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Kronstadt 1921. Soviets libres contre dictature de parti
Skirda Alexandre
SPARTACUS
23,00 €
Épuisé
EAN :9791094106204
Février 1921 : alors que le régime communiste sort vainqueur de la guerre civile qui s'achève et à laquelle va succéder une effroyable famine, il doit faire face au mécontentement de la population ouvrière et paysanne, plongée dans le plus grand dénuement et privée de toute liberté d'expression et d'association. C'est pour soutenir les ouvriers de Petrograd qui se sont mis en grève tout au long de ce mois de février pour protester contre la pénurie extrême à laquelle ils doivent faire face que les marins, les soldats et les ouvriers de l'île de Kronstadt se sont réunis et ont dressé une liste de revendications. Au premier rang de celles-ci, ils placent le rétablissement des libertés fondamentales pourtant inscrites dans la constitution de 1918 : les droits d'expression, d'association, de réunion ; le vote à bulletin secret ; l'élection dans ces conditions de nouveaux soviets ; les libertés de changer d'emploi et de se déplacer ; la fin des privilèges du parti communiste et la suppression de la police politique. Alexandre Skirda ne fait pas que décrire cette éphémère tentative de rétablir la démocratie soviétique et la répression féroce qui s'abattra sur elle "une nécessité tragique" écrira plus tard Trotski, cherchant à minimiser son rôle mais le justifiant toujours faisant appel à des documents et témoignages inédits. Il la replace dans la lignée des affrontements qui ont opposé depuis 1918 ouvriers et paysans au pouvoir communiste et il retrace la façon dont les historiens, aussi bien soviétiques qu'occidentaux, ont rendu compte de cet épisode au plus haut point représentatif de la nature de ce pouvoir. Mars 1921 : une Commune pour la renaissance des soviets Cette révolte des marins, soldats et ouvriers de l'île de Kronstadt ne dura guère plus de deux semaines et fut noyée non seulement dans le sang, mais aussi sous un flot de calomnies. Mais par ses causes, son déroulement et sa répression, elle permet, replacée dans son contexte, de comprendre très précisément la nature et les instruments du régime mis en place par les bolcheviks après Octobre 1917.
L'honneur et la gloire des Kronstadiens, en défendant le pouvoir authentique des soviets librement élus et non le pouvoir des partis, furent d'avoir démontré au monde entier comment, tranquillement et sans violence, le peuple laborieux peut mener la lutte vers son émancipation totale. Kronstadt a coûté cher aux communistes. La chute de Kronstadt est leur chute. Ils peuvent fusiller les Kronstadiens, mais ils ne pourront jamais fusiller la vérité de Kronstadt. - Stépan Maximovitch Pétrichenko, 1921, président du comité révolutionnaire provisoire de Kronstadt -
La chute de l'URSS en 1991 a révélé au monde ce qu'on lui avait toujours caché en nommant indistinctement Russes ses habitants, alors que sous le glacis soviétique se trouvaient de nombreux pays et peuples dont on ne connaissait que peu de choses. En particulier l'Est européen, à savoir La Russie actuelle et ses voisines la Biélorussie et l'Ukraine, qui composaient dès le IXe siècle un ensemble slave homogène, parsemé de cités indépendantes les unes des autres et autogouvernées par le Vétché, leur institution de démocratie directe, mais reliées entre elles dans leur défense par des mercenaires varègues (suédois). Les luttes intestines de ces derniers affaiblirent le pays et permirent au XIIIe siècle sa conquête par les nomades mongols. L'une des cités, Moscou, se substitua peu à peu par l'intrigue au pouvoir du grand khan mongol, devint la Moscovie et son grand-prince se proclama au XVIe siècle Tsar de toutes les Russies, héritier de l'Empire byzantin. Il adopta le système de gouvernement connu sous le nom de despotisme byzantino-asiatique, asservissant la population et conquérant un immense territoire que certains appellent désormais l'Eurasie. Son descendant, Pierre le Grand, instaura en 1703 l'Empire russe. A cette occasion, il étendit la peine de mort applicable à 200 cas, tandis qu'à l'origine elle n'existait pas, tout comme les tortures et châtiments corporels. Se référant à de nombreuses sources originales, l'auteur rétablit l'histoire escamotée d'un peuple devenu étranger à lui-même. Au rebours de toutes les histoires conventionnelles publiées jusqu'ici, il fait uvre neuve en déconstruisant les faits historiques depuis les débuts de l'ancienne Russie - la Rouss - jusqu'à l'abolition du servage-esclavage en 1861. Après cette lecture, on comprendra mieux que la fameuse "âme russe" représentait en fait la nostalgie des libertés originelles perdues.
Nestor Ivanovitch Makhno (1888-1934) est issu de la paysannerie pauvre d'Ukraine orientale, berceau des Cosaques zaporogues. Sous son impulsion, entre 1917 et 1921, le groupe communiste libertaire de Gouliaï-Polié prit la tête du formidable mouvement insurrectionnel paysan dont l'intervention contre les troupes d'occupation austro-allemandes, puis contre les armées blanches, infléchit de manière décisive le cours de la guerre civile russe. Mais l'épopée de la guerre des partisans ne constitue qu'un aspect de l'histoire de la Makhnovchtchina. Makhno et les siens se battaient pour un nouvel ordre social "où il n'y aurait ni esclavage ni mensonge, ni honte, ni divinités méprisables, ni chaînes, où l'on ne pourrait acheter ni l'amour ni l'espace, où il n'y aurait que la vérité et la sincérité des hommes". Sur un territoire de deux millions et demi d'habitants affranchi de tout pouvoir d'État, ils formèrent des communes agraires autonomes dotées des organes d'une démocratie directe: soviets libres et comités de base. Les insurgés makhnovistes croyaient sauver la révolution russe et mondiale - car ils ne luttaient pas seulement pour leur compte - et s'aperçurent trop tard qu'ils faisaient le jeu de la dictature d'un Parti-État dont les objectifs s'opposaient radicalement aux leurs. Malentendu tragique, non seulement pour eux-mêmes mais pour le projet révolutionnaire du xxe siècle - jusqu'à nos jours.
