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La Licorne N° 105/2013 : Le genre et ses qualificatifs
Scepi Henri
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753528406
Faisant suite au volume Le Genre de travers : littérature et transgénéricité (La Licorne, numéro 82, 2008), le présent ouvrage prolonge une réflexion collective consacrée aux enjeux théoriques de la généricité. L'angle d'approche privilégie la qualification conçue comme un ensemble de procédures d'évaluation, relevant soit d'une appréciation individuelle, soit d'un mécanisme plus largement institutionnel, par quoi l'oeuvre littéraire est à la fois située dans sa spécificité et rendue à ses conditions actuelles d'intelligibilité. Le propos vise moins, dans un premier temps, à interroger les oeuvres littéraires approchées isolément (et à mesurer par là leur degré de conformité à tel ou tel seuil de généricité) qu'à procéder à une critique de la critique, prenant pour objets prioritaires les discours et les savoirs, les doctrines et les théories. C'est pourquoi la perspective d'ensemble de cette réflexion s'ancre dans le champ de la réception et s'attache à cerner les modes de constitution relatifs relatifs parce que par nature historiques par lequel un discours sur les genres ouvre la voie à une théorie de la généricité, autre versant d'une théorie de la littérature. Dans Les Fleurs de Tarbes, Jean Paulhan, se livrant à une archéologie critique de la modernité, écrivait : "Je ne sache pas de danger plus insidieux ni de malédiction plus mesquine que ceux d'un temps où maîtrise et perfection désignent à peu près l'artifice et la convention vaine, où beauté, virtuosité et jusqu'à littérature, signifient avant tout ce qu'il ne faut pas faire". Si puissant que soit le démon de l'original, il n'échappe pas à la généricité. S'il témoigne d'abord de la pluralité des discours critiques, le terme de "qualificatifs" révèle aussi ces déplacements, ces déports, ces détours qui fondent la "relation générique" à l'oeuvre.
Ni raté de génie, ni rejeton d'une quelconque lignée de damnés, l'auteur des Complaintes est d'abord un écrivain qui inscrit sa démarche créatrice dans le sillage rapide d'un devenir fait de heurts et de discontinuités. Le cheminement poétique qui se déroule de 1880 à 1887 favorise de fait l'émergence de cette figure d'auteur appelée Laforgue, laquelle se définit d'abord par des pratiques d'écriture situées, des essais successifs, à la fois fulgurants et déroutants. Ceux-ci manifestent le parcours jamais vraiment assuré d'un poète qui cherche et qui se cherche, désireux non tant de se conformer à la leçon stricte et définitive d'une formule éprouvée que de varier les registres et les postures. L'élaboration de l'oeuvre procède ainsi par brusques embardées et développements inattendus. Une juxtaposition de sauts qualitatifs se produit, qui donne à penser que l'écriture se fait work in progress, recherche toujours relancée et inachèvement perpétuel - expérience délestée de toute exigence a priori d'unification et d'homogénéisation". Henri Scepi.
Henri Scepi est professeur de littérature française du XIXesiècle à l'université Paris 3-Sorbonne nouvelle. Spécialiste depoésie, il a publié plusieurs essais sur Laforgue, Lautréamont,Nerval et Mallarmé. Il s'intéresse également au romanmoderne et a publié, dans la collection Foliothèque, des étudessur Les Misérables de Victor Hugo (2009, n° 161) et ThérèseRoquin d'Emile Zola (2010, n° 175). Dans la collectionFolioplus classiques, il a accompagné la lecture de Gaspard dela Nuit d'Aloysius Bertrand (2011, n° 207). Il a participé àl'ouvrage collectif L'Art pris au mot (Gallimard, 2007).Conservateur du patrimoine au musée des Beaux-Arts deQuimper de 1991 à 2000, Sophie Barthélémy est depuisjanvier 2001 en poste au musée des Beaux-Arts de Dijon, encharge des collections de peintures du XIXe siècle et de l'artcontemporain. Responsable du service éducatif du musée desBeaux-Arts de Quimper et, actuellement, référent scientifiquepour l'action culturelle du département des publics au muséede Dijon, elle a assuré de nombreuses formations d'histoire del'art à destination du corps enseignant et participé à laconception ainsi qu'à l'écriture de plusieurs publicationspédagogiques.
Résumé : Erratique et capricieux, le motif du nuage n'apparaît que de façon épisodique à l'horizon du poème baudelairien. Lorsqu'il s'offre au regard, il préfigure moins les "orages désirés" , chers à la sensibilité romantique, qu'il ne suggère une relation inédite du poète au monde extérieur, et en particulier aux phénomènes météorologiques, par essence changeants et imprévisibles. Il souligne par là le double état du ciel et de la conscience individuelle, variable, indécis, flottant : une espèce d'effet-miroir, mais toujours redéfini, selon les circonstances - l'heure, le lieu et l'humeur. Ce qui fait du nuage une forme en pur devenir, rebelle à toute signification préfixée comme à toute réduction symbolique univoque. De 1838 à 1862, Baudelaire a cherché à cerner, à partir de certains accidents atmosphériques, un faisceau de valeurs qui se déclinent selon trois plans : esthétique, éthique et psychologique. Des ombres silencieuses glissant à la surface des eaux aux "merveilleux nuages qui passent là-bas" du poème en prose L'Etranger, sans omettre les pages essentielles sur Eugène Boudin dans le Salon de 1859, c'est toute une palette de situations ou d'expériences qui se déploient, invitant le lecteur à discerner, derrière les volutes de vapeur lumineuse, comme une poétique de l'imagination en actes, saisie entre chimère et vérité, fantaisie et réalité, "concentration" et "vaporisation" . Henri Scepi est professeur de littérature française à la Sorbonne nouvelle. Spécialiste de la poésie du 19e siècle, il a publié plusieurs essais sur Laforgue, Mallarmé, Nerval, Lautréamont, Rimbaud, Verlaine... Il s'intéresse aussi au roman du 19e siècle, auquel il a consacré de nombreuses études et éditions critiques (Flaubert, Zola, Verne...) En 2017, il a coédité les oeuvres croisées de Rimbaud et Verlaine sous le titre Un concert d'enfers. Vie et poésie (Gallimard, coll. Quarto). En 2018, il a publié Les Misérables dans la Bibliothèque de la Pléiade. Récemment, il a fait paraître Charles Baudelaire. La Passion des images (Gallimard, Quarto, 2021) et une édition préfacée et annotée de De l'essence du rire (Folio, 2021).
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.