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Du minimalisme moral. Essais pour Ruwen Ogien
Savidan Patrick ; Merrill Roberto
RAISON PUBLIQUE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782900337011
Ne pas juger les désirs d'autrui, ne pas nuire aux autres, tels sont les préceptes fondamentaux de l'éthique minimale patiemment élaborée par le philosophe Ruwen Ogien (1949-2017). Il fallait une certaine audace, le combat étant très inégal et les rangs du camp minimaliste plus que clairsemés. Mais jamais Ruwen Ogien ne rechigna à entrer dans l'arène publique pour en porter les couleurs.Convaincu que ce que l'on fait de soi-même, pour autant que l'on ne nuit à personne, est moralement indifférent, il s'est courageusement lancé à l'assaut de bien des idées reçues sur des sujets brûlants : euthanasie, GPA, libertés sexuelles, pornographie, prostitution, etc. Toujours pour prendre le parti de celles et ceux qui revendiquent leur droit d'être libres. Cet ouvrage, qui se veut aussi hommage, présente un long article inédit de Ruwen Ogien, "La Morale introuvable", et rassemble les contributions d'une vingtaine de philosophes discutant tel ou tel aspect de l'oeuvre léguée par celui qui fut et demeure l'un des philosophes moraux les plus marquants de sa génération.L'ensemble peut ainsi constituer une sorte d'introduction au minimalisme moral, tel que l'entendait et le défendait avec brio Ruwen Ogien.
La diversité ethnoculturelle n'est pas nouvelle: c'est une donnée de base de l'histoire humaine. La nouveauté réside dans l'idée d'une nécessaire prise en compte par l'État de cette diversité qui caractérise la population. Dans un monde globalisé, le besoin de réévaluer le lien entre liberté individuelle et culture d'appartenance se fait pressant. Mais comment prendre en compte les différences sans induire des inégalités?Parce qu'il engage les conceptions et les pratiques contemporaines de la citoyenneté, le modèle multiculturaliste d'intégration correspond bien à un véritable changement de paradigme dont il faut apprécier le sens, la portée, la valeur et les risques. Au travers de la question du multiculturalisme, c'est en fait le devenir de l'État démocratique qui est interrogé.
Résumé : Une situation de disette extrême peut-elle justifier le cannibalisme ? Sommes-nous propriétaires de nous-mêmes ? Une mère porteuse a-t-elle le droit de garder l'enfant qu'elle a mis au monde ? Quel travail mérite quel salaire ? Si Michael J. Sandel, professeur de philosophie à Harvard, passionne bien au-delà des campus, c'est parce qu'il excelle dans l'art de ramener les questions politiques les plus complexes à des enjeux dont chacun peut aisément se saisir. En opposant les différentes conceptions de la justice (utilitariste, libérale, communautarienne), il convoque tour à tour Aristote, Hume ou Kant à partir de cas concrets, parfois drôles et toujours imagés. Des dilemmes les plus ordinaires aux grandes questions qui agitent nos sociétés, il s'agit toujours d'interroger les principes d'équité, de citoyenneté, de justice. De remettre, en somme, la morale au coeur du débat.
Résumé : Cette revue a pour ambition de faire vivre la manière de penser les concepts, les intuitions de la Théorie critique pour analyser notre présent. En 1944, dans la Dialectique de la raison, Adorno et Horkheimer repensent la modernité à l'aune de la catastrophe en cours : ils mettent au jour les démons modernes au coeur du mouvement d'émancipation des Lumières et du déploiement de la raison. Notre époque actuelle est loin d'être étrangère à ces problèmes. Nous essaierons d'être le "guetteur" et, autant que possible, le capteur de dominations enfouies ou banalisées ? mais aussi d'ouvertures utopiques oubliées ou ignorées.
La Critique de la raison pure est le théâtre d'un retournement de perspective sans précédent dans l'histoire de la pensée. Il consiste très exactement en ceci: Kant pense d'abord la finitude, ensuite l'Absolu ou la divinité. La finitude, le simple fait que notre conscience soit limitée par un monde extérieur à elle, par un monde qu'elle n'a pas produit elle-même, est le fait premier, celui dont il faut partir pour aborder toutes les autres questions de la philosophie. C'est à partir de cette finitude qu'il convient de penser Dieu ou l'Absolu, et non l'inverse. Conséquence ultime de ce renversement: la prétention à connaître l'Absolu se trouve relativisée par rapport à l'affirmation initiale de la condition limitée de l'homme. La connaissance "métaphysique" va être dénoncée par Kant comme illusoire, parce que hors de portée de l'homme.
