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De la maison jaune
Sicard Jacques
BARQUE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782917504604
Parmi une quinzaine de titres parus, ce quatrième livre de Jacques Sicard (né en 1949) à La Barque est un livre de souvenirs et de cinéma, tout à la fois Journal composé, écrits convoquant la Vieille Charité à Marseille et la salle de cinéma que ce lieu abrita ; des écrivains, des poètes, des musiciens, le peintre Paul Cézanne et le cinéaste portugais João César Monteiro auquel le titre de cet ouvrage rend hommage et fait référence à son film précisément intitulé "Souvenirs de la maison jaune". Textes de pensées à l'exigence poétique et politique. Livre d'envergure, de passages dans les conduits de ses CLXIX (169) séquences, De la maison jaune, oscille entre Journal & Mémoires, texte réflexif & poésie. S'y égrènent aussi bien des souvenirs - d'un lieu chargé d'histoire (édifié au xviie siècle, on décida, à la suite de l'édit royal sur "l'enfermement des pauvres et des mendiants" , d'y enfermer les pauvres natifs de la ville), soit la Vieille Charité sise au coeur du quartier du Panier à Marseille qui hébergea une salle de cinéma que l'auteur a fréquentée, au nom évocateur, Le Miroir ; de ce lieu donc et des films qu'il y a vus, à commencer par "Souvenirs de la maison jaune" de João César Monteiro, où il va sans dire s'origine le titre de ce livre... -, que des pensées (tour à tour poétiques, vpolitiques, esthétiques...), non sans cette "affection sérieuse" , "épreuve du temps sur le désir" qu'est la mélancolie. Pensées qui par jeu, du fait même de se le raconter, sont parfoisvattribuées à d'autres : Monteiro tout particulièrement à qui l'auteur prête celles qu'il s'imagine avoir été les siennes, ou encore de Paul Cézanne, dont, au passage de certaines oeuvres dont il rend compte, il imagine ce que lui-même aurait pu en dire. Ainsi de solitaire Jacques Sicard s'entoure de voix, fantômes en son esprit - "fantôme" à un moment, au passage d'un passage, défini comme "un être qui surgit jusqu'à se rendre palpable : par les ailes tactiles des oiseaux, par la brume qui descend des montagnes, par le changement de régime du sang". (L). Ca griffe, émeut, surprend, conduit... Sans doute le livre, et l'on espère pas le dernier, le plus important de son auteur, se terminant par ces mots : "La dernière poignée de main est toujours la plus douce". Un manière en plus de rappeler à La Barque le livre de João César Monteiro.
Trois auteurs, Alain Jugnon, Jacques Sicard et Philippe Blanchon se livrent à des échanges de textes partant du cinéma. La littérature, la politique, la peintre aussi parcourent ces fragments de proses, de journaux, de lettres, de traductions. Ils se prolongent entre eux, se répondent s'autorisant toutes les formes et toutes les digressions.
Le principe de ce livre de Jaques Sicard, "Vingt-cinq photographies de Chris Marker", est simple, mais exigent : l'auteur est parti de vingt-cinq photographies de Chris Marker, parmi un nombre considérable retenues (800, en tout, nous est-il précisé, prises dans vingt-six pays entre 1955 et 1965) extraites de son film "Si j'avais quatre dromadaires" (dont on sait que le titre a été repris d'un vers d'Apollinaire). De ce face à face, en regard de chacune, il a composé autant de "notes émodescriptives" , ainsi justement définies puisque guidées par des ensembles d'effets non prémédités. Ces "notes", que précède une introduction et que prolonge un prologue, font figure elles-mêmes de photographies d'où parties, elles s'éloignent, autrement dit auxquelles elles renvoient tout en se donnant à lire indépendemment.
Conrad Aiken (1889-1973), avant tout poète, mais aussi romancier?, nous livre ici l?une de ses nouvelles les plus bouleversantes. Nous pénétrons dans un royaume de neige perçu et éprouvé par le jeune Paul Hasleman, âgé de 12 ans. Peu à peu happé par la magie de son monde, Paul éprouve les plus grandes difficultés à répondre aux nécessités du quotidien, aux questions qu?on lui pose à la maison avec ses parents, à l?école avec la maîtresse d?école, puis avec le médecin contre le pouvoir duquel, surtout, il se voudrait ne pas faire figure « d?un cas ». Paul cherche à préserver son secret (le secret de la neige), sans blesser, cependant qu?il lui devient aussi de plus en plus difficile de le taire? Dans ce texte inouï, où la folie côtoie le conte, rien n?est enfermé. Merveilleux.