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Le détail et tout
SEGUIN JEAN-CLAUDE
PU SAINT ETIENN
15,24 €
Épuisé
EAN :9782951428317
L'?uvre inconique est constituée d'une somme d'informations qui construisent une unité de sens. Le tout, narration construite, tend à gommer l'effet "détail"; alors qu'il est fondamentalement un agglomérat de situations, d'épisodes, de traits, de couleurs, de figures... qui ont également leur propre "existence" que le tout efface en partie. S'il n'est pas toujours aisé de définir le détail (Où commence-t-il ? Où s'achève-t-il ?), il est inévitablement présent dans l'?uvre. Il en constitue, selon Daniel Arasse, sa brillance, sa différence et sa puissance de fissure, de séparation de l'?uvre. Le détail, lorsqu'il atteint une certaine autonomie expressive et significative, construit un rapport dialectique avec le tout. La tension entre le détail et le tout est productrice d'un incontestable dynamisme où les différents fragments de l'?uvre tout en possédant leur propre autonomie sont susceptibles de confluer pour produire le sens total. L'étude de structures élémentaires (la couleur, la figure ou la texture) oriente une réflexion sur la fragmentation et la renarrativisation dont le "texte" post-moderne est une des meilleures actualisations. L'effet "détail" peut également être présent dans l'intervention sociale ou politique visant à détourner l'?uvre de sa destination première. Ainsi la censure, dans la micro ou macro chirurgie qu'elle opère sur l'?uvre, est susceptible de déconstruire le sens initial pour en proposer un nouveau. La dialectique du tout et du détail peut également rendre compte du rapport qui s'établit entre l'?uvre et la création générale de l'artiste. Le tableau, le film, la bande dessinée, la gravure... peuvent ainsi devenir à leur tour fragment d'une production plus étendue de l'artiste. Le questionnement du tout et du détail peut également ouvrir une réflexion sur le problème de la "fidélité" de l'?uvre dans les transformations qui s'opèrent dans les cas de transcription numérique. La numérisation en effet est conduite à repenser le problème du détail en relation avec la perception globale du tout.
La citation, qui appartient à un hypotexte ou à un intertexte, pénètre l'?uvre sous des modalités plurielles. L'image peut ainsi se constituer en accumulation stratifiée de palimpsestes divers où l'icône, mais également le texte, peuvent intervenir sous la forme de citation proprement dite, de plagiat ou d'allusion pour reprendre la typologie genettienne qui n'est pourtant pas à même de rendre toutes les nuances de ce glissement. Les citations peuvent à tout moment surgir dans l'hypertexte sous des modalités d'autant plus complexes que les effets hypotextuels peuvent se combiner d'effets intertextuels si nous considérons conjointement texte et image. La"migration" d'un fragment textuel (par exemple la présence presque totale du texte original dans Amor de perdiçao de Manoel de Oliveira) dans l'icône ou à l'inverse la pénétration iconique dans le texte (par exemple la photographie dans La invenciôn de Morel d'Adolfo Bioy Casares) s'opèrent selon des formes complexes que nous regrouperons sous le terme"transmutation", c'est-à-dire transfert, transport vers ailleurs et, dans l'acception alchimique, changement d'une substance en une autre. Aussi la citation qui pénètre l'icône se modifie et modifie l'image. Elle construit son sens doublement, en fonction de l'icône/texte créditeur et du texte/icône débiteur. Les palimpsestes peuvent cependant se présenter sous des formes hypertrophiées où la citation est d'une telle ampleur qu'elle semble occuper l'essentiel de l'?uvre. C'est le cas des "remakes" multiples d'une même ?uvre ou de celui des diverses dérivations de l'?uvre. La dérivation, dans son acception linguistique, peut se présenter sous des aspects divers. En reprenant un thème commun, la variation, qui est de l'ordre du respect, transforme le texte initial et le repense (p. ex. Les Ménines de Picasso..., Étude d'après le portrait du pape Innocent X par Vélasquez de Francis Bacon) en le reversant dans le champ créatif d'un nouvel artiste. C'est également les questions du pastiche et de la parodie qui se posent. Le cas extrême de la variation serait celui de la copie où seul le détail est alors susceptible de différencier les ?uvres(p. ex.: Felipe II d'Antonio Moro en 1557 et Felipe II de Sanchez Coello vers 1566...). Le détournement, qui est aussi l'action de soustraire à son profit, se présente quant à lui sous de multiples modalités, mais il y a dans l'utilisation de l'?uvre initiale une volonté de jouer sur le sens premier, voire de le trahir (p. ex. L'utilisation de La Persistance de la mémoire sur la première page de Libération 10 décembre 1997, les transformations virtuelles du même tableau dans Nit Data 1997 d'Alain Escalle...). Les technologies numériques sont aptes à construire visuellement les couches de sédimentation, les palimpsestes en faisant surgir derrière l'?uvre, les hypotextes.
Employée souvent de façon générale et confuse, la notion d'humour semble se dérober à toute définition. Instable, subtile et ambigu, le concept se distingue mal des autres formes du genre comique comme l'ironie ou les jeux de mots. La notion d'humour peut-elle être analysée comme un pur concept rhétorique ou renvoie-t-elle à une esthétique, voire à une philosophie ? Comment s'intègre-t-elle dans le cadre plus général d 'une réflexion sur la modernité ? Quelle est la part du déterminisme géographique et historique ? Dans quelle mesure l'humour évolue-t-il au fil du XXe siècle ? Les contributions à cet ouvrage tentent de préciser par une approche théorique ou descriptive les contours de cette notion à l'intérieur d'une réflexion sur ses manifestations spécifiques dans le cadre précis d'une aire géographique, l'Espagne, et d'une période historique, les XXe et Xxie siècles.
L a Société d'Etudes Anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles a été créée en 1975 par les professeurs J. Béranger, J. Dulck et R. Ellrodt. Son champ de recherche s'étend de la naissance de Shakespeare aux Lyrical Ballads de Wordsworth et Coleridge ou, si l'on veut, de la fin de la Renaissance au début du Romantisme. Cette tranche d'histoire, qui va jusqu'aux années 1830 en ce qui concerne les études américaines, forme un tout cohérent particulièrement riche dans les domaines de la littérature (roman, théâtre, etc.), de l'histoire des idées politiques, économiques, scientifiques, esthétiques, et tout ce qui concerne les grands enjeux sociaux de la civilisation occidentale moderne et contemporaine. La Société publie deux fois par an sa Revue (RSEAA XVII-XVIII) centrée sur des thèmes de recherche explorés lors de colloques annuels ou à l'occasion d'une réflexion collective dans le cadre de la préparation aux concours de recrutement de l'enseignement français (Agrégation. Capes). Ce volume porte sur Tristram Shandy de Laurence Sterne, Pride and Prejudice de Jane Austen, Some Thoughts Concerning Education de Locke, la philosophie politique de Thomas Jefferson et la Royal Academy of Arts. sous les signatures de Peter de Voogd, Jens Gurr. Anne Bandry-Scubbi, Brigitte Friant-Kessler, Pierre Goubert, Marie-Laure Massei-Chamayou, Pierre Lurbe, Jean-François Baillon, Elise Marienstras et Thierry Labica.