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Quand cesse-t-on de vivre ?
Schumacher Bernard N.
CECILE DEFAUT
14,20 €
Épuisé
EAN :9782350180915
Les récentes découvertes technologiques liées à la transplantation d'organes humains et au maintien en vie de manière artificielle d'un être humain, ainsi que la controverse relative à l'euthanasie, ont suscité un débat passionné cherchant à résoudre la question de savoir à quel moment exact un être humain est mort. Si l'on veut être certain de ne pas tuer un être humain au moment de prélever ses organes, il est capital de commencer par définir la nature de la mort humaine puis d'élaborer des tests permettant de certifier le décès. Une telle définition implique une compréhension de la personne humaine et constitue le point de départ de la discussion éthique sur la fin de vie et des débats autour d'une politique publique des soins. Le présent ouvrage se propose d'analyser, dans un premier temps, les arguments de ceux qui réduisent la mort soit à sa seule dimension biologique, sans aucune référence à la dimension dite « personnelle », soit à cette dimension dite « personnelle », sans aucune référence au corps humain. L'auteur analyse également le déplacement de la définition de la mort humaine sur le plan éthique: la véritable interrogation consisterait alors à se demander si la vie d'un être humain plongé dans un état dit végétatif permanent vaut la peine d'être vécue. Il discute aussi la position qui soutient au nom d'une éthique séculière la diversité des définitions de la mort. L'ouvrage examine de manière critique ces différentes définitions de la mort en lien avec la définition de la personne à laquelle est attribuée une dignité intrinsèque et montre la faiblesse de la position dualiste qui distingue entre la mort humaine et la « mort de la personne ».
Putallaz François-Xavier ; Schumacher Bernard N. ;
Biographie de l'auteur François-Xavier Putallaz est privat-docent et maître d'enseignement et de recherche en philosophie à l'université de Fribourg. Auteur de nombreux ouvrages, directeur de la collection " Vestigia, pensée antique et médiévale ", on peut lire de lui aux Editions du Cerf : Figures franciscaines. De Bonaventure à Duns Scot (coll. " Initiations au Moyen Âge ", 1997), Insolente liberté, Controverses et condamnations au mir siècle (coll. " Pensée antique et médiévale ", 1995). Bernard N. Schumacher est privat-docent et maître d'enseignement et de recherche en philosophie à l'université de Fribourg. Ses domaines de spécialisation sont l'éthique et l'anthropologie philosophique. Les Editions du Cerf ont publié de lui Confrontations avec la mort (coll. " Passages ", 2005).
L'ouvrage se propose d'analyser ce qu'est la mort de manière systématique à travers les écrits des philosophes contemporains et, plus particulièrement, en faisant dialoguer divers courants, tels la phénoménologie, l'existentialisme et la philosophie analytique. Trois questions fondamentales sont au c?ur de la problématique la nature de la mort, la connaissance de la/ma mort et la question de savoir si celle-ci n'est rien par rapport à nous ou, au contraire, si elle doit être perçue comme un mal. Le problème du mal de la mort est au c?ur du débat thanatologique contemporain, même si celui-ci n'en prend pas suffisamment conscience. La plupart des philosophes moralistes de notre temps vont à l'encontre de l'antique sagesse épicurienne qui défendait l'idée que la mort de quelqu'un ne peut pas être considérée comme un mal pour lui. En effet, si l'on désire rendre compte de manière satisfaisante que tuer X est lui faire une injustice, il est nécessaire d'expliquer pourquoi la mort d'une personne est un mal pour elle. C'est ainsi que le présent ouvrage débouche sur une nouvelle réflexion éthique et refonde les études thanatologiques.
