Bousbir fut la plus grande maison close à ciel ouvert du monde : le quartier réservé de Casablanca. Construit en 1924 sur ordre de l'administration française, dans un spectaculaire style oriental, le quartier visait à répondre aux " besoins " des troupes coloniales, mais était aussi visité par les touristes de passage. Jusqu'à sa fermeture, c'est au total douze milles très jeunes femmes " indigènes " qui y ont vécu et officié, dans des conditions proches du travail forcé. En 1955, elles sont expulsées du quartier, où on loge des soldats marocains de retour de la guerre d'Indochine. Aujourd'hui, Bousbir est un quartier populaire, très aimé de ses habitants mais où on ne parle guère du passé. Richement illustré, ce livre donne à voir le passé et le présent de Bousbir au moyen de documents historiques, de photographies prises par Denise Bellon en 1936 et par Melita Vangelatou à la fin des années 2010. Il présente le quartier, analyse les logiques qui ont conduit à son édification, et ouvre des pistes pour concilier le devoir de mémoire et le respect des sensibilités actuelles.
Résumé : Le thème de l'hiver est un des plus récurrents dans la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Ces paysages d'hiver, ces scènes d'hiver, ces " plaisirs de glace " illustrent pour la plupart à merveille la prospérité et la joie de vivre d'une toute jeune nation. Ils nous interpellent d'autant plus aujourd'hui qu'ils paraissent figer pour l'éternité les hivers froids du petit âge glaciaire. Rivières et mers de glace, patineurs de tous âges, neiges d'antan reflétant la lumière... Essor des paysages d'hiver et rafraîchissement climatique semblent aller de pair. Cet essai souhaite interroger ce lien a priori indubitable en proposant quelques éclaircissements d'horizons disciplinaires différents. Histoire du climat et histoire de l'art seront entremêlées pour faire naître une interprétation novatrice de ces peintures.
Avant l'invention de la carte postale, les touristes qui voyagent de par le monde peuvent se procurer sur les sites qu'ils visitent de vrais tirages photographiques figurant les attractions du lieu. Produits pour eux par des photographes professionnels, ces clichés exotiques connaissent une grande diffusion dans les années 1860-1890. Ils constituent l'objet de ce livre. Ces clichés sont moins le reflet du monde que celui de l'imaginaire géographique des photographes et des touristes dont ils voulaient satisfaire les attentes. Feuilleter aujourd'hui l'album de ces belles images, c'est voyager dans l'espace et dans le temps mais aussi à travers une culture visuelle, très marquée par l'idéologie coloniale et qui se cristallise à la fin du XIXe siècle autour de ces clichés. Cette culture a peu changé, c'est pourquoi les quelques centaines de photographies reproduites dans ce livre font encore rêver. Mais le rêve des touristes n'est pas nécessairement partagé par ceux et celles qui ont dû l'incarner...
Ce livre est destiné aux étudiants et étudiantes de premier cycle en sciences sociales et à toute personne intéressée par l'organisation sociale et spatiale du Monde et par ses discontinuités. Il porte sur le rôle des frontières dans les constructions identitaires. Son hypothèse centrale : beaucoup de groupes ne préexistent pas aux frontières qui semblent les séparer. Elles ne viennent pas entériner un ordre antérieur : ce sont les frontières, qui, par leurs inscriptions, leurs représentations, leurs usages, cloisonnent l'espace, différencient et souvent opposent les groupes concernés. L'ouvrage présente l'originalité de montrer ce processus de cloisonnement à l'oeuvre à différentes échelles : de la distinction des genres de part et d'autre de la limite entre l'espace domestique et l'espace public à la distribution des "races" par continents, en passant bien sûr par la détermination des nations par des frontières interétatiques. Autre particularité de ce livre : il est illustré d'images de toutes sortes, de la carte postale au dessin de presse en passant par la peinture de genre. Elles y sont mobilisées pour témoigner des imaginaires géographiques dont elles sont le reflet, mais aussi la matrice. Elles jouent un rôle actif dans la mise en place des frontières et dans les constructions identitaires. Ce livre propose d'analyser la dimension spatiale des sociétés humaines dans une optique résolument constructiviste et transdisciplinaire. Elle enracine l'analyse dans les imaginaires géographiques et les rapports de pouvoir, faisant toute leur place aux enjeux de genre et postcoloniaux et mettant l'accent sur la performativité des dispositifs spatiaux. La déconstruction des catégories spatiales et sociales opérée par ce livre conduit à dénaturaliser et défétichiser les frontières et les collectifs sociaux qui leur sont liés. Il plaide en ce sens pour un décloisonnement et une décrispation identitaire.
