Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LA REVOLTE DES PECHEURS DE SAINTE BARBARA
Seghers Anna
L ARCHE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782851811424
« Kedennek continuait d avancer, comme convenu, pas trop lentement, à petits pas d une légèreté insolite. Il éprouvait dans son dos une étrange sensation de vide, il comprit que les autres étaient restés en arrière et qu il avançait seul, et il comprit aussi que le soldat allait tirer sur lui. Il s écroula, dans l espace qui séparait les soldats des pêcheurs, à huit mètres environ des pêcheurs. De toute son existence, Kedennek n avait pensé que voiles et moteurs, pêche et tarifs, mais au long de ces huit mètres il avait eu enfin le temps de penser à toutes les choses possibles. Dans sa tête avaient fait leur entrée toutes les pensées qu une tête humaine a été créée pour recevoir. Il pensa à Dieu, non pas comme on pense à quelque chose qui n existe pas, mais comme à quelque chose qui vous a abandonné. » La Révolte des pêcheurs de Sainte-Barbara est le récit d une grève manquée. Parue en 1928, cette longue nouvelle a eu immédiatement le succès qu elle méritait et a valu à son auteure le prestigieux Prix Kleist.
Années 1950, à bord du cargo qui les ramène en Europe, Franz Hammer, mécanicien allemand fait la connaissance d'un compatriote, Ernst Triebel, jeune médecin venu assister à un congrès. Au cours de cette traversée, Ernst Triebel se raconte. Encore enfant, il a émigré au Brésil, dans les années 1930, quand ses parents ont fui l'Allemagne. A Rio, il se lie avec une autre enfant d'origine allemande, Maria Luisa. Leur amitié s'enracine, sans que les jeunes gens, réalisent vraiment qu'elle se transforme en amour. La guerre terminée, le père de Triebel décide de retourner en Allemagne. Son pays dévasté a besoin de forces intactes. Il persuade son fils de l'accompagner. Maria Luisa, elle, reste à Rio. Mais l'histoire de cet amour, ardent, magnétique et peut-être funeste, ne s'arrête pas là...
Il tenait à son bleu comme si ce bleu était son destin. Et sans doute était-ce bien son destin. Il fallait qu'il parvienne à en dénicher. On finit toujours par trouver ce qui vous appartient. " Un potier mexicain, fier de son inimitable vaisselle bleue, la vend semaine après semaine sur le marché de Mexico, à une clientèle qui sait l'apprécier. Ne trouvant plus chez son fournisseur habituel " ce bleu, exactement " pour des raisons qui lui semblent lointaines - en quoi la guerre en Europe peut-elle le concerner ? -, il se lancera à sa recherche. La quête dans laquelle il s'engage alors bouleverse sa vie bien réglée et l'entraîne loin de son village, de sa famille et du marché de la capitale. Le héros de cette fable moderne possède ce qu'Anna Seghers appelle la " force des faibles ", cette capacité insoupçonnée de résister au malheur, à l'adversité, qui fonde la dignité humaine. Grâce à elle, il agit d'instinct et triomphe une à une de toutes les épreuves, acquérant ainsi une expérience du monde qui lui permettra désormais de comprendre l'autre, d'échapper à la " force des choses ".
Commentaires L'Excursion des jeunes filles qui ne sont plus est le seul livre que je connaisse d'Anna Seghers. C'est un cinéaste, Gaspard Noé, qui me l'a un jour conseillé, me disant qu'il n'avait jamais rien lu d'aussi beau. Eh bien, après m'être exécuté, je ne peux que dire la même chose : je n'ai rien lu d'aussi beau ! Ce roman a été écrit par Anna Seghers dès son arrivée au Mexique alors qu'elle fuyait les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Il retrace, dans une sorte de rêve éveillé, une promenade sur le Rhin effectuée par une classe de jeunes étudiantes. Toute la beauté du monde et toute son atrocité sont résumées dans ces pages : la personnalité complexe et vaine de ces jeunes filles, affreusement banales et si humaines, les nœuds dérisoires des relations qui se tissent au cours d'une existence et que la guerre disperse comme un tas de cendres froides, les destinées curieuses des unes et des autres et l'impitoyable machine à broyer les petites filles à laquelle nous assistons et dont la mécanique ne s'arrête jamais. Ce livre est tissé du fil dont sont faits les songes, de mélancolie, de poésie et de fantastique, comme si la terre du Mexique, l'or du Rhin et toute la compassion de l'auteur s'étaient entremêlés pour donner naissance à cette élégie d'une lucidité et d'une pureté sans égales. --Vincent Ravalec
Soudain Jans se mit à pleurer. Sans raison concrète, il sanglota et enfouit sa figure dans la jupe de Marie. Jansen avait ôté les mains de son visage et tambourinait des doigts sur la table. Les sanglots entrecoupés de Jans faisaient tressaillir son propre visage, et les faibles gémissements dont ils étaient suivis se propageaient dans tout son corps. Marie jeta un coup d'oeil méprisant à ce Martin qui tambourinait du bout des doigts sur la table, enveloppa l'enfant dans les plis de sa jupe et le berça de-ci de-là jusqu'à ce que ses pleurs cessent. Jans aurait aimé continuer à pleurer encore, cela faisait tant de bien d'évacuer ainsi tout l'ennui de cette journée morose et gâchée, mais sa tête se mit à lui faire mal, ce que ne compensa pas le bonheur de pleurer."
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie. La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, "la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force". Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.
Malgré l'image d'ermite qu'il s'est forgée ou qu'on lui a faite, Thomas Bernhard a participé activement à la vie sociale de l'Autriche et de l'Allemagne. A partir des années 80, il a adressé à des journaux des textes provocateurs, des "dramuscules" traitant de la xénophobie, du racisme et de la haine de l'autre dans la société d'aujourd'hui.