Il y a plus d'un demi-siècle que le nazisme a été écrasé militairement. Pourtant, les fascismes italien et, surtout, allemand, continuent à susciter débats et interprétations qui ne se limitent pas à l'établissement des faits historiques. Aujourd'hui encore, l'antifascisme affirme la nécessité d'une mobilisation constante contre ce qui resterait un danger suprême. Alors, le nazisme est-il le fruit d'une période historique particulière, ou s'exprime-t-il, partout dans le monde, dans chaque manifestation de la terreur d'État ? Partant du constat que les classes dirigeantes durent mettre fin précipitamment à la Première Guerre mondiale sous la menace de la révolution, l'auteur évalue la validité des différentes thèses en présence à la lumière de cet événement fondamental et de ses conséquences. Il passe ainsi en revue tous les thèmes en débat, des origines idéologiques du fascisme au rôle qu'a joué la petite-bourgeoisie dans son avènement, des particularités du système économique nazi à l'extermination des juifs d'Europe, de la Guerre d'Espagne à l'antifascisme d'aujourd'hui. Car l'enjeu de cette histoire sans cesse réécrite, c'est le jugement qu'on peut porter sur la société actuelle, sur les menaces qu'elle renferme et sur les conditions de sa transformation radicale. Celui qui cherche à relier le nazisme et ses séquelles aux combats d'aujourd'hui trouvera ici un guide critique extrêmement riche, avec pour fil conducteur l'échec de la révolution communiste.
Fille de commerçants juifs, Rosa Luxemburg naît en 1871 à Zamosc en Pologne. Théoricienne marxiste, son activité militante au sein du parti socialiste révolutionnaire « Prolétariat », menée en parallèle de ses études au lycée de Varsovie, l oblige à s exiler en Suisse très jeune. Elle poursuit à Zurich des études d économie politique, lance le journal La Cause ouvrière et cofonde le Parti social-démocrate du royaume de Pologne. Naturalisée allemande, elle s installe en Allemagne en 1898 et s engage au Parti socialdémocrate. Elle rejoint également la Deuxième Internationale, où elle anime l aile gauche marxiste, s opposant aux tendances réformistes de Bernstein ou Millerand. Lorsque la Révolution éclate en Russie, Luxemburg regagne la Pologne pour participer à l élan insurrectionnel. Arrêtée, elle manque d être exécutée. De retour en Allemagne en 1906, ses prises de position antimilitaristes lui valent deux nouvelles arrestations et plusieurs séjours en prison. C est la révolution allemande qui la délivre en 1918. Exclue du SPD, elle s investit alors clandestinement dans l organisation du mouvement révolutionnaire spartakiste qui se déclenche le 5 janvier 1919. Cependant l insurrection échoue et subit une sanglante répression de la part des sociaux-démocrates nouvellement à la tête du pouvoir. Rosa Luxemburg est alors arrêtée, avant d être exécutée le 15 janvier.
Il y a une quarantaine d'années, Daniel Guérin préfaçait ainsi un premier recueil de textes sur le communisme libertaire:"C'est à toi, jeunesse d'aujourd'hui, que je dédie ces essais. Je sais que tu te détournes des idéologies et des mots en"isme", que la carence de tes aînés a fini par rendre creux. Je sais que tu nourris une méfiance tenace à l'égard de tout ce qui touche à la"politique"... Je sais que le"socialisme", si souvent trahi par ceux qui s'en réclament, suscite ton juste scepticisme. Mais ce qui te détourne du socialisme, nous dis-tu, ce n'est pas la perspective de mettre fin à l'oppression de l'homme par l'homme, ce sont"les bureaucrates et les purges". Dans ta majorité, tu as un sentiment très vif de l'injustice sociale et, dans tes rangs, nombreux sont ceux qui ont conscience que"le capitalisme est condamné". Le communisme libertaire, face à cette vieillerie banqueroutière qu'est le socialisme jacobin autoritaire et totalitaire, est marqué du signe de la jeunesse. Non pas seulement parce qu'il est le secret de l'avenir, le seul substitut possible, à la fois rationnel et humain, à un régime économique historiquement condamné, mais aussi parce qu'il correspond aux aspirations profondes, bien qu'encore confuses, de la jeunesse d'aujourd'hui, sans la participation et l'accord de laquelle il serait vain de prétendre reconstruire le monde." Aujourd'hui aussi, nombreux sont ceux qui ressentent l'urgence d'arracher notre monde à la rapacité des possédants et à la dictature de leurs bandes armées. S'il n'y a ni programme miracle, ni guide infaillible pour y parvenir, ces textes de Daniel Guérin nous apportent cependant des leçons tirées de deux siècles de luttes pour l'émancipation sociale, des leçons qui éclairent les combats à mener pour bâtir un monde nouveau.
Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.