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La vie filmique des marionnettes
Schifano Laurence
PARIS OUEST
13,00 €
Épuisé
EAN :9782840162759
Des premiers films Pathé aux écrans numériques, la marionnette a connu une vie filmique à éclipses, surgissant soudain et par éclats chez les plus grands, de Chaplin à Roberto Benigni, de Renoir et Bergman à Spielberg et Kitano et Tim Burton. Longtemps confinée dans l'animation, elle connaît aujourd'hui un spectaculaire retour sur les écrans du monde entier. Plus subversive que mélancolique, elle est cette créature double qui ne cesse de se libérer des liens qui l'assujettissent, dans le mutisme et l'humiliation, au Montreur ventriloque, au Père, au Deus/Diabolus ex machina. Elle est au cinéaste, à l'acteur, au spectateur ce que le Sphinx est à Odipe : riche d'une vie sauvage, obscène, archaïque à laquelle il leur faut un temps se confronter. A travers ces corps de frontière en constantes mutations, les miroirs grossissants du cinéma nous renvoient les images libératrices d'une modernité en travail, entre retours à l'enfance, métamorphoses burlesques et passages vers d'inquiétantes ou sublimes étrangetés. Pour sortir de l'ombre la vie filmique des marionnettes, Laurence Schifano, Professeur d'Etudes cinématographiques à l'université Paris Nanterre, a rassemblé ici des historiens et des chercheurs dont les domaines de recherche se situent aux confins de la psychanalyse, de la littérature, du théâtre, et du cinéma.
Qu'ont en commun Pierre Alferi, Léos Carax, Emmanuel Carrère, Claire Denis, Louis-René des Forêts, Yannick Haenel, Nathalie Léger, Christine Montalbetti, le poète Jérôme Game ou l'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens ? Cet essai fait l'hypothèse que leur poétique s'ordonne autour d'un même souci de l'écriture soumise aux puissances de la projection - un faisceau lumineux transporte une image sur un écran : photogramme qui défile et s'expose à la dissemblance ; image virtuelle qui s'actualise ; image fugace dont se déploie l'évanescence. L'investissement imaginaire et affectif associé au dispositif technique du cinéma rencontre ainsi la notion psychanalytique où le sujet voit chez l'autre ce que son inconscient ne peut regarder en face. Le cinéma devient surface d'inscription des traumas que réécrit la figurabilité filmique : optique ou psychique, la projection met en jeu un transport et une déformation destinés à faire écran. C'est au croisement de ces deux sens que s'ouvre un espace contemporain d'écriture entre cinéma et littérature, dont il s'agit ici de théoriser et cartographier les pratiques, lorsque l'écriture - syntaxe, métaphores, lumières et ombres - retrace la hantise des figures de l'écran.
En juxtaposant les réflexions de chercheurs préoccupés par les puissances poétiques et réflexives du cinéma, cette publication ouvre une profonde et très libre dynamique de recherche qui, d'un texte à l'autre, prend la forme d'un dialogue implicite. Le rêve est moins affaire de contenu, de sens et de diagnostic que foyer réaffirmé d"« intense activité plastique ».Les films conduisent à expérimenter les problèmes oniriques en termes de corps et d'énergie, de pulsions et de désir, à la fois du côté des créateurs et des spectateurs. Pour autant, la question du désir, si elle tend parfois à se fondre voire à disparaître au profit d'une célébration des processus créatifs mémoriels, n'en reste pas moins l'un des pôles majeurs de la réflexion d" ensemble. Dans les questions qui restent en suspens, il y a celle de la part originaire et créatrice que le désir introduit au sein de l"oeuvre, et de la conjonction qu'il noue entre film et spectateur. Et celle de l" « impérieux besoin d"images » qu'évoque Francis Vanoye et auquel s" abandonne « l"homme ordinaire du cinéma » qui est peut-être moins strictement un penseur qu" un rêveur. Parmi les voies qui se trouvent ici ouvertes dans cet ouvrage, la psychanalyse est présente. Elle est saisie dans une dynamique de dépassement qui propose de nouvelles références (César et Sarah Botella, Ernst Kris entre autres, et aussi la pensée pré-freudienne de l"hystérie mobilisée par Emmanuelle André), elle indique d" autres cadres de la réflexion esthétique: l"Asie est l" horizon du curieux film de Bill Viola Hatssu Yume, Premier rêve (1981) que Rose-Marie Godier analyse à la lumière de l "expérience du boudhisme zen; le vaudou est un des horizons ouverts par Maya Deren, qu évoque Anita Trivelli. Autant de films, et de voies, qui empruntent au rêve l" expérience d"une « dilution du moi » rationnel et de son « activité discriminante » pour atteindre au terme d" une expérience temporelle et psychique une ressaisie du regard et de la réciprocité du regard entre le moi et le monde chez Straub-Huillet (G. De Vincenti) aussi bien que chez Bela Tarr et Bill Viola.
Résumé : Quelle contemporanéité singulière chercher chez Rohmer, dont l'oeuvre théorique, télévisuelle et filmique dialogue ouvertement ou secrètement avec Chrétien de Troyes, Blaise Pascal et Honoré d'Urfé autant qu'avec Proust, Hitchcock, Antonioni, Godard et Ricardo Bofill ? A sa disparition en 2010, on a tout naturellement, en France et à l'étranger, salué en l'auteur de La Collectionneuse, de Ma nuit chez Maud, du Genou de Claire et de Pauline à la plage, le Marivaux ou le "moraliste du septième art", le "Master of tact", "le cinéaste littéraire par excellence". Réunissant, autour d'une commune attraction, des spécialistes de la littérature française et du cinéma, ce Rohmer en perspectives propose d'aborder le cinéaste à travers le prisme d'une contemporanéité complexe et contradictoire où l'héritage humaniste et la quête de beauté, de vérité et d'ordre s'ouvrent, non sans ambiguïté, aux intrusions, empêchements, déséquilibres et désordres du vivant. Entre le celluloïd, le polaroïd et le marbre, se dessine ici le portrait de Rohmer en contemporain inactuel qui, du Signe du lion aux Amours d'Astrée et de Céladon, n'a cessé d'exposer le classicisme français aux rayons de la modernité et de l'historicité cinématographiques.
