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Le travail associatif
Simonet Maud ; Hély Matthieu
PARIS OUEST
20,00 €
Épuisé
EAN :9782840161240
Extrait de l'introduction généraleEn mars 2010 des salariés d'Emmaüs se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail, grève qui a été largement médiatisée et qui a donné une certaine visibilité dans l'espace public à ces travailleurs associatifs. Un mois plus tard naissait ASSO, Action des salariés du secteur associatif, le premier syndicat de salariés associatifs regroupés sur la base de leur appartenance commune aux organisations relevant de la loi de 1901, au-delà de leurs différences sectorielles.Le monde associatif n'est plus ce qu'il était diront les uns! À tout le moins ne peut-il être uniquement pensé et a fortiori analysé comme un monde d'engagement et de citoyenneté. Fort d'un million et demi de salariés, soit l'équivalent de la fonction publique territoriale, le monde associatif est aussi un marché du travail, aux formes d'emplois et aux conditions de travail pour le moins variées. Si l'on y ajoute les 14 millions de bénévoles recensés par Viviane Tchernonog, aujourd'hui rejoints par nombre de volontaires aux «statuts d'engagement» pour le moins diversifiés, et plus ou moins dérogatoires au droit du travail, il peut être aussi analysé comme un monde du travail invisible dans lesquelles les frontières entre travail et engagement ne sont ni totalement stabilisées ni forcément les mêmes pour toute(s). Intéressant à analyser en «interne», le travail associatif mérite aussi d'être étudié à ses frontières, dans le commerce qu'il entretient avec l'État et la fourniture de service public comme dans les rapprochements qu'il construit et développe de façon croissante avec le monde de l'entreprise.C'est par ces trois entrées, qui composent les trois parties de l'ouvrage, que les textes ici réunis se proposent d'analyser le travail associatif.La première partie s'intéresse, en effet, aux travailleurs du monde associatif, qu'ils se situent dans l'emploi salarié, au-delà ou en deçà de ce statut. Les salariés stables et précaires, en CDD et en CDI qui travaillent dans les associations seront ainsi analysés mais aussi les bénévoles, les stagiaires ou les volontaires qui s'y engagent et contribuent, de façon plus ou moins visible, à ce travail associatif.Le travail associatif peut être appréhendé de diverses manières en fonction des représentations de l'activité productive que l'on mobilise, des méthodes déployées pour le saisir empiriquement et enfin du registre d'écriture utilisé. Les auteurs conviés dans ce chapitre illustrent parfaitement cette pluralité des regards analytiques. Ainsi, pour Mathieu Narcy, qui adopte une approche économétrique, le travail associatif pose problème à l'économiste qui envisage l'activité productive comme «désutilité», c'est-à-dire comme effort impliquant une dépense d'énergie. En effet, le salarié associatif, bien que significativement moins rémunéré «toutes choses égales par ailleurs» par rapport à son homologue du secteur marchand, fournit un effort comparable. La seule incitation monétaire ne permet donc pas d'expliquer l'intensité de son implication au travail. Francis Lebon et Emmanuel de Lescure mobilisent également l'outil statistique à des fins descriptives de deux groupes professionnels, dont les membres sont fréquemment employés par des organisations associatives. En dépit de l'existence de conventions collectives spécifiques, les auteurs montrent que les métiers qui y sont affiliés ne sont pas pour autant à l'abri de la précarité salariale. Précarité qui caractérise également la condition des stagiaires telle qu'elle a pu être «démasquée» par Julien Bayou et Fanny Castel, membres du collectif Génération précaire. Les associations usent (et parfois abusent) de ces travailleurs non pleinement reconnus comme tels, souvent employés dans le cadre des nombreuses formations universitaires labellisées «économie sociale et solidaire». Rebecca Taylor, enfin, est l'auteure qui aborde le plus frontalement la problématique transversale à l'ensemble des contributions: travailler dans le monde associatif fait-il l'objet d'un choix libre et réfléchi ou d'une contrainte intériorisée? En mobilisant la notion d'habitus forgé par Bourdieu, la sociologue anglaise fait apparaître que le travail bénévole n'est pas indépendant des rapports de genre et de classe.