Bien que le thème de la pudeur soit central dans le monde hospitalier, du handicap et du soin, il n'existe presque pas d'ouvrages qui traitent de ce sujet. C'est la raison pour laquelle il a semblé opportun de rassembler des auteurs provenant d'horizons et de disciplines diverses, appartenant aussi bien à la recherche qu'au terrain pour aborder la place de la pudeur dans les soins. Qui parle encore de la pudeur aujourd'hui ? Cette vertu du clair-obscur semble décriée dans nos sociétés contemporaines, imprégnées aussi bien par le dévoilement de l'intimité sur la place publique, que par l'indifférence, au nom du "respect" de l'intimité d'autrui. Et si, pourtant, la pudeur était la vertu qui permet d'entrer dans une authentique relation avec autrui ? La pudeur s'exprime par une certaine retenue, par une certaine délicatesse dans la relation à l'autre. On se dévoile sans se dévoiler complètement, y compris dans la relation au corps qui est au coeur de la pratique du soin. Dans le contexte des soins de plus en plus institutionnalisés, comment sauvegarder la pudeur ? Quelle place revêt-elle dans la relation soignante - pudeur du geste, de la parole, du regard ? Comment, dans le geste technique du soin, se laisser toucher par le toucher du corps du patient sans être inadéquat ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre.
La société occidentale contemporaine tend à considérer communément le temps qui échappe à la performance et à l'efficacité comme un temps " perdu ". Qu'en est-il du temps du mourir ? Est-il un temps en trop, dépourvu de sens et qualifié d'inhumain ? Ce temps ultime a tendance aujourd'hui à être planifié et maîtrisé à tout prix au nom des principes de l'utilité et de l'indépendance. On veut choisir sa mort, décider quand partir et comment. Le temps du mourir renvoie à la question de savoir s'il existe des temps dans l'existence humaine qui ne "servent" à rien, qui ont leur sens en eux-mêmes. Mais ce temps du mourir, n'est-il pas paradoxalement un des temps clefs de l'existence humaine individuelle et communautaire ? Un temps que l'on est appelé à vivre pleinement ? Le temps du mourir – le nôtre ou celui d'un proche – nous apprend-il quelque chose de notre propre vie, comme aussi de notre existence en communauté ? Est-il un temps d'ajus- tement à l'essentiel ? Est-il au final le temps de l'espérance plutôt que du désespoir ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage collectif tente de répondre.
Comment redonner vie à ces deux notions, dont la désuétude fait penser à Baudelaire : Vois se pencher les défuntes années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées, mais qui de ce fait méritent quelque égard, tant elles occupèrent les philosophes du passé ? Faut-il choisir entre le dualiste, qui s?écrit "j?ai un corps" et affirme la séparabilité de l?âme et du corps, et le moniste qui dit leur inséparabilité, et s?écrit : "je suis mon corps" ? Nous proposerons qu?entre le dualisme et le monisme il soit urgent de ne pas choisir, et que le corps se situe à la limite de l?être et de l?avoir, limite toujours mouvante, tant il est vrai qu?il est des moments du jour où il nous semble que nous avons un corps, et d?autres où il nous semble que nous sommes notre corps. Car le corps en bonne santé, oubliable et silencieux, n?est pas le corps souffrant, inoubliable et auquel on est comme assigné. Car le corps regardé n?est pas le même que celui qui ne l?est pas. De sorte qu?il ne faudrait pas prendre ce qui phénoménologiquement apparaît pour des réalités ontologiques ! Inspiré par les traditions aristotélicienne et chrétienne, cet essai se voudrait une contribution à une anthropologie résolument philosophique, et au fond une méditation sur la pensée de Pascal selon laquelle "l?homme n?est ni ange ni bête", ayant entre angélisme et bestialité "ses allées et venues"?
