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Le Fleuve. Edition bilingue français-allemand
Schwarzenbach Annemarie
ESPERLUETE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782359840384
Traduit de l'allemand (suisse) par Dominique Laure Miermont et Nicole Le Bris Nous suivions le fleuve depuis des semaines déjà. C'était le soir, le soleil plongeait dans l'eau, et sa lumière était entraînée du côté de la mer. Des oiseaux planaient au-dessus de nous. Deux jeunes gens marchent le long du fleuve au fil des jours. Leurs rencontres de hasard - une louve, un âne, une renarde, des bateliers, les montagnes bleues - rythment le texte comme autant de symboles du monde vivant. Leur histoire peut se lire comme une séquence poétique de film à la Murnau, dans un mélange brouillé de songe et de réalité, ou comme une allégorie rêveuse de la vie et des rapports humains. Annemarie Schwarzenbach livre ici un récit qui a la saveur des contes d'autrefois, dans une écriture intemporelle, hors de tout ancrage de temps et d'espace. La quête des personnages acquiert dès lors une dimension universelle.
La vie d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), écrivain, reporter-photographe et archéologue, fut marquée par la morphine, les amours malheureuses, une lutte acharnée contre le nazisme et une amitié tumultueuse avec Klaus et Erika, les enfants terribles de Thomas Mann. Issue d'une riche famille d'industriels zurichois, elle devint célèbre sous le pseudonyme de Christina, l'héroïne tragique du livre d'Ella Maillart, La Voie cruelle. En 1935, après une tentative de suicide, elle épousa un diplomate français en poste à Téhéran. La légation britannique les invita tous deux à camper dans la vallée du Lahr, au pied du Demavend. C'est là qu'Annemarie commence ce récit de voyage intérieur où les paysages de ces lieux extrêmes, tels d'impitoyables miroirs, la renvoient à elle-même.
En 1934-1935 Annemarie Schwarzenbach participe à des fouilles archéologiques en Syrie et en Perse. C'est pour elle une plongée dans l'incertain et l'intemporel. Les colonies européennes perdues dans les immensités sablonneuses, les paysages irréels, le climat brutal lui inspirent La Mort en Perse ( " Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs ", 1998), mais aussi ces nouvelles qui mettent en scène des personnages à la dérive, Occidentaux venus chercher comme elle en des lieux extrêmes une impossible solution à leur mal de vivre.
Dans le Berlin du début des années trente, un jeune homme qui hésite sur sa vocation et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois et à ses préoccupations d'étudiant par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle pas pour rien Sibylle : à la suite de cette figure énigmatique qui n'est peut-être qu'un reflet, le narrateur découvre la vie nocturne de la ville et plonge dans un univers cosmopolite fait d'inquiétantes rencontres et de fuites incessantes, que l'écriture d'Annemarie Schwarzenbach restitue en de brefs chapitres puissamment évocateurs. Dans cette nouvelle où l'homosexualité de l'auteur trouve à s'exprimer sous le masque d'un narrateur masculin, c'est l'énigme du désir et celle de la féminité qui viennent fracturer l'univers du héros, obligé de réviser radicalement les valeurs du monde bourgeois, et tenté de fuir dans l'alcool, la vitesse, la solitude ou la mort. Paru au printemps 1933, ce court récit d'atmosphère montrait la vole d'un " lyrisme " narratif dépouillé, à l'opposé des grandes fresques romanesques de l'époque. La date de sa publication lui confère une aura supplémentaire : il sonne le glas du Berlin cosmopolite sur lequel allait s'abattre le national-socialisme.
Schwarzenbach Annemarie ; Le Bris Nicole ; Miermon
Résumé : Ecrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut aussi journaliste et photographe. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme. Entre 1934 et 1942 elle a publié, dans la presse quotidienne et les magazines, près de trois cents articles dont soixante sont présentés ici. Les rédactions de l'époque appréciaient son professionnalisme, ses connaissances d'historienne, la pertinence de ses questions, son style tour à tour alerte et poétique, l'humanité du regard qu'elle portait sur le monde des années 30. Arnold Kübler, rédacteur de la revue Du, témoigne : "Ses qualités personnelles et sa position sociale privilégiée assuraient à Annemarie Schwarzenbach des appuis dans le monde entier, et elle s'en est servi pour son travail. Elle avait facilement accès aux gens influents, mais elle s'efforçait par ailleurs de rencontrer ceux qui ne le sont pas, ceux dont la vie se déroule dans une étroite sujétion, les exclus, les laissés-pour-compte, les gens simples." Ces reportages constituent un témoignage irremplaçable sur la situation du monde à un moment crucial de son histoire.
Dans un quartier en lisière de forêt, où les branches des hêtres touchent presque les toits, entre ville et frondaisons, s'établit doucement une coutume qui veut que l'on dépose sur son appui de fenêtre ou son seuil, les objets et les vêtements dont on n'a plus usage ou utilité. Ainsi, quand le temps est clair et qu'il n'est pas annoncé d'averses, fleurissent les "?à donner?" ou les offrandes silencieuses, hétéroclites. Dans ce quartier que longe la forêt, on entend, la nuit, par grand vent, la mer. Le ressac des branches, la houle des troncs, créent des marées forestières. Au matin, quand les rues se réveillent, un goût d'embruns se mêle au quotidien. Anne Herbauts a alors imaginé que les nuits de tempête, la marée forestière abandonnait des objets divers, marins, flottés, sur les pas de porte et au bord des fenêtres. Ce catalogue en est la preuve certaine, archéologique. Un glanage au fil de quelques rues, en lisière, les matins de jusant.
Ecrire une histoire ou un scénario de film d'animation, ce n'est pas si facile. On connaît l'angoisse de la page blanche, mais imagine-t-on la multitude de questions qui se posent à l'illustrateur lorsqu'il commence un projet ? Faut-il commencer par créer les personnages ? Travailler sur les recherches graphiques ? ou bien se plonger dans des lectures en quête de références ? Quels outils utiliser ? Mon idée convient-elle à un film d'animation ou vaut-il mieux imaginer un livre ? Quelles sont les différentes étapes pour mettre une histoire en images ? Nicolas Bianco-Levrin est auteur, illustrateur, réalisateur de films d'animation. Il a travaillé pour différents journaux et institutions, ce qui lui a permis d'appréhender le processus créatif de diverses manières. Au fil de ses parutions, il a forgé des outils, développé une méthode, mis des mots sur les Etapes préparatoires à son travail. Etayé de nombreux exemples concrets, le livre présente de manière très complète les procédés d'élaboration et de fabrication d'une histoire et propose des pistes de réflexion à ceux qui souhaitent se lancer dans l'écriture d'une histoire en images, qu'elles soient fixes ou animées. Certaines étapes sont communes à tous, comme l'élaboration d'un storyboard, les crayonnés, les recherches documentaires ; d'autres sont propres à chacun, selon ses envies, habitudes et mode de fonctionnement. Ce manuel est un outil très concret qui aidera les auteurs et illustrateurs en herbe à se lancer, mais aussi tout un chacun à mieux comprendre les étapes qui précèdent l'élaboration et la réalisation d'un album ou d'un film d'animation.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. Evocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.