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Les grandes villes et la vie de l'esprit
Simmel Georg ; Ferlan Françoise
L'HERNE
9,60 €
Épuisé
EAN :9782851976864
Ce n'est plus l'homme en général qui fait maintenant la valeur de l'individu, mais justement l'unicité et l'originalité des qualités de chacun. L'histoire de notre temps est celle de la lutte entre ces deux manières de définir le rôle du sujet à l'intérieur de l'ensemble, celle de leurs imbrications variables. La fonction de la ville est de faire place à la querelle et aux tentatives d'unification de ces deux tendances dans la mesure où le contexte particulier qu'elle représente leur donne à toutes les deux des occasions et des raisons de se développer. Par là, elles acquièrent une place unique et riche d'une infinité de sens dans l'évolution du psychisme, elles s'avèrent être parmi ces grands produits de l'histoire où les courants opposés de la vie se rencontrent et s'épanouissent à part égale. G. S. . . Philosophe et sociologue allemand, il apparaît comme le fondateur de la sociologie formelle. Cette notion, d'origine kantienne, implique selon Simmel, une organisation du réel à l'aide de modèles permettant d'interroger et d'interpréter la réalité sociale, conception à l'opposé de celle de Durkheim qui cherche à déterminer des lois empiriques et universelles. Ses livres relèvent autant de la philosophie des sciences sociales que de la macrosociologie, de la micro-sociologie, de l'épistémologie des sciences historiques.
Résumé : "Je sais que je mourrai sans héritiers spirituels (et c'est bien ainsi). Mon héritage est semblable à une somme d'argent que l'on partage entre un grand nombre d'héritiers ; chacun transforme sa part en un bien quelconque, qui correspond à sa nature à lui : un bien dont on ne reconnaît pas qu'il provient de cet héritage-là".
Résumé : Assez rares sont les philosophes qui tentent de penser, de façon approfondie, l'art ou l'activité des acteurs. Beaucoup font référence aux comédiens, surtout chez les modernes, mais peu se risquent à caractériser cette façon particulière d'agir, de travailler ou d'être qu'on appelle " le jeu ". Georg Simmel, philosophe et sociologue allemand (1858-1918), propose, lui, un examen attentif de cette question, conscient d'approcher là une des plus troublantes énigmes de la philosophie de l'art : comment se manifeste la singularité personnelle de l'acteur, puisqu'il lui faut apparemment se couler dans les prescriptions très contraignantes d'un texte écrit et d'un rôle ? Comment penser ce surprenant alliage d'objectivité (le texte) et de subjectivité (le tempérament) qui doivent trouver dans le jeu une apparente harmonie ? Quelle sorte de création, quelle ?uvre en résulte ? Denis Guénoun propose une introduction à cette réflexion, en situant la problématique de Simmel par rapport à certaines de celles qui l'ont précédée, et en essayant donc d'en apprécier l'originalité.
Rome, Florence, Venise réunit 3 essais qui furent publiés en volume après la mort de Simmel, en 1922. Simmel s'y montre plus proche du "flaneur" de Benjamin, qui va "herboriser sur le bitume" que des sociologues contemporains. Considérant chaque ville comme une oeuvre d'art, il assume une position de "touriste pensant", qui médite sur ce que la ville donne à voir et cherche à définir la tonalité affective de chaque cité.
Résumé : " La croyance aux vérités du salut doit encore être autre chose qu'une opinion théorique, en raison de sa portée pratique. Car, si même on possédait ce qui en constitue le degré le plus élevé, à savoir l'omniscience, on serait encore exposé, en principe, à la possibilité du changement d'opinion, comme c'est le cas pour nos connaissances les plus sûres. ( ... ) Nous avons besoin, à cette fin, d'un point fixe, qui réponde à la durée de notre sentiment du moi, puisque c'est précisément ce moi qu'il faut défendre et sauver. Il faut donc que cet intérêt ait une base qui, au delà de tout ce qui est théorique, - pour assuré que ce soit, - ne soit pas autre chose que la croyance en un homme, croyance qui, indubitablement, contient un élément religieux de première importance. Cette croyance elle-même ne signifie cependant pas que nous croyons à l'existence de cet homme; elle ne signifie même pas que nous croyons à l'existence en lui de certaines propriétés concrètes; elle consiste dans le fait d'une attitude interne qui nous est propre, et qui manifeste notre côté de notre relation à lui. Et elle manifeste ce caractère exactement comme fait la croyance religieuse : la croyance en un homme peut nous attacher à lui plus étroitement que tout ce que nous savons de lui démonstrativement, peut triompher de toutes les preuves théoriques de ses erreurs, ou plus exactement s'émouvoir aussi peu de ces preuves que d'événements se passant dans un pays lointain, qui parle une langue étrangère. "
C'est parce que le mutisme des voix animales est une sorte de fleuve des enfers, un Achéron, que j'ai souhaité intituler cet exposé"Le rameau d'or". On découvre en effet, chez Virgile et Michelet, dans le lien que l'historien entretient au poète, l'évocation d'une secrète analogie entre les animaux et les morts, entre les endormis que sont les animaux et les à demi vivants que sont pour nous les morts. Autres qu'il est difficile, voire dangereux d'approcher. Avant de les rencontrer, il faut se munir d'un mot de passe, d'un schibboleth, d'un rituel, d'un instrument orphique, ce qui n'exclut cependant pas l'effort et l'endurance. C pouvoir énigmatique, on peut le nommer indifféremment, finesse de l'oreille ou don de la traduction. La grâce est accordée à certains et refusée à d'autres, qui permet d'entendre et de comprendre le parler des à jamais silencieux, et d'administrer un remède à cette immémoriale séparation entre les bêtes et les hommes qu'on nomme pompeusement la différence zoo-anthropologique." Elisabeth de Fontenay.
Le train ralentit et s'arrêta dans un grincement de douleur. Pendant un moment, on n'entendit plus rien que le crachotement de la mitraillette. C'est alors que, d'une voix forte el pleine d'angoisse, je m'exclamai : "Des bandits !" "Bandidos !" hurla la fille. "Bandidos !" répéta sa mère, et ce mot terrible se répercuta de wagon en wagon. S'ensuivit un mouvement de panique bouffonne. Tous les passagers de notre compartiment se jetèrent au sol, dans un méli-mélo de bras et de jambes. Seule la mère garda son sang-froid. Elle se leva et, méticuleusement, entreprit de placer ses trésors en lieu sûr. Elle enfouit une bague dans son chignon et, faisant fi de la pudeur, releva ses jupes pour dissimuler dans ses culottes un peigne perlé. Les charmantes demoiselles du compartiment voisin faisaient entendre des pépiements de détresse. Dans le couloir, les officiers s'affairaient, aboyant des ordres et se bousculant les uns les autres...
Parmi les philosophes français contemporains, André Comte-Sponville occupe une place très particulière. Il fut une sorte d'éclaireur, sinon de pionnier. Par la simplicité et l'élégance de son écriture, par son souci de clarté, il a su rendre la philosophie accessible à un public élargi. La philosophie entendue stricto sensu. Car il est un philosophe à part entière, sorti des meilleures écoles, qui a construit au cours des années une philosophie ambitieuse et forte (en particulier morale), à travers divers ouvrages dont quelques traités. C'est l'un d'entre eux, sans doute le moins "technique", le Petit traité des grandes vertus, paru en 1995, qui lui assura une audience considérable, au-delà même de nos frontières.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.