Attribué à Pascal, le Discours sur les Passions de l'amour traite essentiellement de l'amour passion, conçu à la fois comme une émanation et un dépassement de la raison, ce qui n'est pas sans recouper maints Fragments des Pensées. Il est présenté ici sous la forme de huit chapitres suivis, rendant ainsi justice au terme de " discours " inscrit dans son titre. Abordant l'épineuse question de la provenance d'un tel texte - qu'on considère, aujourd'hui, plutôt comme un apocryphe - la Préface, non moins que les Notes, en viennent à étudier ce Discours aussi bien dans son intertexte : les Pensées de Pascal, Les Passions de l'âme de Descartes, une brochure pirate intitulée L'amour de Jacques Lacan - que dans sa postérité : les Lettres de Julie de Lespinasse, De l'amour de Stendhal, Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes.
Lorsqu'une société est en crise, les modes d'être des adolescents apparaissent souvent comme le fer de lance des remises en cause de cette société. L'adolescence peut devenir le lieu du repérage d'une question historique: celle de la rencontre factuelle entre passé et futur, entre héritage et devenir. Hannah Arendt l'avait déjà souligné: à chaque génération, la façon dont la société tient compte de l'élément de nouveauté se révèle dans l'accueil qu'elle réserve à l'adolescence. La clinique psychanalytique des adolescents démontre que le mouvement inhérent au phénomène de l'adolescence n'est pas que sexuel et pulsionnel, il interroge aussi, à partir du rapport à la langue commune, la façon dont chacun doit trouver sa place dans un discours qui lui fasse lien social. Comment le sujet adolescent peut-il traduire l'excédent de sensualité, qui fait irruption dans son corps et qui peut déclencher cette bizarre souffrance évoquée par Rimbaud? Comment aborder le désarroi qu'il éprouve de se trouver exilé de son territoire d'enfance? Quel prix l'adolescent aura-t-il à payer pour franchir cette étape à risques? De quelle marge de man?uvre dispose t-il? Risquera-t-il toute sa vie, la vraie vie, ou saura-t-il consentir au sacrifice d'une part de la jouissance qui se trouve là en jeu? Sans apporter de réponse formatée, ce livre propose de s'appuyer sur une implication du psychanalyste avec l'éclairage d'autres disciplines, pour ne pas traiter la question des adolescents en dehors de la façon dont chacun entend trouver une langue.
Robert Walser, écrivain Suisse d'expression allemande, reconnu de son vivant par les plus grands Franz Kafka, Robert Musil,Walter Benjamin est « un de ces artistes de la langue tels que les définira André Breton. ». Il se voue à incarner une sorte de poète moderne: « c est pour moi une sorte d écrivain pointilliste. Comme un kaléidoscope. Son univers est tout entier contenu dans chaque point. Cette fragmentation fait qu'il est à mes yeux l'un des écrivains majeurs du vingtième siècle, du moins pour la littérature allemande. »Les parutions récentes Le territoire du crayon et l'écriture miniature nous ont donné accès à la lecture de 526 de ses « microgrammes », traduits par un jeune chercheur allemand Jochen Greven qui a découvert ces textes miniaturisés à l'extrême et qui a consacré 30 ans de sa vie à déchiffrer l'ensemble soit 4000 feuillets. Philippe Lacadée fait le choix ici de ne pas tenter une « biographie » classique de cet homme si secret, si à l'écart du monde et des autres, mais de la déduire de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde. Lui-même ne se représente pas dans une mise en scène pour un Autre toujours improbable, mais se donne tel quel, dans une foule de détails, si singuliers, dont foisonne cette écriture d'apparence tantôt naïve, honnête et simple, tantôt si déroutante. Robert Walser est dans son écriture, dans ce qu il nomme son roman du réel, qui structure tous ses romans. C est à partir du récit de ses héros que nous chercherons à déduire ce qu'a été sa vie. Dans cet essai, Philippe Lacadée montre que le poète, tout en devançant la psychanalyse, nous éclaire: son écriture miniature radicalise en quelque sorte les deux modes de l'écrit, soit le signifiant et la lettre, elle marque la distinction entre l'écrit qui ne parle que pour lui et le dessin de l écriture miniature. C'est un Walser avec Lacan qui nous est ici proposé et qui éclaire aussi bien le psychanalyste que le poète.