Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les (néo) Frères musulmans et le nouvel esprit capitaliste. Entre rigorisme moral, cryptocapitalisme
Séniguer Haouès
BORD DE L EAU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782356876836
L'islam et les musulmans, même les plus résolument dogmatiques, théoriciens, activistes ou simples militants, n'échappent pas aux impitoyables griffes du Capital. Pis, ils sont généralement les servants relais, sinon serviles, conscients ou inconscients, d'une doxa capitalistique qui ne dit pas son nom. Souvent, les figures de l'islam étudiées, connues (à l'instar de Tariq Ramadan) ou moins connues, militent pour une offre religieuse "intégraliste", ouvertement antimoderne ou, de manière plus nuancée, critique de la modernité, au travers de certains effets jugés pervers du point de vue de la Loi religieuse. Mais tout en développant et entretenant en parallèle des attitudes et un imaginaire capitalistiques. Rares alors sont ceux qui, parmi elles, adoptent une vision et un comportement radicalement anticapitalistes au nom d'une foi musulmane moins matérialiste que spirituelle. Des résistances s'organisent bon gré mal gré. Toutefois, de manière plus significative, l'adoption d'un ethos capitaliste, avoué ou non, ne signe en rien la fin de la critique politique, et encore moins la dissolution de l'idéologie islamiste et le triomphe d'un individualisme supposément émancipateur. C'est sur la base d'un examen théorique et empirique de quelques personnalités du champ islamique national et arabe que cette réflexion se fonde en grande partie. Une constante semble nettement se dégager : un ancrage particulièrement marqué à droite, voire à l'extrême droite, un attrait aiguisé pour l'argent et les bénéfices, et un rigorisme moral à toute épreuve !
Résumé : L'ouvrage analyse les ambivalences de la gestion étatique du fait musulman et l'extension d'une espèce d'idéologie du soupçon. Celle-ci est portée par des acteurs étatiques, acteurs associatifs et quelques chercheurs, non forcément coordonnés entre eux, à l'égard de certaines manifestations du fait musulman jugées douteuses, au regard d'une certaine conception moralisatrice et autoritariste de la République et de la laïcité.
Les textes proposés dans ce dossier ne prétendent pas fournir un tableau exhaustif des dynamiques de ou autour de l'islam de France, mais simplement apporter des éléments d'analyse au travail de la raison. Au sommaire notamment : La porte étroite : les musulmans dans la République ; Leaders musulmans et fabrication d'un "islam civil" ; Le salafisme en France ; Féminisme-s islamiques-s ; La transversalité politique de l'islamophobie, ...
L'islamisme ou islam politique ne cesse depuis de longues années de susciter controverses et polémiques intarissables, en particulier dans le contexte français. Il semble impossible d'en sortir. Et ce, en raison notamment d'attentats terroristes commis au nom de l'islam à partir de 2015, et les tueries perpétrées contre la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. Aussi, dans un tel contexte heurté et une sidération collective compréhensibles, tout est cependant devenu encore plus confus, plus flou que par le passé, s'agissant de ce qui a trait au fait islamique et aux musulmans observants : la visibilité des signes d'appartenance à l'islam dans l'espace public est ainsi souvent assimilée à la pointe avancée de L'islamisme, qui, lui-même, peut également être associé au djihadisme, soit l'activisme meurtrier. C'est pourquoi une sociologie critique est nécessaire, car elle offre la possibilité d'identifier avec rigueur l'idéologie islamiste, ses particularités, le profil de ses théoriciens les plus célèbres, ainsi que la diversité des modes discursifs et d'action déployés par les militants, entre autres dans le contexte majoritairement musulman, mais pas seulement.
Cet ouvrage, volontairement succinct, n'a absolument pas la prétention de l'exhaustivité. Il vise beaucoup plus à donner au lecteur francophone, qui s'intéresse au monde arabe et musulman contemporain, des éléments de compréhension globale de l'islamisme (ou islam politique) dont il est beaucoup question aujourd'hui, notamment après les soulèvements populaires de décembre 2010 en Tunisie, et l'accession au pouvoir de mouvements dits islamistes, autrefois interdits, clandestins, semi-légaux ou dans l'opposition. Au lieu d'un traitement purement événementiel, qui chercherait à tout prix à "coller" à l'actualité, laquelle court de toutes les façons toujours plus vite que l'observateur, il s'est agi plutôt de concentrer nos efforts sur l'histoire des idées et des textes qui ont servi de ressources au courant islamiste depuis le milieu du XXe siècle. En exhumant quelques passages peu connus du grand public, au premier rang desquels les textes des grandes figures de l'islam politique arabe, cet ouvrage prête une attention redoublée sur les doctrines politico-religieuses qui nourrissent les représentations du monde de leurs militants, sympathisants ou idéologues, notamment sunnites, malgré la variété qui peut effectivement les caractériser au plan des modes d'action, tantôt légalistes, tantôt violents. Une idéologie, qui a vocation à forger un système total de représentation du réel et à orienter les pratiques sociales, n'est pas un isolat ; elle ne relève pas de la génération spontanée, car elle naît dans des circonstances données susceptibles d'évoluer en fonction de toutes sortes de paramètres. C'est pourquoi, elle n'est accessible et intelligible qu'à la seule condition d'en retracer, de façon aussi critique que rigoureuse, la genèse. C'est donc à un travail de déconstruction que cet ouvrage s'attèle pour mieux saisir le coeur de l'islam politique.
L'actualité offre le spectacle apparemment paradoxal d'un monde des religions pris en tenaille entre deux familles de formes extrêmes : les unes, si idéologiques donc exclusives qu'elles justifient la violence, même terroriste, pour imposer leurs frontières ; les autres, si utopiques, donc iréniques ou angéliques, qu'elles recherchent une spiritualité dépassant toute espèce de frontière, religieuse ou autre. L'islam contemporain pris entre djihadisme, wahhabisme et soufisme, n'est pas le seul particulièrement affecté par cette contradiction. Elle met aussi es sciences sociales au défi d'en rendre compte. Pour y parvenir, il faut repasser par les grands conflits qui ont structuré les théories du social et de la religion, comme celui de René Girard, avec le structuralisme de Lévi-Strauss. Il faut ensuite reprendre de manière méthodique et critique les concepts de base qui servent à ces sciences, comme le dit Danièle Hervieu-Léger, "à penser la religion", comme "symbolique", "sacré", "violence", "idéologie", "utopie", "sécularisation", "laïcité", "radicalisation", "sacrifice", "autosacrifice", "ascèse", "spiritualité", etc. Aussi le présent ouvrage conjoint-il, à la démarche pédagogique d'un cours d'introduction aux sciences sociales des religions, un questionnement critique de leur opérationnalité. Au final, l'analyse des phénomènes de radicalisation confirme la victoire de la sociologie wébérienne des valeurs sur leur réduction marxiste au matérialisme économique de l'intérêt. Les valeurs et leurs conflits appartiennent à l'infrastructure des sociétés humaines parce que c'est sur leur base que se construisent les identités, les mémoires collectives et leurs frontières, légitimées par les polarisations entre valeurs et antivaleurs. Pour tenter d'expliquer le fonctionnement de cette dialectique, on avance, sous deux néologismes, l'idéal-type de l'"archéoreligion" et de la "pharmac/kologie", deux notions neuves pour deux très vieilles choses, qui concernent la sociologie et la physiologie des émotions collectives. Deux notions qui permettent aussi, par comparaison, de comprendre différentiellement où travaillent les religions historiques d'Orient et d'Occident, comme les grandes idéologies séculières, dans k diversité presque infinie des courants qui les traversent et les opposent non seulement mut autres mais parfois à elles-mêmes.
Avons-nous (vraiment) bien lu Durkheim et bien saisi toute la radicalité de son geste fondateur de la discipline sociologique ? A lire Anne Rawls, et relire avec elle De la division du travail social, rien n'est moins sûr. Peut-être alors le temps est-il venu, cent ans après la mort de Durkheim, de faire revivre ce texte inaugural. Telle est l'invitation du présent ouvrage. Textes à l'appui. La contribution de la sociologue américaine peut être lue comme une nouvelle préface à l'édition originale de La division du travail social. A ce titre, Durkheim lui aussi et tout autant l'auteur du présent livre, notamment par la publication de sa longue introduction oubliée de 1893. Plus encore, tel un palimpseste, orage convoque tout un ensemble d'auteurs contemporains pour esquisser à l'ombre de l'histoire officielle, une histoire en quelque sorte clandestine de la sociologie, attentive à la créativité des pratiques sociales et à la morale propre aux interactions. Pour autant, cette invitation à découvrir un autre Durkheim, jamais lu (ou presque) - à relire cette Division du travail social revisited -, n'intéressera pas seulement les sociologues, mais aussi les philosophes. En effet, un autre texte s'enchâsse dans cette intrigue, la fameuse Théorie de la justice de John Rawls, le père de l'auteur. Car ce qui est avant tout en jeu dans cette relecture de l'ambition sociologique durkheimienne, c'est aussi et surtout sa dimension politique et toute sa pertinence aujourd'hui pour penser les formes et les conditions d'une société juste. Cette audacieuse lecture de l'oeuvre de Durkheim ne manquera pas de susciter des réactions contrastées tant elle bouscule bien des interprétations convenues de la sociologie durkheimienne. Voire de la sociologie tout court. Elle invitera par ailleurs les philosophes à nouer un dialogue renouvelé entre science sociale et philosophie morale et politique.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.