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L'Autre féminin
Sesé-Léger Sylvie
CAMPAGNE PREM
20,00 €
Épuisé
EAN :9782915789393
Extrait de l'introduction:J'eus la chance d'entrer dans le milieu psychanalytique et de commencer ma pratique d'analyste à l'époque flamboyante de l'École freudienne de Paris (EFP), sous la bannière glorieuse de Jacques Lacan. En 1972-1973, j'assistai au séminaire Encore, qui avait lieu à la faculté de droit, au Panthéon. La psychanalyse prenait des couleurs ébouriffantes, des formes inouïes. Les concepts surannés étaient remisés au grenier. L'inconscient devenait une performance toujours renouvelée, une infinie poïesis! La littérature chère à Freud - le féminin est la demeure des poètes! -, et la philosophie qu'il ne prisait guère, mais qui m'était familière, s'entrecroisaient avec la topologie et la logique, avec l'extrême mathématique qui me rebutait et rencontrait chez moi tant d'énigmes.Les formules de la sexuation allaient-elles serrer le féminin, allaient-elles l'embrasser, l'embraser, pour l'encercler? Entrons dans la valse! Hallucinante! J'étais sous hypnose comme les belles de Sigmund Freud qui ont contribué à l'invention de la psychanalyse. Mais le féminin échappe aux rets du Logos. Captivant, puisqu'il est l'Autre, il ne saurait être captif.Devenue membre de l'École freudienne de Paris, en 1976, j'eus le privilège d'être aussitôt publiée dans la prestigieuse revue Scilicet. Ce premier texte psychanalytique, écrit avec Chantai Maillet, concernait la sexualité féminine. Il n'était pas signé puisque le seul nom de Lacan valait pour tous. Son nom et sa théorie étaient le commun dénominateur. Une sorte de Bourbaki de la psychanalyse!Il me fallut quelques décennies pour apercevoir la part de jouissance qui me retenait dans cette Ecole. Ma formation de psychanalyste est assurément freudienne et lacanienne. Dans ma filiation psychanalytique, Jacques Lacan occupa plutôt une place de grand-père qui avait psychanalysé ceux grâce à qui je suis devenue analyste. Mais pourquoi donc Lacan me restait-il tellement inaccessible? La porte n'existait pas et encore moins le seuil à franchir pour entreprendre une analyse ou un contrôle avec lui. Il était ce grand chaman qui écoutait les autres, qui les délestait de leur fardeau existentiel. Magie du transfert! Je lui attribuai l'être de mon père, qui était médecin d'une ville de province et qui sillonnait les routes sans fin, pour soigner et probablement guérir ses malades. L'EFP, aux initiales vertigineuses, représentait cet espace ouvert et clos à la fois: le lieu du père finit par devenir enfermement matriciel.Mais, enfant immobile, je m'envolais avec mes compagnons, les livres, qui m'ont octroyée pour toujours la liberté des sentiers imaginaires. Engagée dans le travail de transmission de la psychanalyse à l'EFP, j'adhérais à l'édifice théorique et politique construit par Lacan. Cette expérience cruciale m'a rendue sensible à ce qui passe, entre le dit et le non-dit, à ce qui échappe à tout échafaudage, mais qui en est la source. La procédure mise en place par Lacan était la fine pointe de sa théorie, destinée à prendre sens dans sa réalisation politique. Or, la bâtisse s'est effondrée sous le poids des transferts à la dérive, qui clamaient l'excès, qui débordaient le champ délimité, qui outrepassaient les frontières.
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), prêtre jésuite et chercheur scientifique de renommée internationale, peut être considéré comme l'un des plus grands penseurs du XXe siècle. Le Phénomène humain (1955), son livre majeur, comme la plupart de ses écrits, fut cependant interdit de publication de son vivant. Sa pensée, centrée sur l'Évolution de l'univers, se fonde sur cette affirmation qu'il emploiera sa vie à démontrer : Il est une communion avec Dieu et une communion avec la Terre, et une communion avec Dieu par la Terre (La Vie cosmique, 1916). De nombreux courants d'idées s'inspirent aujourd'hui de cette nouvelle vision du monde , où se réconcilient, de façon admirable, la science et la foi, annonçant l'esprit à venir dans l'Église.
Sylvie Sesé-Léger aborde ici le second volet de sa lecture des cures freudiennes en renouvelant l'approche des cures masculines cette fois. Comme dans Freud et le féminin, elle met en résonance les écrits de Sigmund Freud avec le témoignage de ses patients qui ont publié les souvenirs de leur analyse, en faisant la lumière sur le contre-transfert de l'inventeur de la psychanalyse. Son approche révèle combien Freud se trouve aux prises avec l'inconscient de ces hommes venus entreprendre une analyse avec lui, et revient sur certaines problématiques liées à la sexualité masculine dans la première moitié du XXe siècle. Les analyses de l'Homme aux rats et de l'Homme aux loups ont été à l'origine du corpus doctrinal de la psychanalyse ; celles de Sergeï Pankejeff et de Ernst Lanzer, de notions majeures. Tandis que d'autres patients, Abram Kardiner, Ernst Blum, Smiley Blanton et Joseph Wortis, des élèves venus majoritairement d'Amérique pour recevoir leur formation et être autorisés à exercer la psychanalyse, ont incarné les pièges de l'analyse didactique où l'analysant se soumet au savoir qu'il est censé transmettre. Ce livre expose brillamment la scène transférentielle et ses tumultes, en redonnant vie à ces rencontres qui se déroulaient au 19 Berggasse.
