Publié en 1930, As I Lay Dying est un roman dont les facettes sont aussi multiples que les voix de ceux qui interviennent tout au long des cinquante-neuf monologues qui le composent. Faulkner décrivait ce roman comme un " tour de force ", écrit de manière fulgurante et dont la technique narrative éclatée reflétait la mise en péril d'une famille, les Bundren, après le décès de la mère. Ce recueil, divisé en trois parties, s'intéresse d'abord au contexte dans lequel a été rédigé ce texte charnière où le comté fictif de Faulkner, Yoknapatawpha, est nommé pour la première fois. Il y est question de ruralité, d'économie et de la vision kaléidoscopique émanant de la décomposition et de la recomposition de paysages intérieurs et extérieurs. Le deuxième volet porte plus précisément sur la forme complexe du récit en analysant divers éléments emblématiques : la mort de la mère est étudiée d'un point de vue stylistique et linguistique, c'est ensuite l'utilisation du grotesque qui arrête l'attention, puis le fait social qui amène inéluctablement la violence et l'instabilité que certains personnages tentent de contrecarrer. Les éléments relatifs à la nature, que Faulkner utilise pour décrire la nature même de ses personnages, sont également mis en exergue ici. La dernière partie aborde la question du temps en relation avec l'espace : les études qui la composent traitent du récit, de la lente disparition du sens des choses, et du pouvoir performatif des mots qui ancrent dans le temps une réalité autre que celle qui affleurerait naturellement. Les articles sont suivis d'une bibliographie détaillée et d'une postface de l'écrivain contemporain Ron Rash. Ces nouveaux travaux montrent la richesse du texte faulknérien et invitent à de nombreuses explorations d'une histoire désormais canonique.
Cet ouvrage trouve sa source dans le monologue de l'idiot Benjy Compson sur lequel s'ouvre The Sound and the Furyde William Faulkner(1929). Narré par un idiot muet et condamné à l'hébétude, ce monologue constitue un discours impossible. Construit sur le primat de la sensation et sur la prééminence des choses sur les idées, ce discours élabore cependant une véritable esthétique de l'idiotie. Le choix de placer un idiot au centre de la perception et à la source première de la narration de The Sound andthe Fury peut de fait être considéré comme le geste précurseur et emblématique de l'écriture faulknérienne. A travers l'analyse détaillée de textes empruntés à l'ensemble du corpus faulknérien, ce livre vise à montrer que le monologue de l'idiot Benjy Compson constitue un vaste champ d'expérimentation où tout objet est remodelé par le travail des sens : ainsi, le filtre de la perception de l'idiot donne-t-il naissance à un monde singulier et inédit.
À travers dix chapitres essentiellement thématiques, à l?exception des deux premiers qui s?inscrivent dans une dimension à proprement parler historique, ces Regards sur l?Amérique retracent les grandes trajectoires et les dynamiques caractéristiques qui sous-tendent l?identité des États-Unis. Au croisement de l?histoire, de la civilisation et de la littérature, ces Regards se déploient à travers une sélection variée de documents qui s?efforcent de présenter l?Amérique sous un jour un peu moins familier que celui sous lequel elle apparaît le plus souvent. Les sources premières sélectionnées prennent la forme d?extraits de textes de loi, de discours, de lettres et de témoignages ou d?articles, ou encore d?extraits littéraires, de poèmes, chansons et documents iconographiques, etc., qui évoquent dans la langue d?origine les temps forts de plus de quatre siècles d?une histoire en constante mutation. Nécessairement subjectifs, ces Regards mettent ainsi sous les feux de la rampe des individus qui par leurs écrits, leurs ?uvres ou leur rôle et leur implication politiques, ont chacun contribué à façonner une Américanité kaléidoscopique, contrastée et titanesque. Le lecteur trouvera ainsi dans chaque chapitre, en regard du document reproduit, une présentation en français du document en question, suivie d?un bref exposé de ses principaux enjeux, des pistes d?analyse se trouvant ainsi suggérées. À l?image des premières populations qui investirent le vaste continent nord-américain, ces Regards frayent des voies invitant l?enseignant, l?étudiant, ainsi que tout lecteur susceptible de s?intéresser aux États-Unis, à explorer plus en profondeur l?entrelacement de la petite et de la grande histoire de l?Amérique en poursuivant les découvertes et les lectures qui s?amorcent entre ces pages. Sous la direction de: Pierre SICARD, Professeur de civilisation américaine à la Faculté de Langues & Cultures Étrangères de l?Université de Picardie Jules Verne. Il est l?auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la civilisation et l?histoire des États-Unis.Frédérique SPILL, Maître de conférences en littérature américaine à la Faculté de Langues & Cultures Étrangères de l?Université de Picardie Jules Verne. Elle a publié un ouvrage consacré à l??uvre de William Faulkner (L?idiotie dans l??uvre de Faulkner, PSN, 2009), ainsi que de nombreux articles sur des auteurs américains des XXe et XXIe siècles.