Dirigée par Bernard Friot, la collection "Travail et salariat" analyse le travail en acte et les perspectives qu'ouvrent les institutions du salariat en matière de statut social des personnes et de production de la richesse. Une nouvelle loi sur le service civique. 14 millions de bénévoles en France...: bénévolat et le volontariat s développent et se diversifient. Mais dans l'expérience des bénévoles, les politiques publiques et les pratiques associatives n'est-il question que d'engagement et de citoyenneté? Ne faut-il pas aussi. et peut-être avant tout voir là du travail? Le travail bénévole: travail libre et idéal pour les uns. et tremplin obligatoire vers l'emploi pour les autres? Le nouveau statut du volontariat: engagement citoyen pour tous ou sous-emploi pour certains? Cet ouvrage analyse le travail bénévole et ses enjeux sociaux et politiques. en s'appuyant sur plusieurs enquêtes de terrain sur le bénévolat et le volontariat en France et aux Etats-Unis. Il s'intéresse aux usages de ce travail invisible de la part des acteurs qui s'y engagent. des pouvoirs publics qui les soutiennent et des organisations dans lesquelles il s'exerce. En articulant ces différentes échelles d'analyse. il met en lumière le rapport ambivalent que le travail bénévole entretient avec le travail salarié. Ce portrait du bénévole en travailleur. qui nous interroge sur les contradictions de l'engagement. et sa capacité à produire de la précarité. ainsi que l'analyse de la "bénévolisation du travail" auquel il aboutit. s'adresse à tous ceux qui fort vivre et analysent le monde associatif. mais aussi à ceux qui souhaitent réfléchir aux transformations du travail aujourd'hui.
Cet ouvrage est paru en 1973. Depuis. des initiatives institutionnelles du Champ freudien se sont multipliées. malgré les lourdeurs administratives croissantes. Ces institutions ne cèdent en rien aux prétentions des sectateurs du cognitivisme ni au règne du chiffre. Alors que les protocoles préconisent d'éduquer. à bas prix enfants et adolescents en souffrance et leur. parents. au nom d'hypothèses génétiques et neurobiologiques dont la vérification reste à faire, ces institutions demeurent thérapeutiques. Cette éducation impossible. c'est dire, comme on sait. l'un des trois impossibles repérés par Freud. La psychanalyse. grâce au tranchant que lui assure l'enseignement de Jacques Lacan, invente donc des lieux susceptibles de -sauvegarder (pour chacun] la chance d'acquérir un savoir I...l sur son désir inconscient - (p. 198). Nombreux et diversifiés, ces lieux résistent à une bureaucratie prise par l'illusion cognitiviste - à ses promesses (heureusement) utopiques et ses (trop) souvent) tragiques dégâts subjectifs. Ils démontrent que la clinique sous transfert relève d'un lien qui requiert une Formation rigoureuse des praticiens. Ils forment en Europe le Réseau International des Institutions de Psychanalyse Appliquée (RIPA). L'expérience de l'école de Bonneuil et Education impossible font partie de ses antécédents Biographie: Maud Mannoni (1923-1998) fonde l'école expérimentale de Bonneuil en l969. Après la dissolution de l'EFP, elle crée le CERP puis. en 1994, l'Espace analytique. Elle est l'auteur, combative et inventive. de plusieurs ouvrages parus au Seuil et chez Denoël, dont le premier inaugura cette collection en 1964
Résumé : Depuis les années 1970, la "découverte" du travail domestique comme travail a bouleversé les analyses de nos sociétés contemporaines. Dans ce sens, l'analyse féministe du travail domestique a constitué une véritable rupture d'intelligibilité pour au moins trois sous-champs de la sociologie : la sociologie de la famille, la sociologie du travail, et la sociologie politique, rupture que cet ouvrage se propose d'étudier. Dans un contexte dans lequel les questions féministes reviennent sur le devant de la scène politique et médiatique, ce livre propose à la fois un bilan des mobilisations féministes et des travaux sur le travail domestique et de leur apport à l'analyse de la famille, de l'espace professionnel et de l'espace politique.
Que peuvent bien avoir de commun l'abstentionnisme électoral, les usages de l'arme aérienne et le processus de consécration de l'oeuvre de Jacques Derrida ? Rien, assurément, si ce n'est d'avoir donné lieu à une comparaison entre la France et les Etats-Unis. A en juger d'après le nombre et la variété de ses objets, la comparaison franco-américaine s'apparente même à une figure imposée, alors que sa raison d'être, le plus souvent, demeure dans l'ombre. Oui plus est, les travaux en question sont généralement menés en ordre dispersé. De l'autre côté du miroir vient donc pallier un manque, en proposant tout d'abord un panorama structuré des comparaisons entre les deux pays, qui porte aussi bien sur leurs modalités que sur les principaux résultats obtenus. La suite de l'ouvrage réunit une quinzaine de textes novateurs relevant de la sociologie et de la science politique, mais aussi de l'histoire, de la philosophie et du droit. Les thèmes abordés sont le rapport à l'altérité, les formes et frontières de l'Etat, les mobilisations politiques et les circulations transatlantiques. Par-delà les différences qui les séparent, les textes rassemblés démontrent par l'exemple qu'il est possible de comparer la France et les Etats-Unis sans verser dans un culturalisme réducteur ni se borner à illustrer les évidences du sens commun.
