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Dans la montagne d'argent
Sibran Anne
GRASSET
21,20 €
Épuisé
EAN :9782246803119
Diable, écoute: j'ai cessé de gratter. Les ongles arrachés, du sang au bout des doigts. Je ne cogne plus ce bloc énorme, assis droit sur ma jambe. Je ne crie plus, j'ai plus de voix.Tu me tiens, mauvais frère. Et je te sens autour de moi. C'est rien pour toi la roche, tu la perces comme un vent. Tu y trottes. J'ai pas ma lampe, mais je te vois... Immense, le torse nu, la peau rougeâtre. Ce pénis démesuré, noué autour des hanches. Et ces pattes griffues au bout du pantalon.Tu renifles, et la nuit rampe devant toi. Tu t'approches. Et l'on dirait qu'une porte s'ouvre. L'obscurité frôle mon visage comme un rideau mouillé.Tu es là.Qu'as-tu prévu pour moi. Ici, à mille pieds sous terre? Une mort brève, une mort lente? Est-ce que l'air va tourner bientôt, quand le gaz nous prend?Le temps de rien, dans ces vapeurs d'arsenic. Ni de courir, ni de tousser. Une minute à peine: le temps que le nez coule un peu, que les yeux enflent encore. Jusqu'à glisser hors des paupières. Pendre devant.Et je sais que c'est toi qui ricanais tout à l'heure, pendant que la Montagne appuyait tellement fort sur ma cuisse, que je mordais la roche de toutes mes dents.Cette douleur d'homme, tu ne la soupçonnes pas. Car ce n'est pas seulement notre chair déchirée, mais tout ce qu'il faut laisser du monde.Tu l'entendrais, comme elle supplie, ma pauvre jambe. De chaque instant, elle se souvient...Quand je trottais, les mains devant, pour les premiers rayons de l'aube. Ce soleil presque froid, passé comme des brindilles, entre les pierres de l'enclos. Ou ces galops, après le claquement de la fronde: le ciel éclaboussé de plumes, la perdrix qui tournoie. Le picotement des herbes hautes, dans les prairies à lamas. L'eau glacée sur l'orteil des petits matins blancs...Elle voudrait encore courir, la jambe que l'on écrase.Mais la Montagne ne l'écoute pas.
Revue de presse Comment vivre avec des parents qui ont commis des atrocités contre les proches, les voisins, les camarades d'école ? Ces parents sont devenus des «bêtes d'ombre»... Seuls leurs enfants peuvent les rendre à leur humanité. Ce conte est inspiré par le génocide qui a eu lieu au Rwanda du 6 avril au 4 juillet 1994.
Résumé : "La plante t'envoie parfois le tigre. Il est comme toi, jeune et fougueux, maladroit, la patte large, percluse de griffes. Il saute sur ta poitrine et ton corps s'alourdit. Ton souffle s'éteint presque, tandis qu'il t'emporte, les yeux larges, les babines retroussées. Tu chasses avec lui. Tu t'embusques. A la nuit, ta prunelle s'élargit et la voix qui s'échappe rugissant de ta gorge résonne si loin que tu t'arrêtes parfois, te retournes et ne trouves que toi. Cette empreinte ronde sur le sable de la berge. Ce sang lapé comme un lait chaud. Cette dent vivante, impatiente de percer. Que toi, l'enfant tigre". Mêlant le fantastique à la réalité d'aujourd'hui, ce roman chamanique étourdissant est porteur d'une spiritualité immédiate et profonde.
Comment aurait-il pu imaginer ça, Pépé Moustier, sous son casque bleu horizon? L'époque n'est plus au Merveilleux. Et pourtant dans ce quartier à la Doisneau, condamné par les mâchoires des pelleteuses, le Merveilleux fait un retour fracassant sous une forme inattendue, surgie de sous les gravats.Et plus rien ne sera comme avant. Qu'on soit de la bande à Moustier, ancien combattu, deux fois médaillé, Don Quichotte des faubourgs et incorrigible hâbleur, qui "n'a pas sa calpette dans l'sac à mégots"; ou qu'on soit de la tribu bambouleuse de Mustapha, "le sacré bacoulou avec sa culotte grandes manches"... La surprise finale vaudra son pesant de loukoums. "Cré pétard! ça d'vrait yoyotter de la touffe chez les glandouilleux". Un conte actuel et savoureux qui nous rappelle, mine de rien, que le Merveilleux est toujours là, au fond de chacun, évanoui.
Résumé : " J'ai d'abord su voler. Je sais que beaucoup l'expérimentent lorsqu'ils vont s'endormir, éprouvant ce vertige irrésistible, quand le corps se débat, tournoie dans un vide sans fin. Mais pour moi c'était vrai. Tôt le matin, l'après-midi en été, le soir après l'école, un peu avant la nuit : j'affirme avoir volé tous les jours jusqu'à l'âge de huit ans. Et je conserve aujourd'hui encore une mémoire si précise de chacun des voyages, le temps, les rencontres et les sensations, qu'il me semble impossible de ne les avoir point vécus. Le rêve ne marque pas la vie avec une telle précision. Et l'eût-il fait que je m'en remettrais aussitôt à cette réalité paradoxale comme à la seule expérience authentique qui me soit jamais advenue. J'ai existé par le vol. Tout le reste, après, mérite à peine qu'on le dise. " Le vol ou l'art du vide ; le vertige ou l'art de l'abîme ; le fil ou l'art de l'équilibre : une somptueuse symphonie en trois mouvements, ou comment le principe de gravité rappelle à leur destin les âmes brisées par une enfance meurtrie.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.