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Le salariat à statut. Genèses et cultures
Cartier Marie ; Retière Jean-Noël ; Siblot Yasmine
PU RENNES
19,00 €
Épuisé
EAN :9782753512078
A travers la question du " salariat à statut " l'ouvrage aborde de façon originale la sociologie et l'histoire des formes d'emploi, mais aussi des classes populaires. A la différence des nombreuses études consacrées aux salariés précaires, il porte sur des salariés dont la relation de travail est régie par des dispositions spécifiques (lois, règlements) comportant notamment la sécurité de l'emploi (mais aussi des droits et des protections singuliers), et se centre plus spécifiquement parmi eux sur les ouvriers et les employés. Développés à la fin du XIXe siècle puis à la Libération, les emplois à statut ont été inventés du fait de préoccupations stratégiques ou pour favoriser l'intervention économique et sociale de la puissance publique. Mais ce mode de gouvernement clé la main d'oeuvre a aussi constitué un support décisif de sécurisation des conditions d'existence et de considération sociale au sein des groupes populaires, et des formes particulières de morale professionnelle comme de mobilisation collective v sont attachées. L'ouvrage propose un large ensemble d'études de cas propice à saisir les processus d'invention des dispositions statutaires, à en décrire la nature et à appréhender les cultures professionnelles et les modes de vie qui s'y trouvent associés : dockers et ouvriers d'Etat y côtoient des employés d'entreprises publiques (télécommunications), de régies (transports), et des fonctionnaires et agents des collectivités locales (éboueurs, agents administratifs) ou de l'hôpital. Ce regroupement inédit permet de faire ressortir la diversité de ces situations d'emploi et de travail, mais aussi les enjeux similaires que recèlent ces emplois d'exécution à statut pour les hommes et les femmes qui les occupent. Il souligne aussi combien les statuts sont aujourd'hui mis à l'épreuve tant ils incarnent ce que le management libéral réprouve au premier chef : une relation salariale assortie de protections garanties. Ce sont ainsi des identités collectives et un rapport au travail singuliers que l'effritement des statuts vient déstabiliser.
Nombreux sont les ouvrages qui retracent avec une ambition d'exhaustivité les caractéristiques du monde du travail et proposent une synthèse des acquis de la recherche. La démarche adoptée dans ce livre est différente. A partir de récits d'enquêtes, Christelle Avril, Marie Cartier et Delphine Serre explicitent les outils empiriques et conceptuels à mettre en oeuvre pour mener une étude sociologique du travail. Ce guide d'enquête est aussi un guide d'analyse des situations de travail et des pratiques des travailleurs. Dans cet ouvrage, loin d'être sacralisée ou déniée, la "théorie" est présentée de façon concrète. En effet, les auteurs mobilisent des enquêtes menées sur des métiers variés, depuis les ouvriers et les caissières jusqu'aux médecins, en passant par les violonistes et les boulangers. Les concepts prennent sens à l'épreuve des faits et les enjeux s'affinent au contact d'exemples concrets. Ces enquêtes sont toujours exposées en détail, afin d'offrir un accès privilégié aux coulisses du métier de sociologue, à ses méthodes, mais aussi aux multiples facettes des expériences de travail, passées et présentes. Ce guide s'adresse aux étudiants, aux chercheurs en sociologie ou en sciences sociales, mais aussi aux professionnels qui réfléchissent aux pratiques de travail. Les auteurs, toutes trois sociologues, y transmettent avec passion et pédagogie leur goût pour les enquêtes et les ficelles du métier. Il intéressera tous ceux qui souhaitent armer empiriquement et théoriquement leur réflexion sur le travail et les travailleurs.
Jusqu'à une période récente, les sciences sociales ont privilégié une approche de l'Etat et des administrations par le haut, comme dans la sociologie des hauts fonctionnaires ou encore les recherches consacrées à la genèse et à la mise en oeuvre des réformes des services publics. Mais quelles sont les pratiques et les représentations des services publics des agents et des usagers appartenant aux classes populaires ? Qu'impliquent pour eux les politiques de "modernisation" mises en oeuvre depuis les années 1980 ? Les articles de ce dossier explorent ce questions à partir d'études empiriques menées à des échelles différentes et en utilisant diverses méthodes : enquête sociohistorique sur la mobilité professionnelle d'une génération de postiers des Trente Glorieuses, traitement de données statistiques pour questionner le rôle de promotion sociale de la fonction publique aujourd'hui, enquêtes de terrain dans une DDE en Proie aux réformes de modernisation et auprès d'habitants d'un quartier populaire et des administrations qu'ils fréquentent. Privilégiant l'étude des trajectoires, des interactions et des pratiques de membres des classes populaires, qu'ils soient petits fonctionnaires ou usagers des services publics, ces articles contribuent à éclairer de façon complémentaire le rôle des services publics pour les classes populaires comme les effets des réformes contemporaines. Ils montrent que la fonction publique est une voie privilégiée - bien que limitée et remise en cause actuellement - de promotion sociale pour les jeunes diplômés de milieux populaires, particulièrement pour les femmes.
Résumé : La Poste et ses facteurs sont encore aujourd'hui perçus par les usagers comme le service public par excellence, une institution indispensable, familière et échappant à l'épreuve du temps. Pourtant, la Poste change : depuis la réforme des PTT en 1992, les facteurs sont confrontés à une transformation de leurs conditions de travail et à une déstabilisation de leur identité professionnelle. Qui sont ces facteurs ? Comment travaillent-ils ? Comment conçoivent-ils l'exercice de leur mission au quotidien ? Dans cet ouvrage, fruit d'une longue enquête sur le terrain, Marie Cartier part à leur rencontre, et offre un portrait complexe de leur métier. Elle montre comment, pour les plus anciens, souvent d'origine rurale ou ouvrière, devenir facteur représentait une réussite sociale, comment la familiarité avec l'écrit et les valeurs morales comme la " tenue ", la " probité ", la " correction ", la notoriété locale contribuaient fortement à la définition de leur mission. L'auteur révèle à quel point ces générations de facteurs, dont l'identité professionnelle forte et le travail de sociabilité auprès des usagers ont contribué à faire de La Poste une bureaucratie humanisée, se trouvent déstabilisées par les nouvelles méthodes de management adoptées à partir des années 1980. Par ailleurs, la venue de nouvelles recrues, surdiplômées ou en situation de déclassement, marque l'entrée à La Poste d'une génération de " nouveaux facteurs ", qui entretiennent un tout autre rapport à leur travail et à la condition de petit fonctionnaire. Ce livre vivant permet ainsi d'explorer, au-delà des transformations des services publics, l'évolution sociale d'une partie des classes populaires et de ses aspirations.
Résumé : A partir du fonds d'atelier d'Eugène Boudin légué à la ville du Havre en 1899, plus d'une cinquantaine d'études animalières, vaches et boeufs, sont mis à l'honneur dans cet ouvrage. Rarement publiées, ces esquisses réalisées sur le motif sont prétextes à une promenade dans le paysage normand.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour