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Arts et sciences du romantisme allemand
Stanguennec André ; Lancereau Daniel
PU RENNES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782753574823
L'interprétation communément reçue du romantisme est de considérer qu'il est un phénomène exclusivement esthétique et artistique. Or il n'en est rien. D'un côté, l'esthétique y est adossée à la science dans trois domaines tout particulièrement : en mathématiques, l'idée combinatoire ne manque pas de retentir sur la poétique ; en physique, la théorie des champs permet d'introduire une philosophie romantique de la nature ; en biologie, la théorie de la forme permet de penser une morphologie naissante. D'un autre côté et inversement, les idées esthétiques débordent sur la science comme le montre l'approche goethéenne des phénomènes naturels. Au centre de cet espace théorique et du débat qu'il engendre, il faut placer la pensée de Kant comme le point focal de l'ouvrage. Aller de la science vers l'art ou de l'art vers la science afin de faire valoir leur unité qui est celle de l'esthétique et de l'épistémologie, telle est l'ambition du romantisme allemand. Telle est aussi l'ambition des études réunies ici.
De ce moment décisif de la modernité philosophique qu'est le passage de Kant à Hegel, le présent ouvrage produit enfin une analyse structurale exhaustive, qui est aussi bien une généalogie vivante. A partir du repérage des structures générales des réfutations, poursuivi successivement sur le terrain de la philosophie théorique, de la philosophie pratique et de la philosophie de l'histoire, devient visible l'ampleur des déplacements conceptuels opérés sur la philosophie kantienne par les critiques de Hegel : glissements de problématiques, substitutions sémantiques, changements de perspectives deviennent lisibles. Cette étude méthodologique de l'ensemble des critiques hégéliennes de Kant a elle-même pour enjeu un retour critique aux interprétations de ce passage, centrées sur l'idée d'une continuité "idéaliste" (Marx-Engels) ou "métaphysique" (Heidegger). La quête d'une synthèse de dialectique et de réflexion se doit, sous peine de tomber dans l'éclectisme, d'être sensible au choix de rationalité : si Hegel installe la dialectique, "logique de l'apparence" chez Kant, au coeur de la réflexion, celle-ci conserve une position indispensable, grâce à la fonction régulatrice et non constitutive de l'Idée qui empêche un enfermement dogmatique de la philosophie et repose la question de l'autonomie dans l'ordre pratique. Cette enquête fournit enfin au lecteur un moyen de s'orienter dans cette alternative majeure d'un point de vue réflexif et d'un point de vue dialectique, qui exprime l'une des tensions les plus fécondes de la philosophie d'aujourd'hui, démontrant l'actualité persistante de cette confrontation majeure.
La philosophie de Nietzsche est une philosophie perspectiviste. Elle l'est, d'abord, par son contenu interprétatif, puisque les volontés de puissance qui constituent indéfiniment les significations du monde, sont des centres d'interprétation et que ces interprétations centrées sont autant de perspectives qui s'affrontent les unes les autres. Mais elle l'est, aussi, en ce qu'elle s'offre elle-même, conformément à son perspectivisme assumé, à une multiplicité de commentaires, tous légitimes à condition de s'ouvrir, de manière forte, aux autres, et de les laisser se déployer pour les dépasser dans le jeu indéfini des herméneutiques. Ce livre sur la philosophie de Nietzsche part d'une hypothèse selon laquelle la perspective d'interprétation morale de cette philosophie est sans doute celle qui permet le mieux, d'une part, de rendre compte de son développement et de sa méthode propre et, d'autre part, de s'ouvrir aux autres perspectives interprétatives sur elle, en les comprenant sans les réduire, tout en les subordonnant ou hiérarchisant de façon rigoureuse. Ayant d'abord mis à l'épreuve cette hypothèse du point de vue d'une lecture interne de la genèse et la structure méthodique du questionnement de la morale par Nietzsche dans nos deux premières parties, notre propos est ensuite d'entendre " le questionnement moral de Nietzsche " au sens d'un génitif objectif de l'expression, par suite de reconstruire, dans notre troisième partie, " trois mises en questions morales de Nietzsche ", pouvant émaner de trois perspectives philosophiques majeures sur le problème moral kantisme, fichtéanisme (auquel le questionnement weilien est largement associé), matérialisme. La meilleure manière de présenter ces mises en questions nous a semblé consister dans l'introduction d'une sorte de dialogue entre des pensées philosophiques toujours vivantes, de sorte que cette troisième partie se termine par un essai d'envisager comment et jusqu'où Nietzsche aurait pu répondre à ces objections tant supposées que réelles.
Ces 23 Leçons sur le rationnel et l'irrationnel, données plusieurs fois au Département de philosophie et reprises à l'Université Permanente de Nantes ; s'adressent à tout amateur de philosophie. Les relations du rationnel et de l'irrationnel qui font leur objet, sont un thème de réflexion permanent de la philosophie dans son histoire. Elles sont envisagées ici à trois points de vue successifs : celui de la métaphysique, antique, classique et moderne ; celui de la critique de la raison métaphysique, menée de diverses manières ; celui de la pratique humaine, où la raison est confrontée à son Autre, dans la morale et la politique, la pratique scientifique et artistique. L'auteur pense avoir lui-même dégagé une "leçon singulière" de ces analyses : "au titre d'affect irrationnel et de constante anthropologique, "l'inquiétude de soi" semble motiver toute recherche féconde de rationalité de la part de "l'homme intranquille"".
La dialectique réflexive est une ontologie de la finitude qui se constitue dans la forme d'un cercle spéculatif. En sa ligne réflexive ascendante, d'abord, cette finitude se pose en explicitant la présupposition de l'infinité qui lui donne son sens. Puis, en un mouvement descendant, la dialectique de l'infini, construite analogiquement dans la forme de la finitude, y pose le contenu de cette finitude comme son existence finie, éternel corrélat de sa propre existence infinie, en une co-existence elle-même éternelle. Dit en termes simples : si l'esprit fini dans le monde pose nécessairement en Dieu son propre sens, réciproquement, il pose nécessairement dans le monde, et dans cet esprit du monde qu'il est, l'existence de Dieu se comprenant finiment en lui. Le fil herméneutique de ces " lignes fondamentales " est une nouvelle ontologie dialectique du soi ou un " séisme réflexif " insérant en lui sans éclectisme les apports de Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Marx et Weil, tout en se tenant au plus près des données actuelles du sens en matière d'épistémologie et de philosophie pratique contemporaine.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour