Très jeune, Pierre Bonnard a un rêve, celui d'être un homme libre et indépendant, qui " cherche uniquement à faire quelque chose de personnel. " Il a traversé tous les courants de peinture de la fin du xix e siècle à la première moitié du XXe siècle – postimpressionnisme, fauvisme, cubisme, abstraction, surréalisme –, participant au passage à l'un d'eux à travers le groupe des Nabis. Si son oeuvre nous émeut aujourd'hui encore plus qu'hier, c'est qu'au désenchantement de la modernité répond l'espérance de sa peinture que l'on peut considérer comme l'une des plus inspirées de son temps. A l'occasion du 150 e anniversaire de la naissance du peintre, le musée Bonnard lui rend hommage en réunissant autour des pièces majeures de ses collections propres , un ensemble de chefs-d'oeuvre prêté par d'importantes collections publiques et privées françaises parmi lesquelles le musée d'Orsay et le musée national d'Art moderne à Paris. Toutes les oeuvres sont reproduites et accompagnées d'une notice détaillée et richement illustrée. Un entretien de Véronique Serrano avec Guy Cogeval et Isabelle Cahn complète ce panorama.
De 1984 à 2002, deux préhistoriens du CNRS se sont engagés dans 17 missions successives pour confronter leur expérience d'archéologues avec les réalités ethnologiques actuelles en Nouvelle-Guinée et aux Moluques. A cette occasion, près de 1800 objets ont été rapportés pour illustrer les techniques et les savoir-faire des populations. Pour avoir vécu pendant trois années dans les villages de Nouvelle-Guinée et dans les îles de l'est indonésien, Pierre et Anne-Marie Pétrequin livrent leur expérience personnelle d'une Nouvelle-Guinée vivante, où les objets sont des signes sociaux puissants, d'une étonnante modernité, qui circulent sur des centaines de kilomètres.Exposition au Musée d'Archéologie Nationale (St Germain en Laye), du 30 juin 2006 au 7 janvier 2007.
Serrano Véronique ; Schefer Jean-Louis ; Lévêque A
La problématique de l'autoportrait est bien la plus mystérieuse et la plus inaccessible de l'histoire de la peinture. Au XXe siècle, l'autoportrait n'est plus seulement l'affirmation d'une fonction mais le siège d'une réflexion plus profonde une manière d'interroger son double, dans une constante recherche de vérité intérieur, tout en révélant aux yeux des autres une part invisible de soi-même. Cette recherche de conscience de soi se métamorphose en une fiction à travers chaque autoportrait, dans une représentation souvent très éloignée de ce que l'artiste voit dans le miroir, figurant en quelque sorte une vérité momentanée qui se rejoue dans chaque oeuvre et s'exprime de manière très différente selon les peintres. Autour de Bonnard seront présentées des oeuvres de Balthus, Bernard, Cézanne, Chagall, Denis, Maillol, Matisse, Manguin, Marquet, Picasso, Toulouse-Lautrec, Vuillard, Vallotton, ou encore Buffet, Goetz, Hélion, Ibels, Poliakoff, Roussel, Tal Coat et Vieira da Silva. Dans cette aventure du regard, les essais de Jean Louis Schefer, d'Alain Lévêque et de Véronique Serrano apportent des éclairages historiques et ouvrent des pistes de réflexion celui de Roberto Mangu Quesada porte la voix d'un peintre, précieux témoignage de celui qui rigole inévitablement cet autre qui l'habite.
Certaines rencontres représentent un acte fondateur de la carrière d'un artiste ; c'est le cas de celle entre Pierre Bonnard et Toulouse-Lautrec. C'est en effet le premier, par sa pétillante affiche France-Champagne, réalisée au printemps 1891, qui guidera le second sur la voie d'une éternelle célébrité pour ses oeuvres lithographiques. Inventeur de l'affiche moderne après Bonnard, c'est bien Toulouse-Lautrec qui, grâce à ses recherches acharnées sur les nouvelles potentialités offertes par cette technique et ses nombreuses heures passées auprès des ouvriers lithographes, en demeure aujourd'hui encore le maître incontesté ; en témoignent ses affiches iconiques d'un Paris fin-de-siècle, telles que Moulin Rouge ? La Goulue, Divan Japonais, Jane Avril, Loïe Fuller ou Aux Ambassadeurs, sans oublier toutes celles liées au personnage d'Aristide Bruant. Tout au long de sa vie d'artiste, Lautrec se posera en marge des impressionnistes et collaborera avec les auteurs les plus en vue ou les plus décriés de son temps, publiant de nombreux albums contenant des tirages spéciaux.
Peintre, poète et grand rénovateur de la tapisserie, Jean Lurçat (1892-1966) est un artiste engagé dans son époque et passionnément curieux du monde. Richement illustré, le présent ouvrage explore les thèmes qui jalonnent sa carrière : la peinture, les grandes commandes des manufactures nationales, son apport à l'art décoratif, son travail de céramiste, son engagement politique, sa collaboration avec les ateliers de tissage d'Aubusson, sa fascination pour le Moyen Age et pour le bestiaire, ses voyages. En faisant cohabiter textes et images dans ses oeuvres tissées, Jean Lurçat fait vibrer les couleurs et les mots. Ainsi, cette publication a pour objectif de donner à voir la démarche créative de l'artiste et de s'immerger dans son univers poétique.
Tout au long du XIXe siècle, les artistes peignent la Seine, sa lumière, ses berges, ses ponts et ses ports. Mais ce sont surtout les impressionnistes et leurs émules, observateurs attentifs de la vie moderne, qui en font leur motif de prédilection. De l'aube au crépuscule, Claude Monet, Alfred Sisley, Gustave Caillebotte ou Armand Guillaumin ne se lassent pas d'observer le jeu des reflets à la surface de l'eau. Souvent, la Seine retient aussi les pinceaux d'Auguste Renoir, de Camille Pissarro ou de Berthe Morisot. Nombreux ont choisi de résider ou de séjourner régulièrement sur les rives du fleuve et ils y trouvent leur source d'inspiration principale. Car le paysage de la Seine évolue alors sous les effets conjugués de l'industrialisation et de l'avènement des loisirs. Avec ses ponts métalliques, ses grands ports, son dynamisme industriel, mais aussi ses canotiers, ses voiliers ou ses promeneuses en robes claires, la Seine est au coeur de la modernité. Une sélection d'une cinquantaine de tableaux raconte l'évolution de l'impressionnisme et nous invite à un parcours au fil de l'eau, de Paris au Havre, en passant par Argenteuil, Vétheuil ou Giverny.