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Profane N° 13, automne-hiver 2021-2022
Soyer Carine
PROFANE
15,00 €
Épuisé
EAN :3663322117787
Le 13, n'est pas seulement habité par l'esprit amateur, cette façon d'aborder le monde avec curiosité, ingénuité, instinct et ingéniosité, selon une feuille de route loin du calcul, du miroir, au gré du temps : celui qu'on s'octroie. D'autres esprits sont là. Frappeur, joueur, mystique ! Glissés dans des costumes, des peaux, des émotions, des lieux et des contours qui se sont allégés, libérés des instances de contrôle. Médiumnité, peinture automatique, actes psychomagiques, visions paréidoliques, éducation alternative, réactivation de l'enfance par le jeu, le découpage et le déguisement, rites d'antan, dialogue avec la nature, cabinet de curiosités, tout est propice ici à ouvrir les portes de l'inconscient et à s'amuser ensemble de ce que le monde retient, contraint, organise et fige.
Un homme se souvient de la déchetterie proche de la maison de son enfance, comme un secret de chineur qu'il partage avec son grand-père (p. 180). Un autre homme fait grandir dans son jardin des arbres de ciment dont les feuilles persistantes sont des objets de consommation flétris (p. 32). Une femme utilise des portants à vêtement et autres cintres à pinces qui ne lui serviront plus pour y suspendre ses toiles (p. 202). Un homme repêche sur les rivages grecs des bouts de plastique, matière première à des masques faits main (p. 48). Une femme ramasse les écorces d'un arbre tronçonné pour les enraciner à nouveau dans des tableaux (p. 230). Une femme archive des moutons de poussière pour leur qualité chromatique (p. 104). Récupérer. Recycler. Détourner. Des verbes communs à nombre d'autodidactes et de collectionneurs qui visitent nos pages, numéro après numéro. Une pratique du glanage étendu, souvent aperçu ici, et qui sédimente un peu plus dans cette quatorzième édition, profitant d'une réflexion plus vaste autour du déchet. Nous affectionnons ces "dandys des gadoues" , pour reprendre la belle formule de l'écrivain Michel Tournier dans Les Météores, surnom attribué à un des héros, Alexandre Surin, à la tête de six décharges, de Deauville à Casablanca, qu'il chérit comme des mines d'or. Toutes celles et ceux qui trouvent de la vigueur et de la vie dans le rebut. Après tout, quoi de plus intime, et par là précieux, que ce que l'on rejette? De plus révélateur d'un état du monde? Dans la réalité, cette matière grise, couleur dominante de la bouillie finale, soulève des questions moins romanesques, mais elle motive aussi des démarches d'invention et de réappropriation qu'il nous plaît de relayer. Pour saisir l'éclat dans l'ordure.
Profane a pour sujet l'amateur, qu'il soit artiste ou collectionneur, novice ou spécialiste, un admirateur ou un créateur à ses heures perdues Dans ce numéro : Depuis 10 ans un homme fait revivre dans un village le souvenir d'un ancien, réactive sa mémoire créative (p. 22). Un autre guette la minute précise à laquelle le soleil se couche pour vivre pleinement son projet (p. 72). Ailleurs, des prisonniers tentent de transformer la période de l'incarcération en un temps de libération (p. 130). Ici, le temps s'envisage en parties (p. 82). Là, une femme se laisse guider par sa pratique, voyage au centre de sa terre, sans urgence (p. 184). Et chaque fois, le temps sort de sa linéarité, de l'autorité du méridien, se déroule autrement, selon des accords secrets, intimes. C'est le temps de la répétition et de l'amour. Le nôtre.
Une invitation A Hélène Starkman, et ses carnets où feurissent les chats et paressent les feurs Une rencontre Avec Lucas Djaou, commissaire d'exposition buissonnier Une citation De l'écrivain roumain Mircea Cartarescu Un lieu En Italie, l'édifce de pierres messagères de l'artiste Luigi Lineri Un album Théo Garnier livre pour son diplôme les souvenirs de ses aïeuls
Les images qui peuplent notre quotidien cachent parfois de belles surprises. Dans l'incroyable diversité des illustrations imprimées sur les sacs plastique publicitaires aujourd'hui bannis de la circulation, cet ouvrage propose d'explorer quelques représentations architecturales emblématiques, judicieusement ou étrangement associées à toute une série d'activités commerciales. Interrogés, décrits, commentés par des historiens de l'architecture qui ont accepte de se prêter au jeu, les 59 spécimens réunis dans ce livre nourrissent quantité de récits académiques et anecdotiques, sources d'infinies déclinaisons poétiques.
Une invitation A Hélène Starkman, et ses carnets où feurissent les chats et paressent les feurs Une rencontre Avec Lucas Djaou, commissaire d'exposition buissonnier Une citation De l'écrivain roumain Mircea Cartarescu Un lieu En Italie, l'édifce de pierres messagères de l'artiste Luigi Lineri Un album Théo Garnier livre pour son diplôme les souvenirs de ses aïeuls
Profane met en scène un héros récurrent plutôt qu'une discipline, et l'accueille en qualité d'invité permanent. Profane parle de celles et ceux qui aiment faire, qui aiment tout court, et qui trouvent un sens à la beauté du geste, loin des tribunes officielles. Aujourd'hui dans nos sociétés s'engage un autre rapport à la création, se dessine une manière de penser loin des marchés, des foires, des salles de ventes, des scènes officielles. Nous souhaitons dresser un panorama des dynamiques créatives lorsqu'elles échappent aux logiques de promotion, quand elles viennent aussi dire autre chose d'une société : nourrir une mémoire collective, révéler la singularité d'un inconscient, témoigner d'une époque. L'amateur porte en lui une rareté : son élan résiste aux modes, son rapport jubilatoire et cathartique à l'objet de son affection s'affirme contre vents et marées. Et c'est bien cette part précieuse, cet appétit originel que Profane souhaite mettre en lumière.
Profane a un seul et unique dada : l'amateur, qu'il soit artiste ou collectionneur, novice ou pointu, fervent admirateur ou créateur à ses heures. Profane met en scène un héros récurrent plutôt qu'une discipline, et l'accueille en qualité d'invité permanent. Profane parle de celles et ceux qui aiment faire, qui aiment tout court, et qui trouvent un sens à la beauté du geste, loin des tribunes officielles.