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Jean Grémillon. Le cinéma est à vous
Sellier Geneviève ; Marie Michel
KLINCKSIECK
43,00 €
Épuisé
EAN :9782252038376
Après des débuts remarquables dans les années 1920 (Maldone, Gardiens de phare), Jean Grémillon tourne au début du parlant La Petite Lise, Daïnah la métisse, puis s'exile avant de retrouver le succès avec Gueule d'amour en 1936, L'Étrange Monsieur Victor, Remorques, Lumière d'été et Le Ciel est à vous (1944). Ces quatre films témoignent d'une maîtrise remarquable tant dans la direction d'acteurs que dans la mise en scène visuelle et sonore. Son dernier film de fiction, L'Amour d'une femme (1954), exprime un engagement qu'on peut qualifier de féministe. Grémillon meurt prématurément en 1959. Geneviève Sellier explore l'ensemble de l'oeuvre de fiction du cinéaste en montrant sa cohérence, sa richesse et surtout sa modernité: à son époque, Grémillon est le seul à proposer des figures féminines aussi diverses et aussi complexes, et une exploration aussi fine des relations entre hommes et femmes.
Cet ouvrage explore le cinéma populaire tel qu'il se déploie sur les écrans français pendant la période de plus haute fréquentation des salles (1945-1958), et sa réception dans les magazines populaires de l'époque (Cinémonde, Film complet, etc.). Résultat d'un programme de recherches qui a associé pendant trois ans une vingtaine de spécialistes internationaux, ces contributions posent un regard neuf, notamment grâce au dépouillement des magazines, sur le culte des acteurs, vedettes et stars, françaises et étrangères, qui peuplent les écrans (Gérard Philipe, Edwige Feuillère, Daniel Gélin par exemple), sur les genres préférés du public (biopics, films à costumes, films noirs, films musicaux, films de guerre), sur la diversité des usages populaires du cinéma, et proposent quelques points de comparaison en Europe (Italie, Belgique).
Résumé : Ce livre propose "d'aller plus loin" dans l'analyse de la crise que vit actuellement le "cinéma d'auteur" français. Si les comportements abusifs d'un certain nombre de réalisateurs - qui se posent comme des héritiers de la Nouvelle Vague - remontent souvent aux années 1980-1990 et sont donc prescrits, de nombreux témoignages dénoncent des faits récents et tout porte à croire que les harcèlements et abus sexuels n'ont pas cessé sur les plateaux de tournage. Au-delà des récentes dénonciations, cette crise doit nous amener à nous interroger sur les représentations que propose ce cinéma d'auteur : "A partir de la Nouvelle Vague, la tâche des critiques de cinéma en France consiste à faire l'éloge et l'exégèse des oeuvres, en les référant au génie de leur auteur, dont on analyse le style et les "obsessions", en laissant soigneusement dans l'ombre les déterminations sociales, qu'elles soient de genre, de classe ou de race, qui structurent aussi toute oeuvre artistique". "La liberté de création artistique qui consiste en "la capacité de matérialiser, sans contraintes, une ou plusieurs oeuvres, de formes diverses, dans un domaine artistique" a été réaffirmée en France par la loi du 7 juillet 2016. Elle aboutit à légitimer le fait que l'artiste puisse se placer au-dessus des lois, sous prétexte d'exprimer le caractère "transgressif" de son génie. Dans les faits, cette assimilation du réalisateur de films à un artiste dont il faut protéger la liberté de création a permis à Polanski de continuer à faire des films en France dans un cadre plus que confortable alors qu'il est toujours poursuivi pour agression sexuelle sur mineure aux Etats-Unis". Geneviève Sellier passe au crible des dizaines de films, en féministe et en cinéphile. Cet oeil neuf dénote aussi une volonté de prendre en compte le caractère collectif de la conception et de la production des films distribués dans le circuit commercial : "La "politique des auteurs" que François Truffaut et sa bande des Cahiers du cinéma ont réussi à imposer comme critère exclusif de jugement, est sans doute la plus grande supercherie de l'histoire du cinéma".
La Nouvelle Vague du tournant des années 1960 (Chabrol, Truffaut, Godard et les autres) est devenue le modèle de l'art au cinéma, associant la subjectivité du créateur, sa maîtrise sans partage de l'oeuvre et la transgression des normes aussi bien culturelles que morales. Paradoxe apparent, ce cinéma est resté à l'écart des contestations politiques, tout en étant auréolé d'une étiquette de gauche. Mais, à l'époque où il naît, ce nouveau cinéma est d'abord apprécié pour l'authenticité des images de la jeunesse et des rapports amoureux qu'il propose. Dès 1957 s'impose la première star médiatique, B.B, qui exprime le désir d'émancipation sexuelle des filles, question particulièrement brûlante dans un pays qui continue à interdire tout débat sur la contraception et l'avortement. Pourtant, le fait que ces jeunes cinéastes soient quasiment tous des hommes, va peu à peu déplacer l'enjeu de ce renouveau vers une revendication d'autonomie artistique qui évacue les questions de société pour privilégier l'expression de la subjectivité et le culte de la nouveauté formelle. De jeunes acteurs masculins jouent le rôle d'alter ego des cinéastes (Belmondo, Trintignant, Brialy), cependant que les figures féminines incarnent un mélange d'archaïsme et de modernité. Jeanne Moreau, amoureuse éperdue ou femme fatale, la seule vraie star de la Nouvelle Vague, fait face à Brigitte Bardot, icône ambivalente de la culture de masse. Les tentatives isolées de Marguerite Duras et Agnès Varda, pour passionnantes qu'elles soient, n'ont pas suffi à inverser la tendance lourde de ce cinéma d'auteur masculin, dont notre cinéma contemporain est largement héritier. Biographie de l'auteur Geneviève Sellier, agrégée de lettres modernes, professeure à l'université de Caen, a publié notamment Jean Grémillon, le cinéma est à vous (Klincksieck, 1989), Les Enfants du paradis, étude critique (Nathan, 1992) et avec Noël Burch, La Drôle de guerre des sexes du cinéma français 1930-1956 -Nathan, 1996).
Entre 1946 et 1967, la rubrique hebdomadaire de courriers des lecteurs du magazine Cinémonde est le lieu d'expression d'un lectorat jeune, populaire et majoritairement féminin qui utilise le cinéma pour discuter de ses goûts et de ses aspirations. Le cinéma en France après la Libération devient le loisir favori de la jeunesse populaire, et les magazines spécialisés, comme Cinémonde, le plus diffusé d'entre eux, proposent un courrier des lecteurs et lectrices qui, au-delà de sa fonction de fidélisation, construit au cours des années 1950 une communauté de fans cimentée par le goût des acteurs et actrices et l'amour des films comme leçons de vie. Cet ouvrage propose une exploration sur 20 ans de la rubrique hebdomadaire de Cinémonde, intitulée " Potinons ", son évolution au cours de ces deux décennies, sa composition sociologique et genrée, le parcours de quelques " potineuses " et " potineurs ", une analyse des préférences cinéphiliques des courriéristes, très majoritairement féminines, et la réception de quelques films français et hollywoodiens des années 1950 qui ont fait date pour ce public jeune et populaire, et enfin la rencontre avec la Nouvelle Vague au tournant des années 1960. Cette rubrique se révèle en particulier une source sans équivalent pour documenter des formes de cinéphilie féminine et leurs spécificités par rapport à la cinéphilie dominante, quasi exclusivement masculine à l'époque.