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Le contrôle de la parole. L'édition sans éditeurs, suite
Schiffrin André ; Hazan Eric
FABRIQUE
12,20 €
Épuisé
EAN :9782913372351
Cinq ans ont passé depuis la publication de L'Edition sans éditeurs. Cinq ans qui ont vu l'écroulement de l'empire Messier, le partage de Vivendi entre Hachette et Wendel et la vente des éditions du Seuil à La Martinière/Wertheimer/Chanel : un bouleversement sans précédent dans l'édition française, dont André Schiffrin retrace les étapes et les redoutables conséquences. La situation n'est guère moins préoccupante dans la presse : avec le rachat de la Socpresse, l'essentiel de ce qui est imprimé en France est désormais sous le contrôle de marchands d'armements (Lagardère/Matra, Dassault) qui dépendent étroitement des commandes de l'Etat. Hors de France, le paysage décrit dans ces pages - qu'il s'agisse de l'édition, de la presse, du cinéma, de la radio et de la télévision, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis - montre partout, la concentration àl'?uvre, avec comme seul critère la rentabilité desinvestissements. Mais Schifrrin l'indomptable ne selaisse aller ni au pessimisme ni a la résignation et lelivre se conclut par des propositions nouvelles que seuls les néolibéraux endurcis jugeront utopiques.
Résumé : " Vous êtes "un vraiment bon Monsieur" d'encourager ainsi les pauvres éditeurs ! " (Jacques Schiffrin à André Gide, 23 novembre 1931.) En matière éditoriale, André Gide était un stratège. Le créateur de la NRF portait une scrupuleuse attention aux modalités de publication de ses rouvres : parutions en revue, impressions hors commerce à très petit nombre, savants tirages de tête... Sa relation avec l'éditeur Jacques Schiffrin (18921950) - trente années d'une amitié sans faille dont témoignent les quelque deux cent cinquante lettres inédites ici rassemblées - le confirme de façon exemplaire. Né en Russie et installé à Paris en 1922, Schiffrin associe Gide au premier livre qu'il fait paraître, dès 1923, à l'enseigne de sa firme, les Éditions de la Pléiade : une traduction nouvelle de La Dame de pique de Pouchkine qu'ils cosignent. La bienveillance du maître à son égard ne se démentira jamais, d'autant que, de Pontigny à Cuverville, des leçons de piano auprès de sa virtuose première épouse (Youra Guller) aux soupers du Vaneau, Gide et ses proches se lient peu à peu d'amitié au couple Schiffrin. L'écrivain confie donc à la jeune maison quelques-unes de ses ?uvres et suit de très près les débuts d'une collection promise à un grand destin : la " Bibliothèque de la Pléiade " (1931). Gide apprécie beaucoup ces livres d'un genre nouveau ; portatifs et élégants, ils comblent son goût typographique et son naturel nomade. Et quand l'éditeur, quelque peu dépassé par le succès rencontré, aura besoin de recourir à des fonds complémentaires, il conseillera à Gaston Gallimard de l'accueillir sous son toit. Schiffrin devient dès lors directeur de la collection pour la NRF. Gide sera le premier auteur à voir l'une de ses rouvres, de surcroît inédite, entrer de son vivant dans la collection : Le journal, à la mise au point duquel nous assistons ici. Puis c'est la tragique bousculade de l'Histoire. L'ami Schiffrin est du voyage en URSS (1936), malgré la réticence des Soviétiques à voir cet émigré revenir sur leur territoire et faire l'interprète pour ses camarades écrivains ; il sera aussi du retour, dont on sait quel impact il a eu sur notre histoire intellectuelle. Plus dramatiques seront les années suivantes : mobilisé en 1939, Schiffrin se voit contraint de quitter la France en 1941, dans le contexte d'aryanisation des personnels de l'édition voulue par l'occupant. L'exil à New York avec sa seconde femme, Simone, et son enfant, en août 1941, ne sera possible que grâce au soutien pécuniaire et logistique de Gide. S'ouvre alors la période américaine, où la correspondance entre les deux hommes se prolonge, mi-professionnelle (Schiffrin représente les intérêts de Gide outre Atlantique et publie certaines de ses rouvres sous l'enseigne des Panthéon Books), mi-amicale. Années douloureuses, hantées par l'espoir d'un retour toujours reporté.
Pouchkine Alexandre ; Gide André ; Schiffrin Jacqu
Résumé : Le jeune Hermann suit avec passion les soirées de jeu chez l'officier Naroumov. Entendant parler d'une combinaison de trois cartes gagnantes permettant de gagner à tous les coups, secret révélé à une vieille comtesse par le mystérieux comte de Saint-Germain, il décide d'intriguer pour découvrir le précieux tour qui lui permettrait de s'enrichir. Cette quête tourne bientôt à l'obsession. Quand des fantômes et des cartes lui apparaissent en rêve, c'est la folie qui guette... Dans cette célèbre nouvelle - "un chef-d'oeuvre de l'art fantastique" selon Dostoïevski -, éclatante et féroce, la fascination pour le jeu atteint tous les personnages, emportés par la démesure de leurs rêves secrets.
Lalo Schifrin est l'un des très importants compositeurs de la modernité cinématographique et de l'espace hollywoodien en son entier - du film fantastique comme Amityville à Opération Dragon (Tarantino ne cache pas qu'il adore cette musique) et Rush Hour, sans oublier les génériques de séries télévisées passés à la postérité : ceux de Mannix, de Starsky and Hutch et celui de Mission impossible, le plus célèbre thème de série jamais conçu pour la télévision. Créateur prolifique dans le domaine de la bande-son (plus de trois cents partitions), il est aussi musicien de jazz : il fut, comme pianiste, compositeur et arrangeur, l'un des compagnons privilégiés de Dizzy Gillespie - pour qui il a écrit, en 1961, la célèbre suite Gillespiana. Il a également donné des partitions classiques et des pièces contemporaines pour cordes. Georges Michel s'est entretenu avec Lalo Schifrin à Los Angeles. Durant une semaine, l'artiste a évoqué son apprentissage, sa fréquentation du milieu du jazz, ses idées sur la musique de films, ses liens à Hollywood (notamment ses collaborations marquantes : avec Don Siegel, John Boorman, Georges Lucas, Clint Eastwood, Peter Yates, Sam Peckinpha), ses méthodes compositionnelles. Il livre des anecdotes passionnantes à propos des personnalités qu'il a côtoyées (Gillespie, Count Basie, Quincy Jones...), revient sur sa collaboration houleuse avec William Friedkin pour L'Exorciste (dont il a composé la première bande originale). Le livre d'entretiens issu de cette rencontre est accompagné de la discographie complète de l'artiste, et enrichi d'une iconographie largement nourrie par les archives personnelles de Schifrin.
Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est que le stéréotype "islam= oppression de la femme" croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.
Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité)? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.