ses replis et la présence de tout ce qui se tient au dehors de soi, chez lui, ne participe d'aucune complaisance. Cette poésie demeure de bout en bout extrêmement lucide face à la vie. La brièveté de ses poèmes, du fait de leur densité, offre peu d'équivalent dans la poésie contemporaine : J'étais sans parole. // Des heures dans la chambre, / avec l'attente pour collier. / Aboyant pour dire oui. // Et complaire.
Dans la foulée de son livre précédent intitulé Genèses et magmas I, Harry Szpilmann développe dans ce second volume, en reprenant et prolongeant le titre du premier, sa réflexion, cette fois, sous la forme de fragments. Il propose à ses lecteurs une véritable poétique où l'expérience existentielle est relayée par celle d'une pensée qui vient soutenir et éclairer le processus de création, afin de motiver et de fonder sa poétique, en ouvrant, et en élargissant les domaines explorés dans ses suites poétiques proprement dites. A ce titre, le lyrisme sans pathos de Harry Szpilmann comporte une dimension critique qu'il paraît impossible de dissocier de sa démarche poétique. Cette dimension critique, nous le savons plus que jamais, est présente dans les diverses démarches poétiques chez les meilleurs poètes de la modernité. Elle parvient à établir des liens multiples, féconds, réciproques, voire même indissociables, entre la création poétique et la pensée qui l'habite. Et ce registre singulier trouve une forme exemplaire dans toute l'oeuvre de ce poète si actuel. Certes il s'agit d'une autre manière d'interroger le monde et la vie en interrogeant le poème lui-même, et tout ce qui nourrit le poème par la même occasion. Et en interrogeant le poème, c'est tout le réel qui se trouve pris dans ses filets : "Le réel étant matière intensive inachevée, écrit-il, la Parole qui s'en soucie et s'y attache, nécessairement se verra remisée en l'Ouvert - intangible séjour où les puissances intensives se recoupent et s'enchevêtrent, illimitées, se mêlent et se confondent et se fondent, et où le Dire se déployant ne le pourra qu'en affleurements, qu'en suggestions, ou en balbutiement" . Ce qui fait de la poésie, pour l'auteur de ces fragments, "notre plus sûre et notre plus exigeante alliée... " .
En perte, délicieusement est, après Malfeu, le second livre de poésie traduit en langue française de cet auteur néerlandophone dont on peut dire déjà que la traduction relève de la plus haute tenue, saisissante même, si ce n'est par la maîtrise des éléments qui circulent d'une langue à l'autre. Ce livre, par son effet de longue portée qui tient à l'ampleur de ce qu'il explore, est appelé à faire événement, au moins dans les milieux poétiques. Cette écriture n'a rien d'une promenade laissée au hasard. L'auteur déploie une langue poétique avec une rigueur et une lucidité qui ne l'engagent pas moins à chaque instant sur cette voie où l'évocation de l'expérience de vie en sa dimension sensible, en sa venue, en ses battements et ses impulsions autant que ses élans, s'accorde à la puissance des formes de son expression sous les coulées de la conscience de soi. Une perspective sensible où tout concourt à sa constitution, y compris à son moment réflexif où est mis en jeu toute la mémoire, avec ses manques et ses oublis, celle du corps, celle de toute expérience conquise, y compris poétique. Cette poésie n'a absolument pas renoncé à la beauté. Mais non une beauté de forme et de surface, de jeu de langue, mais celle, au-delà du plaisant, d'un savoir intuitif en tant que plaisir, mais un plaisir qui engage toutes les dimensions de l'être, mettant en jeu encore une fois tout le corps, avec tous ses désirs, toutes ses blessures, dont la poésie est issue, et tous ses appels. Ce vers ne laisse pas de doute à ce sujet : Et de s'y être également écorché, / l'invité, l'intrus, celui qui ne soufflait mot. Elle s'attache à faire voir, à faire entendre et à faire sentir la profondeur de l'expérience humaine, ses enjeux et ses vérités. Déjà les premiers vers nous placent dans ces contours et échappées : Ce qui toujours a commencé à notre place / sans ressortir à aucune époque... Ou encore : Il nous faut faire avec ce qui a péri / et demeure... Un livre à lire et à méditer.