Résumé : Ostéopathie - Recherche et pratique (1910) est l'ultime ouvrage de Stil Ce livre peut, à juste titre, être considéré comme un résumé de son cheminement ostéopathique et comme un testament légué à ses successeurs. Il y rappelle tous les fondements déjà présentés dans les ouvrages précédents et développe de manière exhaustive le concept de blood seed (" ensemencement sanguin "), fondement essentiel de l'ostéopathie. Il y développe la conception qu'il a des différentes parties du corps et de leur fonctionnement ainsi que le traitement qu'il propose pour toutes les régions du corps et leurs maladies. " L'ostéopathie se fonde sur la perfection de l'ouvrage de la Nature. Lorsque toutes les parties du corps humain sont en ligne, nous avons la santé. Lorsque ce n'est pas le cas, l'effet résultant est la maladie. Lorsque les pièces sont réajustées, la maladie fait place à la santé. Le travail de l'ostéopathe consiste à ajuster le corps de l'anormal vers le normal ; alors, la condition anormale fait place à la normale, la santé résultant de la condition normale " (A.T. Still). Se fondant sur ses connaissances anatomique et physiologique, Still nous explique sa manière de raisonner pour traiter chaque région et chaque maladie. Nos connaissances dans les domaines de la biologie et de la physiologie ayant sérieusement évolué depuis l'époque de Still, certaines affirmations nous paraissent aujourd'hui désuètes, voir erronées. Cependant, le raisonnement demeure toujours cohérent, notamment par rapport à l'organisation de la vie et à l'anatomie qui, elles, n'ont pas changé depuis l'époque de Still. Il nous donne à chaque page une magnifique leçon d'ostéopathie.
Philosophie et principes mécaniques de l'ostéopathie est sans doute le livre de Still le moins connu : il rassemble la présentation philosophique correspondant à ce qui est développé dans Philosophie de l'ostéopathie, et l'exposition des principes mécaniques appliqués aux différentes régions du corps, notablement raffinés dans Ostéopathie ? Recherche et pratique. On peut s'étonner de l'importance que Still accorde à la philosophie. C'est qu'il a une conscience aiguë de la différence entre une simple habileté technique et un véritable savoir-faire fondé sur une philosophie, c'est-à-dire un savoir-être. C'est pourquoi, alors que son habileté technique était immense, il s'est particulièrement attaché à préserver et transmettre l'aspect philosophique de l'ostéopathie (le modèle ostéopathique). Il est vrai que, marqués par leur époque, les écrits de Still datent et que depuis, les connaissances de base sur l'homme et la médecine ont évolué à une vitesse vertigineuse et nos consciences également. Pourquoi, dès lors traduire et lire Still aujourd'hui ? Pour, me semble-t-il, plusieurs raisons. J'y vois tout d'abord l'intérêt de connaître l'homme. C'est en côtoyant étroitement une personnalité que l'on parvient à discerner quelques-unes de ses mille et une facettes. Par ailleurs, selon notre état du moment, notre maturité ostéopathique et humaine, notre avancement personnel, en un mot notre état de conscience, nous sommes sensibles à tel ou tel aspect présenté par l'auteur. La résonance change avec notre état d'être, d'où l'intérêt de lire Still mais également de le relire au fur et à mesure que nous évoluons. Lecture et relecture sont le seul moyen de saisir vraiment son essentiel qui s'exprime fréquemment " entre les lignes " plus que dans le discours direct. (Extrait de la préface de Pierre Tricot).
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.