Quatrième de couverture Par une approche inédite, dans le cadre des investigations européennes en géobiologie, l'INSTITUT DE RECHERCHES EN GEOBIOLOGIE CH-1803 CHARDONNE / Suisse s'est lancé à nouveau à la découverte des hauts-lieux aux vibrations spécifiques, en partie inconnues. A l'Ecoute d'une forme de perception et de pensée, cette recherche de lieux à forte influence cosmo-tellurique a emprunté un chemin à la fois rationnel et mystique. Les lieux de rendez-vous sont : l'Egypte, l'Inde, Chartres Saint-Jacques-de-Compostelle un haut plateau indo-tibétain les lieux de pèlerinages sans oublier notre environnement personnel, où ces énergies éthérées sont à portée de la main. Cette étude élargit et affine notre cadre routinier ; ainsi la page imprimée ne sera pas qu'un chiffon de papier. C'est un émerveillement de redécouvrir une réalité sensible.
A l'heure d'une mondialisation accélérée, on observerait une recrudescence des maladies infectieuses, mélange détonant de pathogènes émergents et anciens. Parmi ces derniers, le virus de la rougeole reviendrait en force. Médias, experts en santé publique et parents attribuent régulièrement cette résurgence à une hausse des refus de la vaccination. Qu'en est-il vraiment ? Cette explication est, pour l'autrice, historienne de la santé, un peu trop simple, voire simpliste. Dans cette enquête d'une rigueur exemplaire se penche sur la vaste question des non-vaccinations et leurs raisons d'être, elle met en cause l'idée que le rejet des vaccins augmente et que le "retour" de certaines maladies "que l'on croyait disparues" est la conséquence directe de cette opposition. Partant d'une autopsie minutieuse de la dernière grande épidémie de rougeole qui a touché le Québec il y a tout juste trente ans, elle dissèque et démystifie les comportements contemporains entourant la vaccination et met en relief ce qui se joue vraiment dans la réapparition de l'infection virale. Son livre souligne l'importance d'avoir une démarche historienne pour bien comprendre, dans toute leur complexité, les façons individuelles et collectives de préserver sa santé et celle des autres.
Mettre en lumière l'importance exceptionnelle de l'oeuvre d'Hergé dans l'histoire artistique et culturelle du XXe siècle, et mesurer, à l'aune d'approches inédites, le caractère mythique et universel des Aventures de Tintin et leurs prolongements dans l'imaginaire contemporain : tel est l'objectif de cet ouvrage, issu du colloque international "Tintin au XXIe siècle", ayant réuni scientifiques et tintinophiles en mai 2017 à Louvain-la-Neuve en Belgique. Les vingt-sept contributions qui composent ce volume envisagent la traversée du siècle du voyageur-reporter sous l'angle des territoires, des temporalités, de l'art et des métamorphoses. Elles démontrent que l'oeuvre fondatrice d'Hergé a irrigué toutes les disciplines et épousé pléthore de formats, de médias. L'herméneutique qui accompagne Les Aventures de Tintin recoupe de nombreux champs. Tintin aujourd'hui en illustre l'évolution et interroge la pérennité d'une oeuvre au prisme de son imaginaire.
C'est en 1950 que le grand psychanalyste suisse donna cette quatrième édition, considérablement amplifiée, d'un essai de 1912 dans lequel, partant d'un cas individuel - celui, expose par Théodore Flournoy, dune jeune Américaine auteur de poèmes dans un état semi-inconscient -, il ouvrait à sa discipline des perspectives radicalement neuves. En partant de l'histoire de miss Miller, il s'y livre à une vaste enquête sur les symboles et les mythes culturels et religieux, développe sa théorie de l'inconscient collectif et archaïque, élargissant en fait le champ de la psychanalyse à une psychologie générale de l'humanité et de la culture. Dès sa première partition, ce livre qui marquait sa rupture avec Freud fut abondamment commenté et discuté. C. G. Jung ne cessa par la suite de l'enrichir et d'en affiner les vues. C'est une de ses oeuvres maîtresses et lun des classiques mondiaux de la psychanalyse.