Et si la fin du chômage n'était pas une utopie ? Depuis 2016, l'expérimentation "Territoires zéro chômeur de longue durée" consiste à réaffecter les coûts directs et indirects du chômage (RSA, manques à gagner fiscaux...) pour financer la création d'emplois. Sur quelques dizaines de territoires à travers la France se créent ainsi des "comités locaux pour l'emploi" et des "entreprises à but d'emploi", dans lesquelles sont progressivement embauchées, en CDI et au Smic, les personnes durablement éloignées de l'emploi qui le désirent. Les activités exercées répondent à des besoins non couverts et utiles à la population : recycleries, garages solidaires, aide aux personnes fragiles, vente en circuits courts, etc. Six ans après le vote de la loi autorisant la mise en place de cette expérimentation révolutionnaire, cet ouvrage en tire le bilan et étend la réflexion. Plus qu'un outil d'insertion et de développement économique des territoires, le projet "Territoires zéro chômeur de longue durée " représente une manière radicale de repenser l'emploi comme une question avant tout politique. Il constitue un moyen d'inventer les emplois de demain, dans une économie plus humaine et plus écologique.
Il n'est pas donné à tout le monde d'accompagner Alexandre Dumas sur les barricades de juillet 1830, de suivre la naissance de La Comédie humaine dans le Paris pré-haussmannien ou de pénétrer avec Chateaubriand dans le salon de Mme Récamier... D'arpenter le Paris de Victor Hugo, de revoir Zola et Proust défendant Dreyfus ou de grimper à la butte Montmartre avec les poètes du début du XXe siècle... De s'asseoir dans les cafés de prédilection de Beauvoir, Sartre, