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Rythme et blues d'un loser à trois béquilles
Sens Jeanne-Marie
UNE ET L AUTRE
14,50 €
Épuisé
EAN :9782357290471
En sept épisodes, sans chronologie d'un quelconque ordre social marquant les étapes traditionnelles de la vie (la jeunesse, la fête, le mariage, la sexualité, la natalité, l'évasion, l'amitié, etc), et sans non plus appliquer la logique élémentaire mettant généralement en scène des personnages reliés directement à leur propre parcours, le roman de J-M Sens retrace ici les traits de caractère d'un garçon déroutant, tout autant farfelu et digressif que rêveur et romantique, aux prises avec les situations banales du quotidien. Roi de l'esquive et de la circonvolution, joyeux prestidigitateur de l'affabulation, habile équilibriste prompt à retomber sur ses pieds, un jongleur sachant jongler. En acteurs omniprésents, sa materdolorosa protectrice, son paterivrognard brillant par son absence, son Bouvier Bernois complice, et son sexe assujetti à ses hauts et bas qui se trouve en constante situation de demandeur d'emploi. Du rythme, de l'humour, de la tendresse, et des coups de blues. A découvrir en alternances de bémols et de dièses, un personnage attachant en proie à des péripéties et des humeurs en dents de scie.
Putain qu'est-ce qu'on va lui raconter à la zine, déjà qu'elle nous fait chier avec la zique qu'elle dit toujours qu'on joue trop fort la nuit... Et voilà que ce con d'chien il a étendu le chien à la zine, qu'est-ce qui t'a pris toi con d'chien d'avoir shooté le caniche à la zine, y t'a foutu les boules ou quoi?"
Faire recette en s'éloignant délibérément de l'idée traditionnellement attendue en matière culinaire était le principe même de la démarche de l'auteur. Un ouvrage à déguster à ciel ouvert en une fantaisie photographique où seuls figurent l'art et la manière d'un clin d'oeil ludique et savoureux.
Jeanne-Marie Sens raconte une histoire vécue, la scène a eu lieu et l'endroit est réel quelque part en France, qu'imaginée (les conséquences des attitudes et la responsabilité des jugements ordinaires prononcés au hasard de la quotidienneté). L'histoire est banale, un banc dans un jardin public, des femmes de conditions diverses s'y trouvent, elles s'expriment sur le temps qui passe. L'une d'elles domine, elle a l'éducation et l'argent d'une vie bourgeoise menée avec prudence et responsabilité, une vie courante qu'elle transcende dans le pouvoir de la parole : "elle parle !". L'auteur a pointé cette situation, utilisant et la narration et la figuration du discours dans l'espace des pages représentant l'envahissement d'une langue dans une situation banale de la domination.
La musique fit un temps partie de ma vie. L'écrit à part entière, puis la photographie prirent le relais. Dire, exprimer, requiert divers langages, la photographie en est un qui appelle à diverses interprétations selon le regard que l'on y porte. Ce livre marque pour moi l'inscription du temps, non par simple effet du souvenir mais par la transposition d'un regard sur l'objet capté qui dévie et prend alors une autre signification. Le temps est impalpable, n'a pas de représentation physique et l'on peut se poser la question de la démonstration photographique pour l'exprimer : ponctuelle, elle traduit directement l'objet dans sa simple ordinarité, je photographie ce que je vois ; détournée, elle emprunte un autre langage, je vois ce que je photographie, et se livre à un envol métaphorique où l'on n'y verra que ce que l'on veut bien y voir, ou y trouver. Au travers des clichés ici présentés, se livre un album à colorier où chacun est libre d'apposer les dérives et les teintes de son choix. " Regarder n'est pas une expérience neutre, c'est une complicité ". J.?M.S.
Faire l'amour est un art difficile : tout comme on peut comparer - à l'avantage de l'une et au désavantage de l'autre - la peinture à l'huile à la peinture à l'eau, on peut aussi constater que le bâton de vanille est bien meilleur que la sucette à l'eau. hélas, la réalité n'est pas toujours à la mesure de l'espérance, et au lieu de s'en prendre plein le cul, dans un bienheureux débordement, on s'en prend plutôt plein la gueule.