Cet ouvrage fait partie d'une trilogie écrite par Elsa Valentin avec ses élèves apprenant le français, et illustrée par Frédéric Hainaut. Nous avons déjà publié "Poème sucré de mon enfance", et un troisième livre "Je suis né sur un dromadaire" est en préparation. Ces trois livres sont consacrés au thème de l'exil, la trace, le souvenir, ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes, le souvenir d'où nous venons. Ce poème raconte l'enfance d'Azbeer Suliman. Il y a un enfant qui va à l'école, une grande soeur qui veille sur lui, un coq adoré et surtout, un grand-père omniprésent dans ce récit, omniscient, un sage dont la mémoire accompagne le présent du narrateur. Ce long poème est une ode à l'enfance, une mémoire sensorielle que chacun, chacune d'entre nous garde blottie au fond, et que l'on dit mieux dans la langue de son enfance. Elsa Valentin écrit pour les enfants en jouant avec la langue et les langues. Elle revisite parfois les contes traditionnels, comme dans " Bou et les 3 zours " qu'elle écrit dans un langage mêlant mots d'autres langues, mots inventés, et mots-valises. Par ses cours de français aux demandeurs d'asile et la rédaction de leurs récits de vie pour l'OFPRA, elle poursuit cette réflexion sur les niveaux de langues, les mots justes pour se dire, la langue appropriée pour parler le monde. En ce sens, elle travaille le bilinguisme, voire le plurilinguisme, qui trouvent leur écho dans cette publication du Port a jauni. Pour traduire ces mots en images, nous avons choisi Frédéric Hainaut, qui dessine comme dans un souffle, avec l'énergie et le geste dru, sec, assuré et naïf d'un enfant. Auteur et illustrateur de dessins animés, Frédéric Hainaut se lance aussi dans des séries picturales impulsives, comme la série que nous avons choisie, où l'on voit tout à la fois les scènes de village, les hommes et les animaux, le paysage sec, le sauvage.
Résumé : Le dévoilement progressif d'une figure d'homme, Jérôme Strozzi, telle est la tâche que l'auteur de Mais il y a la mer et Le plus petit abîme mène de bout en bout avec violence et tendresse. C'est d'abord à travers l'histoire d'une femme rencontrée ou rêvée qu'apparaît l'étrange puissance de Jérôme Strozzi. Qui est donc ce Strozzi qui laisse un jour derrière lui trente années de vie tranquille et honorée et dont nous suivons l'existence aventureuse à Paris, en plein coeur du monde de la prostitution ? Un instable, un révolté, un homme qui a conquis sa liberté ? Peut-être une espèce de saint qui brave et renverse, sans même les apercevoir, tous les obstacles rencontrés sur son chemin : l'incompréhension et la méfiance des autorités, les tentations et les coups. Du Paris de l'enfance au collège de Thonon, de l'Ecole Polytechnique dont il est exclu pour indiscipline jusqu'à l'école où il enseigne, de Suisse d'où il est expulsé jusqu'à Paris enfin de nouveau, Jérôme Strozzi mène sa vie de fidélité en même temps que d'indépendance et d'amour dans une ascèse solitaire et souveraine. C'est à Paris, à travers une amitié, qu'il découvre, dans les quartiers misérables ou opulents, une vérité terrible en même temps que l'approfondissement d'une vocation. La prostitution à laquelle il se trouve affronté, presque malgré lui, pourrait bien être tout autre chose que la prostitution folklorique, une prostitution plus universelle... Il atteindra la vieillesse comme un hors-la-loi du sacerdoce, signe de contradiction, infiniment protégé dans l'orgueil et l'humilité de sa foi.
Résumé : Des êtres "déchus" et "purs", cachés dans la "miséricorde de Paris" traversent le dernier roman de Jean Sulivan : Consolation de la nuit. Mais les déchus ne sont point si perdus, et les purs le sont moins qu'on pourrait croire. Tamara, Paul Esteban, Clara se rencontrent à cause d'une panne d'ascenseur. D'invisibles liens se nouent. Que savent-ils les uns des autres ? Chacun garde son secret. Un jour Paul Esteban sort du silence, mais pour s'apercevoir que le sens ultime de ses paroles lui échappe. Etrangers, irrémédiablement solitaires, dépris de l'importance du monde, aspirés par le vide, livrés à une interminable conversation intérieure, on dirait que les personnages de ce livre ne communiquent que par les profondeurs. Qu'ont-ils trouvé, qu'ont-ils perdu ? Le narrateur (non l'auteur), qui se tient hors de jeu, cherche des signes, craint d'être dupe, redoute et espère. Où est l'inexplicable ? Y a-t-il seulement de l'inexplicable ? Les signes ne flamboient jamais. Les mots masquent autant qu'ils révèlent. Il ne lui reste que de tenter d'exprimer esthétiquement ce que d'autres vivent en payant le prix.
Une ville prestigieuse revit à travers un regard et une conscience déchirée. Les ruines, les statues tout comme le paysage n'y sont pas seulement un décor mais l'image de la vie humaine. Les rencontres, l'amitié chaleureuse et difficile entre Macky, l'archéologue, et le narrateur, les anecdotes de la vie quotidienne elles-mêmes recoupent une lointaine histoire redevenue toujours présente. Les vivants et les morts s'affrontent ou dialoguent, divisés intérieurement entre Apollon et Dionysos, tous les deux maîtres de Delphes, mais qui ne s'y trouvent jamais en même temps. L'Obsession de Delphes, en même temps que description et récit, est une méditation sur le temps et la mort. La science, l'art et la culture sont de provisoires refuges. Les Phédriades ont toujours le dernier mot, qui entraînent dans l'abîme du Pleistos les temples, leurs ruines, les archéologues, les touristes, les dévots de l'art et des dieux.
Chèvre Mathilde ; Al Azmeh Salma ; Daaboul Georges
La lettre d'amour est l'histoire d'une quête amoureuse dans de grands paysages peints au pastel gras. Page après page, Zayn collecte sa lettre d'amour qu'il agrémentera de trois petits caillloux, de feuilles d'arbre, quelques fleurs. C'est l'histoire bucolique d'une cueillette méthodique et amoureuse. Le livre est bilingue en français et en arabe, il se lit à double sens, la lecture dans les deux langues se croise au centre de l'ouvrage. Ainsi un sens de lecture ne prévaut pas sur l'autre. Le livre a deux couvertures, l'une en français, l'autre en arabe. Les illustrations, de grands arbres peints à différentes saisons, servent de support aux deux langues. La lettre n'est pas adressée, chacun peut y retrouver son amour.
Mo Abbas est un poète itinérant dans les villes où il observe et croque en détails et en jeux de mots les incongruités urbaines. Son écriture est fortement inspirée des poètes de l'Oulipo, l'Ouvroir de littérature potentielle, et l'on entend dans ses mots l'écho de Pérec ou de Calvino. Ses poèmes sur le macadam sont comme des regards d'enfants attentifs aux détails et cherchant les mots pour mieux les exprimer. Mo Abbas liste et consigne les panneaux de signalisation, les noms de rues insolites, les devantures de cafés, les cris des gabians et les cris des mamans, les bruits, les voix, les sons, les têtes, les bêtes, tout... Et tout cela ressurgit dans son écriture urbaine. A partir de ces chroniques poétiques, Julien Martinière a mis en scène un ours dans les rues de la ville, un ours avec un chapeau, des lunettes, une moto, un ours comme un homme, mais légèrement décalé... Un ours dans la ville avec la vie marseillaise qui tourne autour de lui, tout cela est-il bien urbain ?