Objet privilégié de la science politique, les élections semblent avoir été largement négligées par les philosophes. Pourtant, leur usage dans un cadre qui se veut démocratique soulève un grand nombre de questions philosophiquement intéressantes : sont-elles égalitaires ou inégalitaires ? Peut-on envisager une démocratie sans élections ? Quelles procédures électorales sont préférables ? Comment saisir philosophiquement, et même phénoménologiquement, l'expérience d'élire et d'être élu ? Ou encore : qu'attend-on des citoyens face à l'urne ? Ce sont ces questions, parmi d'autres, dont s'emparent les chercheurs et chercheuses qui ont contribué à ce dossier. Celui-ci invite à nous départir de notre familiarité avec les élections pour questionner leurs pratiques multiples et leur rapport complexe à la démocratie.
Résumé : L'éveil à la philosophie dès le plus jeune âge - qui se développe sous des formes diverses partout dans le monde depuis plus de cinquante ans - dépasse largement la seule nécessité de démocratiser l'accès à la discipline scolaire mais interroge les conditions même d'une éducation émancipatrice. Les ateliers de philosophie pourraient préfigurer un paradigme de ce que devrait être l'école et l'éducation : une "oasis de pensée", un lieu et un temps de développement de l'esprit critique, de la coopération intellectuelle et de l'acceptation de sa vulnérabilité pour entrer en résonance avec soi et le monde. L'idée de la philosophie avec de jeunes enfants peut toutefois susciter des débats, voire des réticences, au sein des institutions elles-mêmes. Cet ouvrage questionne le rôle que peut jouer la philosophie dans la formation de l'esprit critique et d'une citoyenneté éclairée dès le plus jeune âge. Comment ces pratiques expérimentales permettent-elles de renouveler l'idéal émancipateur de la philosophie à l'école et dans la Cité ? Quels sont aussi les apports du pragmatisme et de la Théorie critique pour penser la philosophie avec les enfants ? A partir des théories de l'émancipation, de la reconnaissance et de la résonance, l'ouvrage propose de penser l'exercice philosophique dès le plus jeune âge à la fois comme une pratique, une expérience pouvant servir de paradigme au processus éducatif et d'en restituer les enjeux politiques.
La liberté d'expression peut-elle entrer en conflit avec elle-même ? Lorsque des groupes rivaux veulent manifester au même endroit et au même moment, lorsqu'un message diffusé en ligne est supprimé par un réseau social au nom de sa liberté éditoriale ou lorsqu'un organe de presse se voit contraint de publier un droit de réponse, l'expression des uns se heurte à l'expression des autres. La liberté peut-elle pour autant être invoquée en même temps des deux côtés ? Ces conflits mettent à l'épreuve la cohérence du droit fondamental à la liberté d'expression, autant que l'égalité entre ses titulaires. Comment les qualifier ? Et comment les résoudre ? Dans ce numéro de Raison publique, philosophes et juristes explorent ces questions à la lumière de décisions de justice tirées du droit français, allemand, italien, européen ou états-unien.
Y a-t-il une logique du social ? Et s'il en est-une, quelle est-elle ? Dans ce dossier, qui fait la part belle à la psychologie sociale, au pragmatisme et à l'utilitarisme, Ali Benmakhlouf, Céline Bonicco-Donato, Jean-Marie Chevalier et Vivien Krystkowiak, tentent de répondre à ces questions. Dans cette livraison de la revue des humanités politiques, Raison publique, on trouvera également des contributions de Justin Desaultel-Stein et Samuel Moyn (sur l'histoire critique du droit), de Federico Tarragoni (sur la politisation de la culture à travers la correspondance entre Adorno et Benjamin), de Johann Michel (sur le phénomène de la réparation), et des recensions par Jean-Baptiste Mathieu et Charles Girard.