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Résumé : Les livres sont aussi des bibliothèques. Dans la salle de lecture de celle que constitue celui-ci, on peut croiser, entre autres, Thomas Bernhard, André Breton, Blaise Cendrars, Pascal Quignard, Pierre Michon ou encore Philippe Sollers, qui y forment une petite communauté provisoire. Chacun de ces lecteurs singuliers vient là pour des raisons diverses : pour voyager, dénombrer, rêver ou encore interpréter. On y rencontre aussi l'auteur qui s'interroge sur cette étrange passion lire dont il soupçonne qu'elle cache quelque chose. Il semble que chacun de ces lecteurs ait trouvé dans le livre un objet d'amour. Un objet d'amour qui en remplace un autre.
La première partie de l'ourvage : La contribution de philosophie politique de Stéphane Haber met en discussion la trilogie que Schmitt considère comme fondatrice des sociétés politiques : prendre/partager/exploiter, pour en proposer une alternative : donner/posséder et gérer en commun/préserver, en s'appuyant notamment sur l'anthropologie du don et la théorie des communs. Sa conclusion vise néanmoins à mettre en garde contre toute tentative de réduction du réel à un modèle théorique pur. Le chapitre écrit par Pierre Crétois considérant la philosophie du droit de propriété, critique l'approche courante selon laquelle le droit de propriété comme contrôle absolu de l'individu sur son bien est un élément essentiel d'une théorie de la justice. Il montre que les différentes formes d'appropriation expriment et régulent des relations sociales quant aux ressources. Maxime Desmarais-Tremblay, proposant une étude de philosophie de l'économie, analyse, dans sa contribution, les prolongements qu'a connus un des concepts dû à Richard A. Musgrave, ayant fait l'objet d'une forte polémique parmi les économistes, à savoir celui de "bien méritoire" . En particulier, il vise à clarifier les différents arguments ayant été mobilisés jusqu'à aujourd'hui pour justifier la non-appropriation privative de ce type de biens. Martin Deleixhe, se plaçant sur le terrain de la théorie politique, met en lumière l'intérêt des tenants de la démocratie radicale pour les biens communs, pour autant que ces derniers sont associés à une autogestion durable de la production, réinstituant les parties prenantes en maîtres de leur propre destin. L'autogestion des biens communs apparaît alors comme la forme de référence du renouvellement des pratiques démocratiques. La deuxième partie de l'ouvrage : Tout d'abord, Léa Eynaud, entend revenir sur le problème de la fondation politique de la catégorie de biens communs. Plus précisément, son article vise, au travers d'une approche de sociologie pragmatiste, à étudier les pratiques d'acteurs qui s'engagent à contre-sens de la privatisation des ressources, notamment avec les cas d'une coopérative de fourniture d'énergie renouvelable (Enercoop) et d'une ressourcerie. Rémi Schweizer, quant à lui, se propose de revenir aux expériences historiques des communs en les explorant sous l'angle des dynamiques d'appropriation qu'elles impliquent. L'enjeu consiste à repartir du terrain pour en tirer certains enseignements pour les communs modernes. Le cas des Alpes suisses est pour ce faire mobilisé : à travers l'exemple des Bisses Valaisans, c'est-à-dire d'un réseau d'eau entretenu et utilisé au sein d'une communauté agricole. Loin d'échapper aux logiques d'appropriation et d'exclusion, l'enchevêtrement de droits qui accompagnent l'exploitation des bisses ne repose ni sur une négation de la propriété, ni sur une subversion qui romprait avec une tradition exclusiviste. Les bisses se rapprochent au contraire, à certains égards, de biens clubs au sein et à la marge desquels les relations de pouvoir et les inégalités doivent être interrogées. Le texte de la politiste, Eleonora Gentilucci, présente les arguments des opposants à la "biopiraterie" , cette appropriation privée de semences qui sont considérées comme un bien commun de l'humanité. Un panorama des actions menées face à cette menace pour la biodiversité entend montrer l'efficacité de cette action quand elle est d'abord menée au niveau local. Natalia Frozel Barros, enfin, fait une analyse politique l'évolution du principe juridique de patrimoine commun de l'humanité gérant les ressources minières des fonds marins. D'abord élaboré dans un souci de communalisation de ces fonds, qui visait à empêcher une appropriation par les Etats, à réduire les inégalités internationales, et même à promouvoir la paix mondiale, celui-ci s'est orienté vers la possibilité d'une marchandisation et d'une appropriation étatique qui ne dit pas son nom. L'auteur mène cette étude en analysant les discours des négociateurs, qui disent vouloir s'adapter à la conjoncture internationale alors que ce sont eux qui participent de cette évolution libérale.