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La voie de Bro
Sorokine Vladimir ; Kreise Bernard
OLIVIER
23,30 €
Épuisé
EAN :9782879295367
Le 30 juin 1908 tombe en Sibérie la météorite de la Toungouska. Au même moment, dans la famille d'un riche industriel, naît Bro, futur grand maître de la Confrérie de la Lumière originelle, une secte qui cherche à éliminer les êtres corrompus et reconstituer une assemblée d'élus. L'enfance dorée de Bro est vite écourtée: la guerre, la désorganisation de la société, la révolution, provoquent la fuite puis l'anéantissement des siens. Le jeune garçon se retrouve seul à errer à travers la Russie durant quatre ans, bénéficiant dans le chaos général d'une mystérieuse protection. La Voie de Bro est le deuxième volet d'une trilogie romanesque, initiée par La Glace, dans laquelle Vladimir Sorokine invente toute une mythologie pour symboliser la naïveté d'une humanité en mal d'utopie. Brillant et iconoclaste, l'auteur jongle avec tous les genres, toutes les périodes historiques, pour dénoncer les institutions russes, les ravages du pouvoir et de l'argent.
Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka, du Joyce ?... Du Tolstoï, il dit. C'est quoi, je demande. De la bombe, il me dit. J'en prends. D'abord, rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens, ou du Flaubert avec du Thackeray, et puis... bon... bon... vraiment du bon, un kif vraiment fort, large, une putain de puissance, mais alors après... après, vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace). Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï. (...)
La chair en effervescenceL'orange était toujours sous le buffet.Le garçon se coucha par terre, glissa la main sous le meuble et la tendit vers l'orange. Mais il ne parvint pas à l'attraper. Ses doigts palpèrent de la poussière et un noyau de cerise desséché.- Chachien! bougonna-t-il d'une voix dépitée vers l'espace obscur sous le buffet.Il repoussa le noyau et menaça l'orange avec son poing. Il se redressa, se mit à genoux et resta assis par terre en farfouillant dans son nez. U se leva, regarda autour de lui. Sur le dessus du buffet, à côté du sucrier, d'une bouteille de ketchup et d'un pot de café soluble, maman avait oublié son poudrier rose aux reflets argentés. Le garçon le prit, le tourna dans ses mains et l'ouvrit. Dans le miroir rond, il découvrit un visage avec de grands yeux bleu clair légèrement écarquillés, de grandes oreilles décollées, un petit nez retroussé, une petite bouche humide et interrogative, le visage d'un garçon blond oligophrénique qui le regardait.- Bonjour, Mickey Rourke, fit-il avant de fermer le poudrier et de le reposer.Il ouvrit un tiroir du buffet. Il contenait les couverts. Le garçon attrapa une cuillère, s'allongea par terre et essaya d'atteindre l'orange. En vain.- Je vais t'arrêtater, espèce de Tchétchène! grogna le gamin en s'adressant au lino poussiéreux qu'il percuta avec la cuillère. C'mone! C'mone! C'mone!L'inaccessible orange se terrait dans la pénombre. Le garçon s'assit par terre. Il examina la cuillère. Il la cogna contre le buffet. Il se remit debout et heurta légèrement le tiroir ouvert.- Hm-m-m! Chachien... ronchonna-t-il en se frottant la tête avant de flanquer la cuillère dans le tiroir.Il prit un couteau. Il le tripota. Il le compara à la cuillère.- Espèce de chachien, toi aussi!Il jeta le couteau dans le tiroir. Repoussa le tiroir. S'approcha des plaques électriques. Au-dessus, une passoire, une fourchette à deux dents, une écumoire, une louche et un rouleau à pâtisserie étaient accrochés au mur. Le garçon porta son regard sur le rouleau.- Voilà!Il se hissa sur la pointe des pieds et tendit la main vers le rouleau. Il réussit à peine à en effleurer le bois rêche de l'extrémité de ses doigts. Le rouleau oscilla. Le garçon l'examina. Il approcha alors une chaise de la cuisinière, grimpa dessus. Il se cambra. Saisit le rouleau. Mais l'autre extrémité percée d'un trou par où passait une ficelle était encore loin de sa main.- Tu vas voir, chachien... grommela-t-il sans relâcher le rouleau, et il leva son pied gauche qui était nu et le posa sur une plaque de la cuisinière.Il tenta de tirer le rouleau. Mais la petite boucle de ficelle ne voulait pas s'échapper du crampon en bois. Le garçon commença alors à relever le pied droit en ahanant. Ce n'était pas commode. Il saisit plus fermement le rouleau en prenant appui sur son pied gauche.- Apgréïde, la grosse...Il repoussa la chaise avec son pied et se redressa brusquement de toute sa hauteur sur la cuisinière, mais il chancela en s'efforçant de retrouver son équilibre, et il empoigna le rouleau de ses deux mains. La boucle de ficelle se tendit et se détacha du crampon. Le garçon péta. Puis il bascula en arrière en agrippant le rouleau.- Et hop!... fit quelqu'un dont les mains puissantes le recueillirent en douceur.Et le déposèrent aussitôt sur la chaise.Le garçon se retourna. C'était un inconnu.- Micha, voyons... dit l'homme en hochant la tête d'un air désapprobateur. Ce ne sont pas des choses à faire!