A la fois art populaire et expression de la culture la plus raffinée, artisanat foisonnant et industrie rivale d'Hollywood, le cinéma italien de l'après-guerre connaît une renaissance et une ascension éclatantes trois décennies durant. Cette étude met en relief la dynamique des différents courants qui traversent cette période, de l'aventure néo-réaliste portée par des pionniers comme Rossellini, Visconti, De Sica... aux années d'effervescence créatrice où se déploient des poétiques d'auteurs tels que Rosi, Bertolucci, Antonioni, Fellini, Pasolini, etc. Elle met en lumière la cohésion de cet univers protéiforme et révèle les lignes de force qui en conditionnent la vitalité et le devenir.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.
Jean-Michel Maulpoix Vie commune ou vie promise? Il est peu d'oeuvres poétiques contemporaines qui invitent autant que celle de Guy Goffette à poser radicalement la question de l'expression lyrique. Tous les ingrédients que la tradition répète à loisir, en effet, sont là: expression du sentiment, aspiration à l'idéal, mélancolie, déploration du temps passé ou perdu, primauté de la voix et valorisation des ressources musicales du langage... Or nous sentons bien que chacun de ces motifs est trop stéréotypé ou trop vague pour rendre compte des subtils enjeux de cette écriture. Pour y voir un peu clair, il faut aller plus loin: chercher vraiment à entendre ce que la poésie réclame et ce pourquoi elle porte plainte. Il convient d'observer tout d'abord que la parole poétique de Goffette entre plus directement et vivement dans l'intime que tout autre. Elle ne l'exprime pas, elle le traque, le débusque, le poursuit parmi ses contradictions et ses jeux de masques, ses leurres, ses faux-semblants, ses bonnes et ses mauvaises consciences... Elle interpelle, questionne, insiste, malmène; elle tutoie et rudoie, elle parle du «je» comme d'un autre; elle y met la plume comme on y met le fer, avec l'espoir qu'il accouche d'une vérité. Cette vérité concerne moins le poète que son lecteur dont la figure se trouve curieusement prise au beau milieu de cette espèce d'intime scène de ménage dont le sujet lyrique est le théâtre. C'est de la vie commune, dans les deux sens du terme, qu'il est ici question... Du sort de tous et de chacun tel qu'il se connaît décousu et tel qu'il aspire à une chimérique unité La poésie lyrique regarde l'existence dans l'angle du sentiment et demande: qu'est-ce que la vie d'un homme, avec ses «amours de bric et de broc, toujours plus ou moins contrariées»? Ainsi donne-t-elle à entendre de combien de lignes de fuite, de bosses et de creux, une existence humaine est faite, ce qu'elle suppose de prétentions éconduites et d'espérances déçues. Si le Temps ainsi presse sur l'âme et la fait gémir dans le noir, si l'avenir jamais ne tient ses promesses, c'est que nous sommes travaillés d'étranges désirs, peu cohérents, mal explicables, et qui nous conduisent si souvent à trahir l'amour même que nous aurions bien mauvaise grâce à déplorer qu'il nous manque! À travers sa fièvre de comparaisons et de métaphores, l'écriture lyrique de Guy Goffette semble à la recherche d'une image, d'une formule ou d'une clef, qui la délivrerait enfin de son mal en le nommant une fois pour toutes... Mais un tel salut ne vient pas. Les mots ne sont que de l'herbe sèche que l'on arrache, ou des poignées de sable que l'on jette au vent. L'écriture ne peut que «remâcher» indéfiniment ses larmes. En vers ou en prose, elle est contrainte de déchirer et repriser les mêmes phrases tristes et coupables. Telle est la punition du poète-Pénélope qui attend en vain le retour du sens et de la pureté perdue! La poésie de Guy Goffette diagnostique cruellement l'incurable maladie dont souffre la vie commune. Nous autres, frères humains, sommes un bien curieux mélange de liens et de coupures! Comme la poésie même en ses filages et ses césures... Tout poème est un «manteau de fortune», un canevas de fuites et d'attaches. Partance: tel pourrait être, en définitive, sous la plume de Goffette, le mot-clef du mal-être. Comme on le dit d'une vieille barque accrochée à la rive, que le courant aspire, et qui tire en vain sur sa corde...
Résumé : Les livres sont aussi des bibliothèques. Dans la salle de lecture de celle que constitue celui-ci, on peut croiser, entre autres, Thomas Bernhard, André Breton, Blaise Cendrars, Pascal Quignard, Pierre Michon ou encore Philippe Sollers, qui y forment une petite communauté provisoire. Chacun de ces lecteurs singuliers vient là pour des raisons diverses : pour voyager, dénombrer, rêver ou encore interpréter. On y rencontre aussi l'auteur qui s'interroge sur cette étrange passion lire dont il soupçonne qu'elle cache quelque chose. Il semble que chacun de ces lecteurs ait trouvé dans le livre un objet d'amour. Un objet d'amour qui en remplace un autre.