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Les monnaies du lien
Servet Jean-Michel
PU LYON
22,00 €
Épuisé
EAN :9782729708504
Affirmer que les "monnaies primitives" sont un archaïsme peut être compris de deux façons. Soit elles sont un état premier et imparfait de nos propres usages monétaires supposés évolués. Soit elles sont l'expression d'une institution essentielle et commune à l'ensemble des sociétés humaines, et comparable aux langues. Dans ce cas, ces monnaies peuvent nous éclairer pour repenser aujourd'hui l'institution monétaire et contribuer à répondre aux impasses actuelles de la domination de la finance. Reprenant des travaux qu'il a menés des années 1970 jusqu'à nos jours, l'auteur interroge la nature de la monnaie comme lien et pose notamment la question de l'inaliénabilité de richesses communes et du partage ainsi que celle des limites de la figure du don pour comprendre la réciprocité. En cela, l'ambition de l'ouvrage est d'offrir des outils nouveaux pour la socioéconomie et de contribuer à la construction de l'économie solidaire comme une issue théorique et pratique à la crise.
Au Sénégal, les uns réclament des emplois, avec tout ce que cela peut supposer comme sécurité en termes de régularité des revenus et de protection sociale. Les autres, plus modestes, veulent tout simplement un travail qui leur permette de vivre décemment, de payer la scolarité des enfants, d'accéder à des soins de santé de qualité, de participer dignement aux dépenses du foyer. Travail et emploi comptent incontestablement parmi les préoccupations majeures du pays. Mais comment en rendre compte, sans tomber dans la polémique ou sans se faire le porte-parole du politiquement correct ? Eveline Baumann donne des réponses, en scrutant les données chiffrées et leurs lacunes, en analysant les potentialités de création d'emploi des secteurs économiques, en s'inquiétant de l'exploitation des ressources naturelles, en interrogeant aussi l'éducation et la formation professionnelle, ainsi que la protection sociale. Les politiques publiques sont centrales, avec leur foisonnement de projets de toutes sortes, qu'ils s'appellent Opération maîtrisards, Plan Sésame ou Sénégal émergent, des projets souvent initiés sous la pression de la rue et rarement évalués. Un ouvrage qui, au-delà d'un pays du Sud, contribue aux débats des sociétés contemporaines.
Offrir des prêts répondant aux besoins de ceux qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique, tel est l'objectif du microcrédit. Celui-ci a connu un succès fulgurant : aujourd'hui, 200 millions de personnes y ont recours, principalement en Asie et en Amérique latine. Une révolution ? s'interroge Jean-Michel Servet dans ce livre. Pas si sûr... Rappelant le contexte dans lequel est né le microcrédit, celui de la promotion d'un marché prétendument pacificateur et libérateur, il démonte le mythe selon lequel il pourrait éradiquer la pauvreté dans les pays en développement et émergents en favorisant le microentrepreneuriat et l'autoemploi. Ce livre le montre : si une révolution a eu lieu, elle serait plutôt du côté d'une microfinance devenue commerciale qui, pour répondre aux besoins réels des populations, a développé d'autres services que le microcrédit : épargne, transferts de fonds, paiement par la téléphonie mobile, microassurance. Analysant les ressorts de cette "vraie" révolution, Jean-Michel Servet souligne qu'elle pourrait être le levier d'une finance alternative, avec la monnaie et le crédit comme biens communs.
C'est un fait, l'enseignement, et plus largement le système éducatif, constituent en France un secteur professionnel féminisé. Est-ce à dire que femmes et hommes connaissent les mêmes évolutions de carrière dans ce domaine ? C'est la question que pose Gilles Combaz dans cet ouvrage. Pour y répondre, le sociologue s'intéresse à trois fonctions : les directeurs/trices d'établissements dans le premier degré, les inspecteurs/trices du premier degré, les directeurs/trices d'établissements du second degré. Mobilisant les statistiques nationales existant sur le sujet et réalisant des entretiens complémentaires pour affiner son propos, Gilles Combaz scrute ces postes à travers trois thématiques clés : le recrutement, la mobilité, l'avancement. Ses conclusions sont claires : au-delà d'une féminisation réelle des fonctions d'encadrement de l'éducation nationale et si, en deux décennies, les écarts se sont considérablement réduits, des inégalités demeurent cependant entre femmes et hommes dans l'accès aux postes à responsabilités et dans le déroulement des carrières. Toute l'analyse de Gilles Combaz vise à révéler comment sont produites ces inégalités.
Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir proposé à ses élèves d'étudier des caricatures du prophète Mahomet, fut étudiant à l'université Lumière Lyon 2 et à l'université Jean Moulin Lyon 3. En 1995, dans le cadre de sa maîtrise, il soutenait un mémoire de recherche consacré à l'usage et à la symbolique de la couleur noire dans la société française de 1815 à 1995, s'appuyant principalement sur des sources littéraires et picturales. A l'initiative de Christophe Capuano, les Presses universitaires de Lyon ont décidé de publier ce texte afin de faire entendre la voix d'un apprenti historien doté d'une forte culture littéraire, d'une réflexion à la fois fine et audacieuse, enfin d'une grande sensibilité aux images. Ce texte présente également l'intérêt d'apporter un témoignage sur la manière dont l'université formait les futurs historiens et enseignants en histoire il y a 25 ans. Christophe Capuano et Olivier Faure y ont ajouté une préface et les compléments scientifiques et bibliographiques indispensables. Mais, comme le souligne l'avant-propos rédigé conjointement par Nathalie Dompnier, présidente de l'Université Lumière Lyon 2, et Eric Carpano, président de l'Université Jean Moulin Lyon 3, cet ouvrage constitue avant tout un hommage rendu à un enseignant assassiné dans le cadre de ses fonctions, par deux institutions qui ont contribué à sa formation intellectuelle.
Invisibles, niées ou condamnées, les amours clandestines durables n'en sont pas moins bien présentes dans la vie sociale. Elles sont le quotidien de nombreux hommes et femmes en couple hétérosexuel ; elles occupent des esprits, des coeurs, des agendas et des hôtels. Ce livre invite à explorer ces " jardins secrets " à partir de l'analyse d'une trentaine de récits de vie et d'un corpus de témoignages recueillis sur Internet, traités sous l'angle de la sociologie du genre et des socialisations. L'auteure montre principalement que l'extra-conjugalité durable se caractérise par la transgression de deux normes fondamentales du couple contemporain : la norme de véracité et l'égalité des sexes. Mais au-delà de la démarche scientifique, elle propose des clefs pour la compréhension de ces liaisons, à la fois fascinantes et repoussantes, et plus largement de l'amour et de la sexualité des couples hétérosexuels. Avec une préface de Philippe Combessie, professeur de sociologie à l'Université Paris Ouest, spécialiste de la déviance, de la répression, du contrôle social et des comportements sexuels.