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La tourmente
Sorokine Vladimir ; Coldefy-Faucard Anne
VERDIER
17,76 €
Épuisé
EAN :9782864326571
Tirée par cinquante mini-chevaux, une trottinette des neiges emporte vers un village frappé par une épidémie un médecin qui rappelle fortement le Boulgakov des Carnets d'un jeune médecin. Elle est conduite par le "Graillonneux", livreur de pain de son état, incarnation touchante et presque caricaturale du moujik. Le couple classique de la littérature russe - le peuple et son élite, la seconde voulant éternellement faire le bonheur du premier et faisant son éternel malheur - se trouve à nouveau réuni, fonçant à travers l'espace et le temps dans ce curieux véhicule, version sorokinienne de la célèbre troïka de Gogol. "Russie, où cours-tu donc?" demandait l'auteur des Ames mortes au début du XIXe siècle. Vladimir Sorokine pose à son tour la question des destinées d'une Russie lancée à fond de train sur un chemin qui semble s'étirer par-delà l'horizon. Mais cette fois, la route est presque inexistante, invisible, effacée par la tourmente qui se déchaîne.
Résumé : Une jeune championne de tir au pistolet qui ne se prive pas d'exercer son talent ; un jeune garçon qui s'émancipe de ses parents au point de prendre part à leur assassinat ; un vieux qui, tout en participant au gigantesque jeu de massacre, assure que l'innocence et la morale ne lui sont pas étrangères ; et le chef, solide, peu loquace, doué d'une volonté de fer qui conduit le groupe à la réussite d'une mission mystérieuse... Tout dans ce roman est parodique et déroutant. Parodique, au premier chef, car cette abracadabrante histoire tient à la fois du roman d'espionnage et du roman socialiste. Déroutant, car cette parodie est détournée de toutes les façons par l'absurdité et que le mystère général qui entoure les personnages, leur mission, leurs actes, génère une impression d'irréel, une sorte d'implosion de la réalité.
Un lilliputien qui joue les « fous du roi » au Kremlin rentre dans son appartement où il est servi parun robot avec lequel il joue et s?enivre dans la tristesse. Interrogatoire: grâce à une piqûre, le prisonnier se transforme en cristal et le policier menace de le briser en mille morceaux avec un tisonnier s?il ne parle pas! Des forçats construisent dans une région désertique une partie de la fameuse Grande muraille de Russie. C?est le moment du repas. Vision digne du Goulag. Les hommes réduits en esclavage pour satisfaire la volonté du pouvoir qui leur rend visite en hélicoptère au moment du déjeuner? Dans ce nouveau livre de Sorokine les tableaux se succèdent, qui présentent chacun un des aspects de la Russie de 2028, sans liens les uns avec les autres, sauf qu?ils baignent dans une même ambiance. Le seul lien, en fait, est le « Kremlin en sucre », qui sert de cadeau, de friandise, que l?on offre et que l?on garde précieusement. Le Kremlin en sucre est dans la droite ligne de Journée d?un opritchnik, avec le même mélange paradoxal d?archaïsme et de science fiction, mais ici l?archaïsme l?emporte nettement sur les innovations technologiques. On est en plein dans le « retour du refoulé ». Ecrit avec la virtuosité propre à Sorokine, son imagination délirante et sa totale absence de censure, ce livre se lit comme une encyclopédie de l?âme russe, « un mélange de vodka, de neige et de sang, avec six cuillerées de sucre ».
Sorokine Vladimir ; Coldefy-Faucard Anne ; Dudoign
Les espaces de la RussieJournal littéraire Michel CrépuEtudes, reportages, réflexions: Martin de Viry Un moment nuJean-Paul Clément: Le concile lu par les Deux Mondes IIChronique diplomatique: Françaois Bujon de l'Estang La politique étrangère russe et ses démonsLes espaces de la Russie: Vladimir Sorokine: Les rêves de l'oursThomas Gonart: Fragile colosse d'un monde multipolaireAnnick Steta: la puissance en trompe l'oeil de l'économie russeStéphane A. Dudoignon: Un kaléidoscope d'espaces confessionnelsAurélie Julia: Une tache blanche dans l'espace rougeLuba Jurgenson: Paysages du désastreHélène Mondon: Le Grand Nord des dékoulakisésAnne Coldefy-Faucard: Géographie du mytheNikolaï Gogol: Inédit De la géographie (enseignée aux enfants)Critiques: Jean-Philippe Rossignol: Eclise de TolstoïIsabelle Danto: Roland Petit: "La ronde des artistes"Mihaï de Brancovan: Bayreuth, entre sagesse et folieJean-Luc Macia: Greif, compositeur énigmatique et fascinantNotes de lecture: Eugène-Victor de Voguë par Aurélie Julia, Bernard Quiriny par Juliette Joste.
Moscou, 2028. Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie un contrôle totalitaire absolu. Equipés d'une technologie ultra-moderne, les opritchniks plongent le pays dans un féodalisme sanglant. Parmi eux, Komiaga, qui, entre deux séances de prière ou d'orgie, liquide un aristocrate, détourne des fonds à la frontière chinoise ou enquête sur un poème calomniant le gendre du souverain...
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.