Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les subalternes peuvent-elles parler ?
Spivak Gayatri Chakravorty ; Vidal Jérôme
AMSTERDAM
13,00 €
Épuisé
EAN :9782354802097
Les Subalternes peuvent-elles parler ? est l'un des textes de la critique contemporaine et des études postcoloniales les plus discutés dans le monde depuis vingt-cinq ans. Problématique et polémique, à l'écriture vigoureuse, il a démontré depuis sa première publication, par le nombre de commentaires, de critiques et de recherches qu'il n'a pas cessé de susciter, une productivité peu commune, qui n'a d'égale peut-être dans son domaine que celle des écrits d'Edward Said et de Homi Bhabha. "En suivant un parcours nécessairement sinueux, cet essai partira d'une critique des efforts déployés actuellement en Occident [notamment par Gilles Deleuze et Michel Foucault] visant à problématiser le sujet, pour aboutir à la question de la représentation du sujet du Tiers-Monde dans le discours occidental. Chemin faisant, l'occasion me sera donnée de suggérer qu'il y a en fait implicitement chez Marx et Derrida un décentrement du sujet plus radical encore. J'aurai de plus recours à l'argument, qui surprendra peut-être, selon lequel la production intellectuelle occidentale est, de maintes façons, complice des intérêts économiques internationaux de l'Occident. Pour finir, je proposerai une analyse alternative des rapports entre les discours de l'Occident et la possibilité pour la femme subalterne de parler (ou la possibilité de parler en son nom). Je tirerai mes exemples spécifiques du cas indien, à travers la discussion approfondie du statut extraordinairement paradoxal de l'abolition par les Britanniques du sacrifice des veuves". (Gayatri Chakravorty Spivak)
Presque trente années se sont écoulées depuis la publication de l'article d'Huguette Fugier (1983) sur le syntagme nominal en latin, étude la plus systématique sur ce sujet. Le présent volume de contributions, issu d'un atelier international qui s'est tenu le 11 octobre 2008 à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), a pour objectif de faire le point sur la question et de stimuler les recherches dans ce domaine.
Résumé : Figures de la pensée indienne contemporaine et grandes amies, Gayatri Chakravorty Spivak et Romila Thapar conversent sur leurs engagements personnels et intellectuels en lien avec l'histoire coloniale et postcoloniale de leur pays et au-delà. Les thèmes se croisent et se multiplient : l'invention de l'Inde, l'écueil du nationalisme, la critique du développement, la pluralité des appartenances, la limite de la notion de Sud global, la permanence de la structuration de classe, la politisation du multilinguisme, les rapports entre subalternité et diaspora, l'émancipation par la pédagogie... Face à l'autoritarisme identitaire, Spivak et Thapar revendiquent la solidarité internationaliste et la singularité vagabonde des cultures.
Ce volume, le 7e d'une collection de linguistique latine publiée par le Centre Alfred Ernout (Paris-Sorbonne, Paris IV), présente les actes du colloque biennal du Centre Alfred Ernout de juin 2010. Le latin est abordé en premier lieu dans ses relations avec l'héritage indo-européen en amont et les langues romanes en aval : genèse de la proposition infinitive (J. Haudry), évolution du diptyque "k"o-... to- (A. Orlandini et P. Poccetti) et de l'ordre des mots (B. Bauer), origine du préfixe con- (V. Martzloff). Est également étudié le domaine du lexique et de la morphologie : évolution des groupements de lexèmes (M. Fruyt), de microsystèmes lexicaux (A. Christol), de champs sémantiques (vrai et faux : 1.-F. Thomas), de la préverbation (B. Garda-Hernández), du préverbe in- (S. van Laer), du suffixe -õsus (Ch. Kircher), du verbe signifiant "voter " (M.-A. Julia). L'approche syntaxique et pragmatique traite de la place de l'adjectif en poésie (C. Fry), des locutions verbales avec miscere (T. Taons), de l'adjectif en emploi adverbial (E. Marini), du changement dans les adverbes en général (A. Ripoll), des subordonnants temporels dam, donec, quoad (M. Poirier), des connecteurs enclitiques enim et autem (O. Spevak). Le latin tardif est abordé sous l'angle lexical pour le latin biblique (L. Sznajder) et diatopique pour l'influence du latin d'Afrique sur le latin d'Espagne (R. Wright).
Les articles réunis dans les numéros 102 et 103 de Pallas sont issus du 18e Colloque international de linguistique latine qui s'est tenu du 8 au 13 juin 2015 à Toulouse, dans le cadre de PLH-CRATA. Ils représentent des contributions à tous les domaines de linguistique latine. On trouvera dans le présent volume de nouvelles explications de phénomènes phonologiques (lois phonologiques) ou morphologiques (génitif, vocatif, morphologie verbale), des études consacrées aux préverbes et aux prépositions, des questions variées concernant le style et le lexique, la prosodie et la métrique ainsi que la rhétorique. Une section spéciale est réservée aux hellénismes en latin. Ces études explorant des domaines variés permettent non seulement d'enrichir notre connaissance du latin mais aussi de faire le point sur des questions actuelles tout en offrant des perspectives pour les recherches ultérieures.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.