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Le recrutement des élites en Europe
Suleiman Ezra ; Mendras Henri
LA DECOUVERTE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782707124555
Au moment où l'Europe est sujette à débat et où les " technocrates de Bruxelles " sont mis en accusation, il apparaît nécessaire de s'interroger sur la façon dont chaque pays recrute et forme ses élites dirigeantes, politiques, administratives et économiques. Cet ouvrage, qui réunit les contributions des meilleurs spécialistes européens du sujet, répond à cette interrogation. Chaque pays a ses institutions, ses carrières, sa conception des élites. Malgré Margaret Thatcher et John Major, l' establishment britannique est toujours formé à Oxford et à Cambridge. En France, l'Ecole nationale d'administration (ENA) devient une business school et reste invariablement le vivier des dirigeants de la politique et de l'économie, tandis que l'Allemagne recrute des juristes dans diverses universités. L'Italie n'a toujours pas de fonction publique comparable à ces trois pays, alors que l'Espagne à su développer des élites nouvelles dans les dernières années du franquisme. Enfin, ce livre présente deux exemples importants hors Europe de l'Ouest : celui des Etats-Unis, où la démocratie a précédé la bureaucratie et continue à la tenir en bride grâce au système des dépouilles ; et celui de la Pologne, où la nomenklatura, un instant déstabilisée, s'est remarquablement rétablie.
Les vieux démons ont disparu. Le livre d'Ezra Suleiman, universitaire américain spécialiste de la France, nous aidera à laisser nos complexes au vestiaire et à apprécier nos réussites à leur juste valeur. Non, la France n'est pas une " société bloquée ". Oui, le " mal français " si souvent dénoncé relève plus du mythe littéraire que de la réalité. La France est depuis longtemps déjà la quatrième puissance économique du monde. Elle possède depuis 1958 des institutions stables et légitimes. Tout cela a été rendu possible grâce à un certain nombre de transformations, de mutations, d'autant plus importantes qu'elles se sont faites le plus souvent - sous l'égide de l'Etat - sans heurts ni crises. Les problèmes politiques et économiques auxquels le pays est confronté depuis quelques années sont moins la preuve que la France est incapable de changer que le signe que son indéniable modernisation peut aussi produire des effets négatifs et qu'elle a été, par certains côtés, trop profonde ou trop rapide. La meilleure preuve aujourd'hui, sans doute, se trouve dans le décalage entre le politique et l'institutionnel, l'économique et le social. La démocratie française est confrontée à une crise de croissance qu'elle se doit d'affronter, pour le meilleur ou pour le pire...
Pendant plusieurs décennies, l'Etat aura été, en France, l'acteur principal de la modernisation. C'est dans son giron ou sous son impulsion que se développa l'action des élites françaises. C'est à son service que se mobilisèrent- les énergies et que s'exprima une idéologie réformatrice. Cet âge d'or aura été marqué par d'éclatantes réussites en termes d'innovation mais aussi par des déconvenues cuisantes sur le terrain de la gestion industrielle et commerciale. Cette période est révolue. La nécessaire métamorphose de l'Etat commencée en réalité dès la fin des années 60, la redéfinition de ses tâches, la mise à jour de sa doctrine sont désormais au centre du débat politique. Un débat trop souvent polémique et superficiel. Toute réflexion sur l'avenir de l'Etat moderne implique en réalité un examen critique du passé. Quels furent exactement les mérites et les défaillances de l'Etat bâtisseur ? Quelle leçon peut-on tirer de cette " exception française " ? En réponse à toutes ces questions, Ezra Suleiman et Guillaume Courty proposent une analyse en profondeur fondée, du TGV à l'Airbus en passant par les télécoms, sur quelques exemples révélateurs.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.