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La mort en Perse
Schwarzenbach Annemarie
PAYOT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782228890854
La vie d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), écrivain, reporter-photographe et archéologue, fut marquée par la morphine, les amours malheureuses, une lutte acharnée contre le nazisme et une amitié tumultueuse avec Klaus et Erika, les enfants terribles de Thomas Mann. Issue d'une riche famille d'industriels zurichois, elle devint célèbre sous le pseudonyme de Christina, l'héroïne tragique du livre d'Ella Maillart, La Voie cruelle. En 1935, après une tentative de suicide, elle épousa un diplomate français en poste à Téhéran. La légation britannique les invita tous deux à camper dans la vallée du Lahr, au pied du Demavend. C'est là qu'Annemarie commence ce récit de voyage intérieur où les paysages de ces lieux extrêmes, tels d'impitoyables miroirs, la renvoient à elle-même.
Le 6 juin 1939, Annemarie Schwarzenbach quitte Genève dans la Ford Roadster " De Luxe " que vient de lui offrir son père. Sa destination : l'Afghanistan. Sa compagne de voyage : la déjà célèbre Ella Maillart, qui veut arracher à la drogue cet " être noble au charme prenant ". On ne connaissait jusqu'alors de cette aventure exceptionnelle que La Voie cruelle, peut-être le plus beau livre d'Ella Maillart. Voici enfin rassemblés les textes de celle qui s'y cachait sous le pseudonyme de " Christina ". Pour raconter une terra incognita aux paysages et aux mœurs archaïques, un pays si propice à la quête de soi, si éloigné des tumultes de l'Occident, Annemarie Schwarzenbach mêle journalisme et poésie sous une plume dont la puissance ne tarit jamais. C'est avec un même talent qu'elle promène son errance intérieure dans l'immensité de la steppe et qu'elle s'interroge sur le statut de la femme en terre d'Islam. Mais cet " ange dévasté ", comme l'appelait Thomas Mann, ne pourra demeurer sourd aux échos de la guerre qui commence à ravager l'Europe.
Hiver 1933. Alors qu'Hitler vient de prendre le pouvoir en Allemagne, Annemarie Schwarzenbach n'hésite pas un seul instant : sa place ne peut être que dans l'opposition. Mais la question essentielle à ses yeux est de savoir quelle forme va pouvoir prendre son engagement politique. Tout comme ses amis Klaus et Erika Mann - mais sans y être directement contrainte par les événements -, elle va choisir la fuite. Mais une fuite qui doit donner une orientation constructive à sa vie, à l'écart des dangers et de la confusion du monde. Face au drame qui se joue en Allemagne, Annemarie veut prendre du champ et de la hauteur, et c'est bien ce qu'exprime le titre de l'ouvrage qu'elle a commencé au début de l'année : Le Refuge des cimes.Le héros de ce roman, Francis von Ruthern, fils aîné d'un junker prussien, rentre en Europe après avoir passé dix ans en Amérique du Sud. Mais il ne parvient pas à reprendre pied dans la vie normale. Il trouve alors refuge dans une station de ski au-dessus d'Innsbruck. Là, son destin croise celui d'hommes et de femmes tout aussi accablés que lui par un sentiment d'étrangeté face à eux-mêmes, par leur incapacité à communiquer, à aimer, à trouver leur voie. Dans la montagne, les jours s'écoulent entre l'immensité vide des champs de neige, les courses à ski et la vie tissée d'ennui d'un hôtel de luxe. Chacun est dans l'attente d'un événement qui pourrait lui permettre de donner une orientation à sa vie, et c'est finalement à Francis qu'est dévolue cette " chance " : quand son frère Carl Eduard, un officier de l'armée de métier, se tire une balle en plein coeur, il doit redescendre dans la vallée où " tous les chemins s'ouvrent à lui ". La mort de Carl Eduard et la confrontation avec un monde en proie aux flambées nationalistes opèrent sur lui une sorte de catharsis : il découvre la valeur de la vie et de l'amour. Se sentant inapte à se lancer dans la mêlée où " s'affrontent les puissances humaines déchaînées", il réalise que sa place est en haute montagne, là où il pourra répondre aux attentes des autres tout en développant ses aptitudes propres. Il en recevra d'ailleurs la confirmation quand l'occasion lui sera donnée de sauver la vie d'un jeune garçon égaré dans la neige et le brouillard.
Schwarzenbach Annemarie ; Le Bris Nicole ; Miermon
Résumé : Ecrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut aussi journaliste et photographe. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme. Entre 1934 et 1942 elle a publié, dans la presse quotidienne et les magazines, près de trois cents articles dont soixante sont présentés ici. Les rédactions de l'époque appréciaient son professionnalisme, ses connaissances d'historienne, la pertinence de ses questions, son style tour à tour alerte et poétique, l'humanité du regard qu'elle portait sur le monde des années 30. Arnold Kübler, rédacteur de la revue Du, témoigne : "Ses qualités personnelles et sa position sociale privilégiée assuraient à Annemarie Schwarzenbach des appuis dans le monde entier, et elle s'en est servi pour son travail. Elle avait facilement accès aux gens influents, mais elle s'efforçait par ailleurs de rencontrer ceux qui ne le sont pas, ceux dont la vie se déroule dans une étroite sujétion, les exclus, les laissés-pour-compte, les gens simples." Ces reportages constituent un témoignage irremplaçable sur la situation du monde à un moment crucial de son histoire.
Traduit de l'allemand (suisse) par Dominique Laure Miermont et Nicole Le Bris Nous suivions le fleuve depuis des semaines déjà. C'était le soir, le soleil plongeait dans l'eau, et sa lumière était entraînée du côté de la mer. Des oiseaux planaient au-dessus de nous. Deux jeunes gens marchent le long du fleuve au fil des jours. Leurs rencontres de hasard - une louve, un âne, une renarde, des bateliers, les montagnes bleues - rythment le texte comme autant de symboles du monde vivant. Leur histoire peut se lire comme une séquence poétique de film à la Murnau, dans un mélange brouillé de songe et de réalité, ou comme une allégorie rêveuse de la vie et des rapports humains. Annemarie Schwarzenbach livre ici un récit qui a la saveur des contes d'autrefois, dans une écriture intemporelle, hors de tout ancrage de temps et d'espace. La quête des personnages acquiert dès lors une dimension universelle.
Résumé : Les hommes sont, plus souvent qu'on ne le reconnaît, hystériques. Ceux-là affectent d'être pervers ou prétendent que le sexe ne les intéressent pas, souffrent d'impuissance, de frigidité du sentiment ou d'éjaculation précoce. Mais que craignent-ils donc de rencontrer chez la femme ? A travers les grands textes fondateurs de notre imaginaire (la Bible, Shakespeare, Cervantès, mais aussi Alfred Jarry ou Albert Cohen), à travers surtout Don Juan, et en s'appuyant sur les analyses de Spinoza, Charcot, Freud et Lacan, le psychanalyste Jean-Pierre Winter dessine les contours d'un homme perpétuellement instable, décevant, toujours ailleurs et toujours dans l'attente.
Résumé : Pionnier de l'approche et de la cure psychanalytique des psychoses, Paul Claude Racamier montre, dans cet ouvrage devenu un classique, à quelles complexités de la vie mentale se livre le moi schizophrénique. Jusqu'où le moi peut-il aller trop loin ? Quelle différence existe-t-il entre psychose et folie ? Comment faire pour être en n'étant pas ? Telles sont quelques-unes des énigmes soulevées par Racamier, qui présente pour la première fois des notions nouvelles ou renouvelées comme la séduction narcissique, l'Antoedipe et la paradoxalité. Éclairant les ressorts universels de l'existence humaine, elles n'ont pas fini de faire leur chemin dans la connaissance des groupes et des familles comme des individus.
Presque aveugle à l'âge de seize ans, Aldous Huxley (1894-1963) vécut jusqu'en 1939 avec une vision très déficiente. C'est alors qu'il découvrit la méthode du Dr W.H. Bates, une méthode de rééducation visuelle à base psychologique, qui lui permit en quelques mois de lire sans lunettes. Par gratitude envers ce pionnier de l'éducation visuelle, Huxley écrivit L'Art de voir. Il y explique la méthode du Dr Bates en la rapprochant des grandes découvertes de la psychologie moderne. Car apprendre à mieux voir, c'est apprendre à mieux vivre. Non seulement mieux vivre avec les autres, mais aussi mieux vivre avec soi-même.
Il y a des circonstances qui font que l'on se tait. La parole est alors empêchée: par la prudence, les usages, par la maladie ou la mort& Mais il arrive aussi que les mots se tarissent d'eux-mêmes, se cherchent sans se trouver ou qu'un événement nous laisse sans voix. Le silence qui passe ou qui s'installe alors n'est pas un simple défaut de parole. C'est un blanc qui pèse, qui effraie, contre lequel on peut se défendre en bavardant. Mais parler, ce n'est pas remplir le vide de ses silences. C'est au contraire nouer le fil de ses paroles à une nécessité intérieure qui ne se révèle qu'entre les mots. Les pauses silencieuses de notre vie intérieure nous confrontent à nous-mêmes, et préparent une parole à venir. "La vérité, que seul le silence ne trahit pas", écrivait Bataille. C'est à cette éloquence silencieuse que reconduit le travail de la cure analytique. L'écoute du psychanalyste, faite de son propre silence, donne corps aux moments de vérité où le discours du patient s'évanouit devant l'excès de sens qu'il vient d'énoncer. Pourtant (mais est-ce un paradoxe?), les textes sur la question du silence sont relativement rares dans la littérature analytique. Les principaux sont rassemblés ici, sous la direction de J.-D. Nasio, à côté de contributions cliniques et théoriques de psychanalystes contemporains. Des éléments de réflexion précieux sur cette question essentielle du Silence en psychanalyse. -Emilio Balturi