Tirée par cinquante mini-chevaux, une trottinette des neiges emporte vers un village frappé par une épidémie un médecin qui rappelle fortement le Boulgakov des Carnets d'un jeune médecin. Elle est conduite par le "Graillonneux", livreur de pain de son état, incarnation touchante et presque caricaturale du moujik. Le couple classique de la littérature russe - le peuple et son élite, la seconde voulant éternellement faire le bonheur du premier et faisant son éternel malheur - se trouve à nouveau réuni, fonçant à travers l'espace et le temps dans ce curieux véhicule, version sorokinienne de la célèbre troïka de Gogol. "Russie, où cours-tu donc?" demandait l'auteur des Ames mortes au début du XIXe siècle. Vladimir Sorokine pose à son tour la question des destinées d'une Russie lancée à fond de train sur un chemin qui semble s'étirer par-delà l'horizon. Mais cette fois, la route est presque inexistante, invisible, effacée par la tourmente qui se déchaîne.
Moscou, 2028. Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie un contrôle totalitaire absolu. Équipés désormais de moyens technologiques ultra-sophistiqués, les nouveaux maîtres - des opritchniks à l'image des gardes d'Ivan le Terrible connus pour leur sadisme - plongent le pays dans un sanglant féodalisme. Parmi eux, Komiaga, dont Sorokine déroule ici une journée ordinaire, rythmée par ses missions (liquidation d'un aristocrate, détournement de fonds à la frontière chinoise, enquête sur un poème calomniant le gendre du souverain...) et ses rituels, alternant séances de prières et orgies. 'En Occident, être écrivain est une profession, chez nous, c'est un travail de sape: l'écrivain sape les fondements de l'État. "Dans le contexte actuel, ce roman brillant et impitoyable constitue une véritable provocation vis-à-vis du nouveau tsar: on est saisi par la vision de ce qui pourrait être un KGB nouvelle manière, moralisateur et pervers, composé d'assassins qui se réfèrent au christianisme. Biographie: Auteur génial (et controversé) de pièces et de romans d'avant-garde dont certains ont été interdits en Russie, Vladimir Sorokine fait partie de la nouvelle génération d'écrivains postmodernes russes. II est né en 1955 et vit à Moscou. Ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Ont paru aux Éditions de l'Olivier: La Glace (2005) et Le Lard bleu (2007)."
Résumé : Lors d'un été caniculaire marqué par une invasion de mouches, une adolescente connaît ses premiers émois auprès d'un ouvrier australien engagé par son père. Une enseignante explore les vicissitudes des rencontres amoureuses en ligne alors que la fin du monde approche. Un ancien mannequin revient dans sa ville natale pour travailler dans un lieu qui n'a de station-service que le nom... Les huit nouvelles de Dans la joie et la bonne humeur déroutent et interrogent. Si les femmes qu'elles mettent en scène sont souvent cantonnées à des rôles trop étriqués pour elles, elles ne sont pourtant jamais dupes. Nicole Flattery est l'une des grandes voix irlandaises d'aujourd'hui. Elle manie l'humour noir et l'étrange comme personne. Traduit de l'anglais (Irlande) par Madeleine Nasalik.
Résumé : Décembre 1930, vacances de Noël. Gibbsville, petite bourgade tranquille de Pennsylvanie, est en pleine effervescence. On y danse et on y boit, dans les bars louches comme dans le milieu très fermé de l'élite locale. Parmi les membres de cette élite se trouvent Julian et Caroline English. En pleine réception, Julian lance le contenu de son verre à la figure de Harry Reilly, sans raison apparente... simplement par agacement. Sans qu'il le sache, ce geste impulsif vient de précipiter Julian English dans une spirale autodestructrice qui va durer quarante-huit heures : après avoir cherché secours dans l'amour de sa femme et de ses amis, dans l'alcool, dans la fuite, il aura finalement à se rendre à ce " rendez-vous à Samarra ", qui est un rendez-vous avec la mort.
Résumé : Au départ, il y a l'incendie. Jean a oublié d'éteindre sous une casserole. Il en profite pour oublier aussi sa vie en abandonnant sa maison aux flammes. Acteur de séries B, il va désormais se contenter de survivre. La fiction devient son refuge, la vie elle-même une toile de fond. C'est dans cette atmosphère de désenchantement qu'il rencontre France Rivière, une actrice encore célèbre qui lui propose de s'installer chez elle. Puis son fils, Charles, un homme intrigant qui sort de l'hôpital psychiatrique. Jean s'attache à ses pas, perd sa trace, s'interroge sur son absence, qui le renvoie à celle qu'il éprouve face au monde. Dans ce roman à l'écriture tendue, Christian Oster évoque la dérive d'un homme qui interroge, de manière souvent cocasse, le renoncement dans lequel il s'est installé.
Résumé : "Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase ? sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s'arrête". Pour Rosalinde, c'est l'été de tous les dangers. Dans ce village où l'a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d'autres. Travailler dans les champs jusqu'à l'épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s'abrutir d'alcool ; tout cela n'est rien à côté de ce qui l'attend. L'amitié ? l'amour ? ? d'une autre femme lui donne un moment le sentiment qu'un apaisement est possible. Mais ce n'est qu'une illusion.