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Littérature comparée N° 1/2002 : Réalisme et réalité en question au XVIIe siècle
Souiller Didier
EUD
20,00 €
Épuisé
EAN :9782913003118
LE REALISME AU XVIIe s. : il convient de dénoncer, dans les études critiques comme dans les esprits, la persistance d'une référence, plus ou moins consciente, au roman réaliste du XIXe s., présenté comme forme définitive ou aboutissement du roman. De là l'idée, toujours aussi obscurément active, qui voudrait que cet achèvement fût l'aboutissement d'un progrès, permettant de juger les œuvres antérieures en fonction de l'intégration d'éléments " réalistes " en leur sein. La même naïveté se discerne aisément dans le domaine du théâtre, comme si la présence de détails triviaux empruntés au monde contemporain suffisait à faire rentrer l'œuvre dans le cadre de l'esthétique réaliste. Rien n'est plus étranger aux ambitions de la littérature du XVIIe s. qui voit le monde au travers d'une expérience de l'intertextualité, c'est-à-dire à travers des modèles consacrés. Historiquement, le réel, en tant que source de connaissance à inventorier systématiquement, n'intéresse pas la littérature du XVIIe s. : dans tous les cas, l'œil ne perçoit que ce que la culture contemporaine lui désigne. De plus, après le milieu du siècle, toute perspective proprement réaliste, au sens du XIXe s., est exclue à cause des références constantes à la notion de vraisemblance et à une conception de la " nature " qui s'imposent au théâtre comme dans les romans.
Résumé : Il existe une nouvelle avant la nouvelle... avant son second âge d'or, la nouvelle réaliste du XIXe siècle et sa récupération par les grands noms de la littérature du XXe siècle. De Boccace à Sade, la nouvelle a connu une histoire, inséparable de l'évolution de la civilisation européenne et qui la met au c?ur des grands débats culturels de la Renaissance jusqu'aux Lumières. Echo du Moyen Age, en elle s'opposent ou se complètent un naturalisme qui se rit de l'idée de péché et un idéalisme qui associe la nouvelle aux plus hautes aspirations de la culture. Qu'il s'agisse d'une réflexion sur l'amour, sur le mariage ou sur la nature de la femme, cette dernière, depuis les origines de la nouvelle, se trouve au centre du débat : une parole et une esthétique féminines s'y font entendre de manière déterminante et non sans audace.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.