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Hiroshi Sugimoto : Seascapes
Sugimoto Hiroshi ; Mita Munesuke ; Atlan Corinne
XAVIER BARRAL
60,00 €
Épuisé
EAN :9782365110884
L'eau et l'air, ces substances primordiales qui rendent la vie possible sur Terre constituent le sujet de la série des Seascapes [paysages marins] de Hiroshi Sugimoto. Depuis trente ans, Sugimoto parcourt le monde en photographiant les mers. Il a créé un ensemble d'oeuvres qui sont une longue méditation sur le passage du temps et sur l'histoire naturelle de la Terre. Sugimoto a appelé la photographie "la fossilisation du temps" : les clichés de Seascapes saisissent un moment spécifique tout en évoquant un sentiment d'intemporalité. Ce volume, le second d'une série d'ouvrages sur l'art de Sugimoto, présente la série complète, plus de 200 Seascapes dont certains jamais encore reproduits. Les images sont toutes de format identique, précisément divisées par la ligne d'horizon, bien que parfois la mer et le ciel se fondent en une seule entité. Chaque photographie saisit un moment où la mer est calme, presque étale. Mais dans ce format si rigide, Sugimoto crée une gamme de portraits de ses sujets qui touche à l'infini. Un texte de Munesuke Mita, professeur de sociologie à l'Université de Tokyo, examine l'art contemporain à l'aune de la sociologie en comparant l'histoire récente de l'art et les prévisions mathématiques de croissance démographique. Il établit un lien entre l'oeuvre de Sugimoto et cette analyse unique en son genre du monde de l'art.
Pour sa onzième édition d'art contemporain, le château de Versailles a invité l'artiste protéiforme Hiroshi Sugimoto à investir le domaine de Trianon où il a convié art, photographie, sculpture, architecture, vidéo et spectacle vivant. A cette occasion, il a réalisé près de 20 portraits en noir et blanc inédits, allant de Louis XIV à Dalí, de Marie-Antoinette à Lady Diana, à partir de leur statue de cire. Les statues ont pris vie grâce au travail photographique de l'artiste. Des textes d'Hiroshi Sugimoto nous dévoilent un peu plus le regard contemporain qu'il porte sur Versailles et sur ses oeuvres. Une maison de thé en verre, imaginée par Sugimoto, trône au centre du bassin du Plat-fond. Les dessins d'architectures de la maison de thé et des photographies en couleurs des différentes performances qui y ont eu lieu viennent compléter cet ouvrage. En cette année "Japonismes 2018 : les âmes en résonances" , Hiroshi Sugimoto illustre ainsi à Versailles qui les a souvent symbolisés, les liens culturels entre le Japon et la France.
Résumé : En 1974, après avoir quitté le Japon et fait des études d'art à Los Angeles, Hiroshi Sugimoto arrive à New York. Il y découvre le Musée américain d'histoire naturelle et ses dioramas mettant en scène des animaux empaillés ou de cire devant des décors peints. Frappé par l'aspect artificiel de la mise en scène, il se rend compte que l'illusion fonctionnerait mieux à travers l'oeil d'un appareil photographique. Il entame ainsi en 1974 sa première série, Dioramas, partant du postulat selon lequel les appareils photo montrent toujours la réalité brute, une hypothèse qui piège beaucoup de spectateurs. Cette astuce visuelle, jouant sur l'ambiguïté de la nature des objets, est la base fondatrice de son exploration conceptuelle du médium photographique. La série Dioramas met en scène des animaux - ours polaire, boeufs musqués, antilopes, autruches d'Afrique - dans des positions réalistes et dans ce qui semble être leur milieu naturel, comme si le photographe avait capturé un instant vécu de leur existence. Pourtant, on peut ressentir comme une sorte de malaise visuel en regardant les images pour la première fois. Le caractère onirique, presque surréaliste, des paysages et la grande netteté des détails et des matériaux paraissent suspects ; cette perfection nous interroge. Après examen des images, le spectateur prend conscience du travail sur la luminosité et de la précision du cadrage ; la beauté plastique des photographies, trop recherchée pour être naturelle, vient déranger définitivement l'illusion première. Cette édition de Diorama est la première à rassembler l'ensemble de la série en un seul ouvrage et présente une dizaine de photographies récentes (2012).
Kenjik, un lycéen timide et surdoué en mathématique, effectue un job d'été au service de la maintenance d'OZ, la plateforme communautaire d'Internet qui regroupe des millions de personnes à travers le monde. A sa grande surprise, la jolie Natsuki, la fille de ses rêves, lui propose de l'accompagner à Nagano, dans sa maison familiale, pour l'anniversaire de la matriarche du clan Jinnouchi. Mais ce qui promettait d'être une simple fête de famille va rapidement prendre une tournure bien plus belliqueuse.
