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Dominique Cabrera. L'intime et le politique
Savelli Julie
DE L INCIDENCE
26,00 €
Épuisé
EAN :9782918193630
Ce sont les mots élogieux de Chris Marker qui, après avoir vu Une poste à La Courneuve en 1994, saluait l'émergence d'une jeune cinéaste engagée dans le champ social. Dès ses débuts, Dominique Cabrera a bien cette justesse exemplaire qui nous met au contact de la vie même. Depuis son premier court métrage au titre emblématique, J'ai droit à la parole (1981), en passant par ses documentaires tournés en Algérie (Rester là-bas, 1992) et en banlieues parisiennes (Chronique d'une banlieue ordinaire, 1992), ses films autobiographiques (Demain et encore demain, 1997) et ses fictions d'inspiration sociale (Nadia et les hippopotames, 2000) et historique (Folle embellie, 2004), l'oeuvre protéiforme de la réalisatrice compte une trentaine de films dont le dernier opus à ce jour est Corniche Kennedy (2016). Si chaque projet constitue une nouvelle expérience de cinéma et de vie, le point de couture de cette grande toile réside dans son engagement manifestement intime et politique. Pour mettre en lumière cet art de s'engager dans le "commun", le présent recueil collectif dirigé par Julie Savelli réunit, dans une démarche monographique inédite, des essais critiques, des documents de travail (y compris sur les projets en création) ainsi que des entretiens avec Dominique Cabrera et ses collaborateurs.
Remillet Gilles ; Savelli Julie ; Scheinfeigel Max
L'activité de Jean Rouch est inlassable et multiple. Or, tout cela est immergé dans la complexité des sciences humaines et de leur croisement avec des techniques liées à des arts. Il a marqué son époque en inventant des dispositifs qui ont notamment changé en profondeur l'ethnocentrisme occidental et participé au décloisonnement de certaines expressions artistiques. Jean Rouch. Passeur d'images, passeur de mondes est un ouvrage collectif autant dédié au présent de l'oeuvre rouchienne qu'à sa postérité et à ses échos, nombreux, dans le champ de la création contemporaine où elle a fait naître des pensées, des techniques et des gestes renouvelés.
Comment vivre au plus près des corps ? Ce diptyque, Anne Savelli l'a écrit à leur contact. Tout contre. Né d'une collaboration avec la compagnie de danse Pièces détachées, c'est un roman double qui prend comme point de fixation la peau, les os, les muscles dans ce qu'ils ont de plus minéral, parfois, mais aussi de plus volatile. Ballet de mouvements qui écrivent autant qu'ils inventent leur rapport à l'autre et au monde, d'une part ; de l'autre, vertige de la fixité dans une série stroboscopique de photographies qui puisent autant dans les zones d'ombre du modèle que dans son éclat. En creux, c'est tout un monde de luxe, de perfection physique et de domination qui va se déployer et dont le récit tentera de reconstruire, d'assembler, de réécrire l'identité dans une forme proche de l'enquête fragmentée. C'est l'histoire d'un corps qui s'effondre, toujours. C'est aussi le lieu choisi pour une élévation d'une grande poésie.
Résumé : Suivre une femme qui crée et se déplace, explorer la notion de décor, de mouvement et d'immobilité... Ni un journal ni un essai sur un film ou un souvenir d'enfance, découpé en 75 parties, ce livre marche droit, comme lorsqu'il longe la rue Daguerre sans faire le tour des boutiques ou bifurque et saute de branche en branche. Le documentaire Daguerréotypes d'Agnès Varda, sa carrière, les films de Jacques Demy, le Paris des années 70 à aujourd'hui, constituent les arrière-plans de cette réflexion poétique.
Déployant une connaissance fine de l'histoire de l'art, dans une perspective renouvelée pour le cinéma, ce livre prend appui sur les cinéastes contemporains parmi les plus novateurs (Apichatpong Weerasethakul, Jean-Luc Godard, João Pedro Rodrigues, Vincent Gallo, Gus van Sant, Bela Tarr, Pedro Costa...). Voici un livre qui présente une subversion des images de la douleur, de son partage, en refusant que la politique se les approprie aisément. Par l'iconographie du cinéma et les figures picturales dont il est traversé (celles de la communion, du corps souffrant et du soin, de la torture), l'auteur montre comment le pathos déploie à l'écran une beauté, qui, dans son excès, constitue une contre-effectuation à la violence. Il dialogue avec plusieurs philosophes s'étant penchés sur la communauté, le corps politique et sa représentation (Agamben, Rancière, Bataille, Ginzburg). Refusant l'instrumentalisation de l'art par la politique, autant qu'une politisation de l'art, l'auteur (suivant la pensée du philosophe italien Roberto Esposito) donne forme à une impolitique du film, qui ne prétend pas faire se rejoindre les corps tenus séparés. Emerge ainsi une reflexion passionnante sur un corps impolitique, par-delà les identités sexuelles assignées.