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L'invention de l'autonomie. Une histoire de la philosophie morale moderne
Schneewind Jerome-B
GALLIMARD
35,50 €
Épuisé
EAN :9782070755202
La chose paraît entendue : en inventant l'autonomie de la volonté, Kant, le premier, pose que l'homme est à la fois législateur et sujet de la loi morale. Voilà fondée la modernité philosophique. On comprend généralement pourquoi Kant invente l'autonomie, selon les nécessités de son système ; on saisit moins comment il peut procéder. En d'autres termes, de quels concepts, questions, acquis, impasses, langage dispose-t-il grâce aux réflexions cumulées des moralistes ? à quelles conceptions de la philosophie morale et de ses buts peut-il se référer ? que doit-il forger pour répondre à des défis nouveaux ? La réponse tient dans une mise en perspective non plus des seuls textes explicites, mais du contexte intellectuel et problématique des ?uvres. Il faut, en quelque sorte, non plus partir des textes depuis nos lectures contemporaines, trop souvent animées par la conviction qu'il y aurait un progrès dans le développement de la philosophie morale, mais apprendre à savoir arriver aux textes, les lire avec les lunettes dont disposaient leurs auteurs, avec l'outillage conceptuel des contemporains d'alors. Par là, l'historien renonce à l'illusion d'une finalité unique de la philosophie morale à travers les âges. L'invention de l'autonomie, histoire d'une notion, est tout autant une pressante invitation à écrire l'histoire de la philosophie, morale ou autre, différemment.
Cet ouvrage est le dernier temps d'un dialogue commencé depuis quelques années entre Jacques André et Alexandrine Schniewind dans le cadre d'une recherche universitaire dont le point de départ fut la Verständigung, le « se faire comprendre » que Freud installe au principe de la première rencontre humaine, entre le cri de l'infans et sa réception par le Nebenmensch, l'être-humain-proche en charge du nouveau-né. Dans quelle mesure la psychanalyse, le dispositif d'écoute qu'elle propose, est-elle l'héritière de cette scène originaire? C'est une des questions qui court tout au long de ce livre.Les textes rassemblés font suite à une Journée sur ce thème organisée par le CEPP (Centre d études en psychopathologie et psychanalyse, université Paris-Diderot) en janvier 2011.Jacques André est psychanalyste, membre de l'Association psychanalytique de France (APF), professeur de psychopathologie à l'université Paris-Diderot. Il est notamment l'auteur des 100 mots de la psychanalyse (Que sais-je? n°3854, PUF, 2009), des Désordres du temps (Petite Bibliothèque de Psychanalyse, PUF, 2010), et de Paroles d'hommes (coll. Connaissance de l'Inconscient, Tracés, Gallimard, 2012).
Résumé : Dans l?Antiquité, c?est aux philosophes qu?il revient d?éradiquer la peur de la mort. Philosopher, c?est se préparer à mourir, en apprenant à se dégager des peurs irrationnelles liées à l?idée de dissolution de soi. Ce souci de rattacher la mort à une dimension métaphysique est ensuite repris et poursuivi par les théologiens. Aujourd?hui, la peur de mourir est avant tout liée à la crainte de souffrir (trop) longuement, de perdre son autonomie intellectuelle et sa dignité humaine, et d?être destitué de sa liberté de choix. Ce qui prime, ce sont d?abord les craintes de dégradation physique. De ce fait, tout en accordant une place aux différents intervenants, la responsabilité d?orchestrer les conditions de fin de vie revient en premier lieu au corps médical. Pour traiter de la mort, brosser un tableau historique ne suffit donc pas. Actuellement, ce n?est plus tant la mort en soi qui intéresse ou interpelle, mais bien plus la question concrète du mourir : quand ? Comment ? Traiter de la mort et du fait de mourir, c?est tenter de prendre en compte ces différentes dimensions, d?éclairer par la tradition la différence avec l?actualité. Et si la mort est devenue une affaire qui concerne toute la société et non plus uniquement la sphère privée, ce n?est pas pour autant que l?individu peut être dispensé d?y réfléchir à titre personnel.
Lanouzière Jacqueline ; Schniewind Alexandrine ; C
Les dépressions constituent l'un des soucis majeurs dans le domaine de la vie psychique. Mais ce constat pose d'emblée problème : la dépression relève-t-elle d'une maladie ou bien peut-elle être considérée comme un état naturel de la condition humaine ? C. Chabert, dans le premier chapitre, s'attache à l'analyse des cliniques de la dépression en affirmant la pluralité de ses formes, et propose par ailleurs une métapsychologie de la perte qui permet d'en saisir les soubassements pulsionnels et fantasmatiques. A. Schniewind étudie de manière approfondie la détresse dans l'?uvre freudienne, à partir de ses sources philosophiques, et présente une fine analyse de ses effets transférentiels. J. Lanouzière traite des liens à la fois convenus et énigmatiques entre la mélancolie et la féminité, en illustrant les réflexions théoriques par des références littéraires et mythiques. R. Kaës étudie les dépressions conjointes et propose une étude originale des différentes formes de dépressions partagées, notamment dans le couple, le groupe familial et le groupe. Cet ouvrage explore des voies nouvelles de réflexions cliniques et théoriques en résonance avec l'actualité de la psychopathologie des dépressions.
Le statut de l'éthique dans l'oeuvre de Plotin est controversé. On reproche à Plotin une éthique élitiste qui ne s'adresserait qu'aux sages. Pourtant, celui-ci attribue à sa philosophie une visée éthique particulière celle de ne pas se croire le seul vertueux. Il oppose cette orientation à celle de ses contemporains, les Gnostiques. Ainsi, nous constatons une étonnante similarité entre la critique plotinienne adressée aux Gnostiques et la critique moderne émise à l'encontre de Plotin. Comment comprendre la convergence de ces critiques? Si les analyses modernes étaient justifiées, la critique de Plotin contre les Gnostiques témoignerait d'une incohérence véritable: Plotin reprocherait aux autres ce qui manque dans son propre enseignement. En revanche, si l'on parvient à trouver dans l'oeuvre de Plotin des éléments ayant trait à un véritable souci éthique, une révision des critiques modernes s'impose. L'enjeu est important, la cohérence et le sérieux des propos de Plotin concernant sa propre philosophie sont en cause. Le propos du présent ouvrage est de considérer cette question à partir de la figure du sage, le spoudaios, dans les Ennéades, en particulier dans le traité I 4 [46] Biographie de l'auteur Alexandrine Schniewind est docteur en philosophie de l'Université de Fribourg (Suisse). Elle poursuit actuellement ses recherches sur l'Antiquité tardive avec une bourse postdoctorale du CNRS
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.