Le Prix HSBC pour la Photographie accompagne chaque année 2 photographes lauréats, n'ayant jamais publié d'ouvrage monographique, dans la production d'une exposition itinérante accompagnée d'une aide à la production. Créé en 1995, le prix vient de célébrer sa 25e édition en mettant à l'honneur Louise Honée et Charlotte Mano qui ont rejoint Antoine Bruy, Petros Efsthadiadis, Dominic Teufen et Nuno Andrade, précédemment publiés dans la collection, respectivement en 2018 et 2019. Ce soutien rare et exceptionnel à la jeune création, sans critère d'âge ni de nationalité, rejoint les valeurs que défend l'Atelier EXB dans l'envie de découvrir et faire découvrir le travail de jeunes artistes au public. Le choix des lauréats est assuré par un jury de professionnels au côté de Christian Caujolle, directeur artistique du prix, et d'un conseiller artistique. Ce conseiller, différent chaque année, assure également le commissariat des expositions. Texte bilingue Sylvie Hugues, Conseillère artistique du prix HSBC
Avec cet ouvrage, Sophie Calle nous plonge cette fois dans les annonces matrimoniales publiées dans le magazine Le Chasseur français depuis sa création à l'aube du xxe siècle. Présentées lors de son exposition au musée de la Chasse, à Paris, en 2018, puis ce printemps au Muséum d'histoire naturelle de Marseille, ces petites annonces, d'hommes cherchant des femmes, racontent l'évolution des qualités recherchées chez l'autre sexe depuis plus d'un siècle. Classés par décennies, des années 1910 à aujourd'hui, ces messages montrent les changements dans les critères de sélection. Au début du xxe siècle, les hommes parlent de fortune, de mariage, dans les années 1970, ils évoquent plutôt la crainte des femmes trop cérébrales et indépendantes. Plus on avance avec le temps plus le corps est évoqué, de même que la sexualité. Pour compléter son panorama sociologique des relations homme-femme, Sophie Calle a également puisé dans les annonces du Nouvel Observateur et du site de rencontres Meetic. Elle a repéré pour chaque décennie les qualités principales recherchées chez les deux sexes ; cet ouvrage présentant aussi des annonces de femmes cherchant des hommes. " J'ai toujours trouvé les petites annonces poétiques, j'aime leur langage concis, économique, elles sont comme des haïkus ", souligne l'artiste. Parfois clairement intéressées, telle : " Garçon boucher désire connaître personne ayant boucherie, vue mariage ", ces publications parlent aussi de la solitude à l'oeuvre dans la quête amoureuse, une quête dans laquelle il y a aussi de de l'attente, du silence, des non-dits. Image de la solitude affective, de la quête de l'amour ou au contraire marque de son renoncement, ces petites annonces dressent un catalogue amoureux. Artiste inclassable qui floute en permanence la ligne entre réalité et fiction, Sophie Calle met ici en scène la recherche universelle de l'être aimé chez la femme et chez l'homme. Conçu en collaboration avec la maison d'édition Cent pages, cet ouvrage s'inscrit dans la suite des livres dessinés à quatre mains avec l'artiste.
Artistes pluridisciplinaires travaillant en duo depuis toujours, Pierre et Gilles allient la photographie à la peinture dans un processus bien particulier. Leur sujet, toujours une personne, est d'abord photographié dans une mise en scène assemblée d'objets et de vêtements symboliques sur plusieurs plans. Dans un second temps, l'image est retouchée et chaque détail, de la lumière au cadre, fait l'objet d'une intervention peinte. Le résultat de leur travail est donc une oeuvre au statut ambivalent et unique. La Fabrique des idoles questionne la place du portrait dans la représentation des célébrités, et notamment la construction du mythe de l'icône populaire. Reconnus pour leurs images de célébrités (Stromae, Sylvie Vartan, Arielle Dombasle, Kylie Minogue, etc.) et leur présence dans le milieu de la nuit des années 1980, Pierre et Gilles font ici le lien entre icones musicales et photographie. Dans le livre, on découvre le processus de création de l'idole, et comment la musique et le milieu de la nuit ont influencé la vision du public face aux célébrités. Des photos inédites de l'atelier des artistes enrichissent le livre et complètent les 80 oeuvres reproduites pour comprendre l'inspiration et l'univers de Pierre et Gilles.
Pibrac Pierre-Elie de ; Valdés Zoé ; Rollet Aymeri
Desmemoria constitue un témoignage à la fois photographique, anthropologique et social sur la communauté des azucareros de Cuba ? les travailleurs de l'industrie du sucre et révolutionnaires de la première heure.Entre 2016 et 2017, Pierre-Élie de Pibrac a sillonné l'île et a vécu chez diverses familles de cette communauté. À travers cette expérience, le photographe interroge la fin des utopies chez un peuple qui a cru et oeuvré pour que s'incarne le rêve castriste. Durant des décennies, l'industrie du sucre devait être le faire-valoir de l'économie cubaine et était à cette fin célébrée par Castro et ses troupes : " Le sucre est notre histoire, sans lui, il est impossible de comprendre l'essence et l'âme de Cuba ", souligne l'historien cubain Eusebio Leal Spengler. Plus d'un demi-siècle plus tard, cette économie sucrière n'a pas tenu ses promesses d'émancipation, à l'image de l'idéologie castriste. En immersion dans les zones rurales, Pierre-Élie de Pibrac est parti à la rencontre des habitants des bateyes (villages) des centrales sucrières. Toujours en activité ou désaffectées ces cités du sucre et ses travailleurs témoignent de vies sacrifiées à l'aune d'une doxa utopiste. Les bateyes sont les théâtres du désenchantement de la société cubaine. Il y règne une ambiance pesante qui souligne la solitude, la pauvreté, l'isolement et la précarité. Si la canne à sucre a construit Cuba et a représenté la fierté nationale, aujourd'hui, elle est le symbole de son naufrage entraînant avec elle une nouvelle génération sans repère. Dans cette période de transition de l'histoire cubaine, les images de Pierre-Élie de Pibrac donnent à voir un monde qui se délite. Elles racontent comment le peuple cubain appréhende désormais son quotidien, quel regard il portesur son histoire récente. La démarche à la fois documentaire et artistique du photographe permet une lecture autre de l'après-castrisme qui se met aujourd'hui en place. À travers le prisme de divers registres d'images ? photographies réalisées lors de ce long séjour et images extraites de l'iconographie vernaculaire, Pierre-Élie de Pibrac donne à voir une société désenchantée mais aussi profondément attachée à la singularité de son histoire.Ce travail photographique a été récompensé par le prix Levallois en 2018.Texte inédit de Zoé Valdès