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Dîner Fantasma
Sekiguchi Ryoko ; Ribon Felipe ; Abdessemed Adel
MANUELLA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782917217757
Au cours de son séjour à la Villa Medicis, l'écrivain Ryoko Sekiguchi a rencontré un mystérieux K. W. adepte de séances de spiritisme. Cuisinière émérite, Ryoko lui propose aussitôt d'inviter les fantômes à dîner. Avec le photographe Felipe Ribon, amateur de bonne cuisine, elle se lance dans la conception de repas pour les fantômes. Commence alors une aventure culinaire et spirituelle dont ce livre est le récit. L'une par les mets et les mots, l'autre par les images, ils conçoivent ce traité sur l'art de la table, l'art d'inviter et de recevoir les fantômes. Un art qui réclame beaucoup d'attention et de délicatesse. Car les défunts entreprennent un long voyage pour revenir et il faut les accueillir avec respect. Il s'agit donc tout d'abord de s'interroger sur ce qu'ils peuvent avoir envie de manger, puis de réaliser les plats et de créer un environnement favorable. Il faut ensuite inviter le fantôme pour qui le dîner est destiné, en espérant qu'il viendra et qu'il appréciera les odeurs, les couleurs, les textures de ce qui lui est offert. Tout cela est consigné par Ryoko, non sans humour, sous forme de notes, de recettes, de préceptes, de souvenirs personnels et de récits de traditions japonaises. Concocter des bons petits plats est une façon généreuse d'entrer en communication avec ceux qu'on a aimé. C'est une façon conviviale de leur témoigner notre amour. Les invoquer pour les rendre présents à nous-même, les laisser vivre encore en nous. Qui ne pense à sa mère, à sa grand-mère quand l'odeur chaleureuse du plat enfourné s'échappe de la cuisine ? Si ce traité roboratif de savoir vivre avec nos défunts nous invite à réfléchir à la place que nous leur faisont dans notre civilisation, il dit aussi toute la simplicité jubilatoire de faire la cuisine et d'être entièrement dévoué au plaisir des autres. Les photographies de Felipe Ribon mettent en scène cette fantasmagorie littéraire et restituent le mystère de cette présence/absence.
C'est un livre sur les voix, des voix enregistrées qui continuent d'émettre au présent, sur l'expérience de la perte et sur certaines ondes qui nous touchent.
Résumé : Si vous aimez le gâteau au chocolat, pouvez-vous décrire son goût ? Si vous n'aimez pas les courgettes, pouvez-vous expliquer pourquoi ? Quelle est la couleur des aliments qui vous attirent le plus ? On croit savoir beaucoup de choses sur l'alimentation, sur ce qui nous nourrit ; mais la nourriture est en réalité pleine de mystères. La cuisine, par exemple, n'est pas une chose banale et ennuyeuse du quotidien comme on le dit parfois. Manger et faire la cuisine font partie des rares actions qui éveillent les cinq sens. A cet instant, toutes les portes de ce monde nous sont ouvertes. Le monde est fait d'échanges constants. En étant simplement assis à côté de quelqu'un, peut-être échangez-vous avec lui, même sans le savoir, un peu de l'eau qui est dans votre corps et qui s'évapore dans l'air que l'autre aspire. La terre est une marmite, et on y danse, nous les êtres humains, avec les arbres, les poissons, les animaux, l'eau, et les mots pour les nommer, avec pour assaisonnement les grands mystères de la vie et de la mort.