Vargas Llosa Mario ; Sesé-Léger Sylvie ; Sesé Bern
Résumé : De ces six nouvelles réunies sous le titre Les caïds, publiées pour la première fois en 1959, Mario Vargas Llosa dit qu'il s'agissait d'une "tentative de roman". A l'approche si particulière de la réalité, caractéristique de ses romans, l'écriture ajoute une violence nouvelle, celle du Pérou de la fin des années 1950 - une violence qui, sous toutes ses formes, semble être, pour les jeunes protagonistes de ces histoires, l'unique moyen d'action envisageable et efficace. Imaginés par un auteur âgé de vingt ans à peine, les thèmes et personnages campés dans ces nouvelles, servis par un style précurseur de celui des grands romans, constituent la première pierre de l'édifice de l'oeuvre de Vargas Llosa, celle qui aura permis au futur Prix Nobel de littérature de se faire connaître.
Un portrait vivant du maître viennois Sylvie Sesé-Léger renouvelle ici la lecture des cures féminines de Freud, en mettant l'accent sur la position contre-transférentielle de ce dernier. Sa démarche consiste à mettre en résonnance les textes cliniques de Freud avec les textes des analysantes elles-mêmes, qui ont publié le récit de leur analyse : Dora, Elfriede Hirschfeld, Sidonie Csillag, Anna G. et Hilda Doolittle. L'auteur met ainsi en lumière d'une part combien les vicissitudes affectives de ces femmes ont confronté Freud à l'énigme du féminin tout en fécondant sa doctrine ; d'autre part une certaine conception de la cure analytique. Au fil des ans, Freud observe que la relation à l'objet primitif, la mère, est déterminante pour la vie affective et sexuelle féminines, mais il se refusera pourtant à occuper la place maternelle pour ses patientes. Cette rigidité n'est pas sans avoir entraîné une certaine surdité au vécu de ces femmes. En restituant ces échanges sur la scène du transfert, se profilent les portraits vivants du maître viennois et des femmes qui se rendaient au Berggasse 19.
Avrane Patrick ; Solal Jean-François ; Vey Catheri
Que font les psychanalystes quand ils se lèvent de leur fauteuil ? Ils passent parfois au fourneau pour nourrir leurs amis, leur famille. Mais, quand ils en parlent, leurs recettes ne sont pas de simples assemblages d'ingrédients, elles sont aussi pleines de souvenirs oubliés, d'actes manqués parfois réussis, de mets fantasmés ; et ce n'est pas sans humour que les psychanalystes qui ont participé à ce livre acceptent de dévoiler les secrets inconscients des plats qu'ils préparent. Les 38 recettes proposées ici ont été réalisées par des psychanalystes, et goûtées par des personnes normales. Elles peuvent toutes être reproduites, y compris par des personnes n'ayant jamais fréquenté un divan, et sont agrémentées de textes expliquant leur extraordinaire saveur inconsciente.
L'éducation est un instrument indispensable pour former l'enfant et le préparer à la vie d'adulte ; elle est aussi une arme puissante pour réduire les inégalités et changer le monde. C'est ainsi que l'ont comprise les pionniers arrivés en Palestine au début du XXe siècle, lorsqu'ils ont fondé les kibboutz, collectivités agricoles, socialistes et juives, créées dès 1910. Etrange croisement en effet que cette rencontre des idées marxistes issues de l'Europe de l'Est et du mouvement sioniste ! Elle donna lieu à des expériences d'éducation collective d'une grande inventivité, notamment avec les enfants nés au kibboutz du Hashomer Hatza'ir, et dans lesquelles la psychanalyse joua un rôle central, bien que controversé. Abondamment commentée, cette histoire-là est néanmoins peu connue. Guido Liebermann qui a vécu, adolescent, dans un kibboutz, nous en livre un récit vivant, et analyse les apports de la psychanalyse freudienne à la pédagogie moderne et à l'éducation, sujet plus que jamais d'actualité. Au cours de ses recherches, l'auteur a pu consulter un grand nombre d'archives, et rencontrer les derniers témoins de cette aventure inouïe et passionnante.
Après Freud adolescent, Florian Houssier poursuit sa présentation du jeune Freud. Avant d'entrer à la faculté de médecine de Vienne, le nouveau bachelier se plonge dans l'étude du français et de la philosophie. Sa vie sentimentale et sexuelle est réduite à sa plus simple expression. Plus tard, la relation à distance avec sa fiancée, Martha Bernays, s'accompagne d'un fantasme de possession. Toutefois, son amour du monde des livres et du langage écrit éveille son intérêt pour la recherche d'une vérité humaine. Poids du legs parental, de la nécessaire réparation d'une famille dans la gêne, et difficultés récurrentes à trouver de l'argent, fin de sa longue relation avec Eduard Silberstein, son principal ami d'adolescence, fascination pour les duos mère-fille, quête d'identifications masculines et surinvestissement de la vie psychique font partie des traits mis en évidence par l'auteur. Il souligne combien cette période est celle de basculements essentiels dans la vie de Sigmund Freud. En psychanalyste formé à l'étude de l'âme humaine et en biographe s'appuyant sur des archives sûres, Florian Houssier nous fait comprendre comment ces années ont conduit l'étudiant Sigmund Freud à devenir l'inventeur d'une nouvelle science de l'homme.