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Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires
Siblot Yasmine
SCIENCES PO
27,00 €
Épuisé
EAN :9782724609868
Comment les habitants des quartiers populaires se "débrouillent-il pour s'occuper des" papiers "alors même qu'ils rencontrent nombreuses difficultés et qu'ils ont souvent le sentiment de" demander l'aumône "? C'est l'enjeu politique et social fondamental que cette enquête de terrain dans un quartier populaire de banlieue parisienne explore. L'enquête se porte ensuite sur les relations entre habitants employées des guichets - elles-mêmes proches des classes populaires -, tour à tour dans un bureau de poste, à la mairie et dans un centre social. Yasmine Siblot montre comment ces institutions localisées, s'adressant à un public varié, peuvent être perçu comme des institutions" familières ", où l'on se sent" considéré ". Enfin, quels seront les effets des réformes de" modernisation "des services aux populations des" quartiers défavorisés ", l'enquête montre que cette combinaison tend à renforcer les dimensions stigmatisantes des rapports aux administrations."
Cartier Marie ; Retière Jean-Noël ; Siblot Yasmine
A travers la question du " salariat à statut " l'ouvrage aborde de façon originale la sociologie et l'histoire des formes d'emploi, mais aussi des classes populaires. A la différence des nombreuses études consacrées aux salariés précaires, il porte sur des salariés dont la relation de travail est régie par des dispositions spécifiques (lois, règlements) comportant notamment la sécurité de l'emploi (mais aussi des droits et des protections singuliers), et se centre plus spécifiquement parmi eux sur les ouvriers et les employés. Développés à la fin du XIXe siècle puis à la Libération, les emplois à statut ont été inventés du fait de préoccupations stratégiques ou pour favoriser l'intervention économique et sociale de la puissance publique. Mais ce mode de gouvernement clé la main d'oeuvre a aussi constitué un support décisif de sécurisation des conditions d'existence et de considération sociale au sein des groupes populaires, et des formes particulières de morale professionnelle comme de mobilisation collective v sont attachées. L'ouvrage propose un large ensemble d'études de cas propice à saisir les processus d'invention des dispositions statutaires, à en décrire la nature et à appréhender les cultures professionnelles et les modes de vie qui s'y trouvent associés : dockers et ouvriers d'Etat y côtoient des employés d'entreprises publiques (télécommunications), de régies (transports), et des fonctionnaires et agents des collectivités locales (éboueurs, agents administratifs) ou de l'hôpital. Ce regroupement inédit permet de faire ressortir la diversité de ces situations d'emploi et de travail, mais aussi les enjeux similaires que recèlent ces emplois d'exécution à statut pour les hommes et les femmes qui les occupent. Il souligne aussi combien les statuts sont aujourd'hui mis à l'épreuve tant ils incarnent ce que le management libéral réprouve au premier chef : une relation salariale assortie de protections garanties. Ce sont ainsi des identités collectives et un rapport au travail singuliers que l'effritement des statuts vient déstabiliser.
Jusqu'à une période récente, les sciences sociales ont privilégié une approche de l'Etat et des administrations par le haut, comme dans la sociologie des hauts fonctionnaires ou encore les recherches consacrées à la genèse et à la mise en oeuvre des réformes des services publics. Mais quelles sont les pratiques et les représentations des services publics des agents et des usagers appartenant aux classes populaires ? Qu'impliquent pour eux les politiques de "modernisation" mises en oeuvre depuis les années 1980 ? Les articles de ce dossier explorent ce questions à partir d'études empiriques menées à des échelles différentes et en utilisant diverses méthodes : enquête sociohistorique sur la mobilité professionnelle d'une génération de postiers des Trente Glorieuses, traitement de données statistiques pour questionner le rôle de promotion sociale de la fonction publique aujourd'hui, enquêtes de terrain dans une DDE en Proie aux réformes de modernisation et auprès d'habitants d'un quartier populaire et des administrations qu'ils fréquentent. Privilégiant l'étude des trajectoires, des interactions et des pratiques de membres des classes populaires, qu'ils soient petits fonctionnaires ou usagers des services publics, ces articles contribuent à éclairer de façon complémentaire le rôle des services publics pour les classes populaires comme les effets des réformes contemporaines. Ils montrent que la fonction publique est une voie privilégiée - bien que limitée et remise en cause actuellement - de promotion sociale pour les jeunes diplômés de milieux populaires, particulièrement pour les femmes.
Résumé : Cet ouvrage présente un corps de définitions propre à une analyse linguistique du discours, articulée à la fois aux genres discursifs, aux formations discursives, aux situations concrètes de communication et aux pôles énonciatifs. Cette démarche, ancrée dans le cadre plus large de la production de sens, insiste sur les opérations nécessaires à la réalisation du sens produit, notamment sur la façon dont les schémas praxiques des sujets parlants s'inscrivent en action de langage et structurent la représentation linguistique. Un domaine aussi vaste, ouvert sur des disciplines aussi diverses que l'analyse conversationnelle, la pragmatique, la sociolinguistique ou la psycholinguistique, interdit toute prétention à l'exhaustivité. On propose donc un instrument de travail qui balise un espace essentiel de la recherche en sciences du langage, à partir d'une nomenclature - assez restreinte, mais suffisamment fournie pour que se dessinent les grands axes de réflexion - organisée autour de deux champs : l'analyse du discours, telle qu'elle est aujourd'hui comprise en France, et la linguistique praxématique, sous-tendue par le concept central d'actualisation de la langue en discours.
Le Portugal a des liens importants et anciens avec la France, mais il y demeure très mal connu, en dépit de l'histoire migratoire qui a conduit des centaines de milliers de Portugais en France depuis les années 1960 et du récent engouement touristique qui entraîne les Français en sens inverse. Cet ouvrage présente pour la première fois au lectorat francophone les résultats d'un vaste ensemble de recherches sociologiques réalisées depuis les années 1970. Ces travaux, d'une grande originalité et d'une forte cohérence, offrent un regard riche et précis sur les transformations du pays depuis plus de 40 ans, tant à l'échelle nationale que régionale. Ils reposent sur plusieurs enquêtes de terrain approfondies et de longue durée réalisées dans des contextes très variés du Nord du pays : une zone rurale devenue périurbaine, une région industrielle connaissant des évolutions contrastées (entre modernisation et profonde crise) et enfin plusieurs quartiers de la ville de Porto. Croisant socio-histoire, enquêtes statistiques et ethnographie, ce livre donne à voir les transformations majeures de la société et des classes sociales au Portugal, en lien avec les transformations de l'Etat et des structures économiques, depuis la fin de la dictature jusqu'à la crise récente.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.