L'ouvrage que nous publions est composé de textes tirés de deux livres japonais traduits par l'auteur elle-même. Il est une sorte d'essai de structure en décomposition qui s'attache à la surface de la langue et du texte. Les textes, tout en suivant les pages, ne se déroulent pas et se superposent en formant à peine une épaisseur de narration, à peine un contenu déterminable. Ils sont projetés sur le même écran en restant indépendants les uns des autres. Hormis le sens interne, c'est-à-dire de chaque unité, de chaque fragment, le livre évoque la réflexion du travail de la traduction, sans doute. Mais il indique aussi la possibilité d'une définition de la poésie. Les textes qui restent comme en surface, sans poids et sans référence, laissent apparaître des mots qui créent chaque fois un temps irremplaçable, conséquence d'une absence de temps et de narration linéaire. S'y joue le défi, néanmoins impossible, de fuir la linéarité. Au fond, ce livre est aussi un essai où les poèmes sont l'incarnation de poèmes par excellence, dans lesquels les mots vivent et parlent des poèmes.
4e de couverture : Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais ! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû... Du XIIE siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine.
La première monographie de la peintre Eva Nielsen est une étape importante dans son parcours. Cette parution coïncide avec dix années de recherches et de productions. Jeune peintre, Eva Nielsen a été étudiante à l'atelier de Philippe Cognée aux Beaux Arts de Paris. Arpenter des territoires est à l'origine de son approche de la peinture. Lieux en reconstruction ou espaces factices, Eva Nielsen brouille nos repères en "fabriquant" des images troublantes. Peintre qui interroge constamment le photographique dans sa pratique, Eva Nielsen intègre la sérigraphie dans ses peintures afin de rassembler et de reconfigurer des fragments du réel. Territoires perturbés, abandonnés et traversés par des désastres ou des catastrophes naturelles, ses peintures se construisent au travers de visions multiples du paysage : désertique, sec, avec des aires bétonnées ou urbaines. Oscillant entre le quotidien et l'imaginaire, les peintures d'Eva Nielsen procèdent d'une mise à plat des réalités urbaines et architecturales. Le lancement du livre aura lieu lors d'une exposition à la galerie Jousse Entreprises en juin prochain. Soutenu par l'Adagp, le livre fera également l'objet d'une présentation au Filaf à Perpignan en juin. Eva Nielsen est également représentée à l'étranger par la galerie The Pill (Istanbul).
Comme le disait Heinz Mack lors d'un de nos nombreux entretiens : "Etes-vous bien conscient que je suis un des derniers à pouvoir vous raconter cela ? " De l'exposition de Düsseldorf en mai 1957 à la mort prématurée de l'artiste en 1962, de la création de l'opéra de Gelsenkirchen à la rétrospective de Krefeld, l'aventure allemande d'Yves Klein fut essentielle dans sa fulgurante carrière. Grâce aux échanges intenses entre l'artiste français et les artistes allemands de sa génération — notamment du mouvement ZERO —, cette histoire se trouve ici retracée au moyen de matériaux d'archives et d'entretiens avec l'ensemble des témoins encore vivants. Intimement liée à l'évolution artistique outre-Rhin, cette biographie constitue aussi une archive exceptionnelle pour une double histoire de l'art.
En 2017, alors qu'il célèbre ses quarante ans d'existence, le Centre Pompidou propose à Philippe Artières d'intervenir dans l'institution durant toute une année. L'historien imagine alors le Bureau des archives populaires. "Confiez-moi l'un de vos souvenirs du Centre Pompidou ! " C'est par ces mots que Philippe Artières s'adresse au public. Revêtu d'une blouse grise, installé derrière un bureau en carton confectionné pour l'occasion, il attend les visiteurs à l'intérieur du Centre. Il recueille leur parole, leurs souvenirs et parfois même des documents, autant de témoignages intimes, de microhistoires, qu'il collecte précieusement et qui constituent une archive sur le lien sensible entre une institution et ses visiteurs, sur le lien personnel que ceux-ci entretiennent avec l'art et la culture. Dans ce petit théâtre se joue un face-à-face inédit entre le corps de l'historien et le corps du témoin qui, au-delà de la transmission de mémoire, nous invite à une réflexion sur l'histoire en train de se faire, sur la pratique de l'histoire du très contemporain, lorsqu'elle "se risque dans l'instant de notre présent".