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Dieu est un enfant
Stil André
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246007296
Une enfance heureuse. Troisième de la famille, Bernard est un petit dernier"que Fernande et Constant n'attendaient plus. Est-ce pour cela que, né au lendemain de la Grande Guerre, il est l'enfant gâté?"l'enfant ouaté", comme on dit dans le Nord? Ainsi parle-t-on dans ce pays de briques, de mines et d'étangs, où Bernard découvre avec la vie les hivers enneigés, les étés au jardin, le parfum du café qu'on brûle, les jeux dangereux sur les terrils, les combats de coqs et les grandes fiestas de la ducasse. Chemin faisant, il connaît aussi l'amitié, avec son copain Wadeck, le Polonais, et les curieux concours de sifflets du premier âge, en attendant d'autres révélations, comme le gant de toilette, la serviette-éponge, la brosse à dents, quand le jeune boursier tout neuf sera pensionnaire au lycée. Dure école du froid et de l'injustice, qui lui ouvre déjà les horizons d'un autre univers; à une heure de son village, par le tramway qui court le plat pays. Désormais, bien que Bernard y ait laissé son coeur, il ne sera plus jamais"l'enfant ouaté"de jadis."
Résumé : Comme c'est fragile, la vie ! Comme ça va vite, la vie ! Ainsi pense André Stil - et qui ne penserait comme lui ? Il situe en Roussillon, en l'étendant aux limites du pays catalan, sa belle, sa frémissante histoire dont le lecteur devine qu'il l'imagine autant qu'il la trouve dans sa propre vie. Voici Laure. C'est une petite fille qui va devenir, à toute vitesse (comme ça va vite, la vie !), jeune fille, puis jeune femme... Elle se marie à un homme qui a le double de son âge et la laissera veuve très tôt. Son esprit est hanté par le souvenir d'un amour adolescent, qui a mal tourné et qui incarne le côté noir de la vie. Face noire qu'elle ne connaîtra jamais vraiment car un don est en elle, celui de la musique et du chant. Elle joue de la guitare comme, pense-t-on dans son entourage, personne. Généreuse, elle va, malgré les grandes difficultés de l'entreprise, fouiller dans le vieux répertoire catalan afin de le sauver et de le régénérer. Comme la grâce de la vie couronne ceux que l'art a choisis, elle connaîtra, après un long veuvage, un musicien roumain échappé des cachots de Ceaucescu, le violoniste Ion, avec qui elle refera, pour son bonheur et celui de sa fillette Lise, sa vie. Hymne au pays catalan, hymne à l'art en général à travers une de ses incarnations : la musique, hymne à la vie fervente des petites gens, L'Enchanterie est un chant du monde et des êtres qui, sans mièvrerie, sans ignorer le mal, donne au lecteur l'envie du bonheur.
Si on avait dit à Robert Degraeve, hier, qu'il aurait ce matin deux morts sur la conscience, et peut-être bientôt la sienne, il n'en aurait rien cru. Une journée et une nuit de Robert Degraeve, ouvrier dans une aciérie, dévoileront l'identité de ces deux morts et répondent aux questions : "Comment peut-on être chômeur ? Quels remous profonds cela suscite-t-il dans un homme ? ""
Bert Degraeve, ancien ouvrier mouleur en chômage, évoque le destin de ses anciens camarades. Ainsi se forme une galerie de portraits d'hommes et de femmes qui vivent dans les corons, sous le ciel noirci de fumée, dans le paysage mouvant et mélancolique des terrils et des étangs. André Stil pose sur chacun d'eux un regard attentif et excelle à rendre une atmosphère qu'il connaît bien.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).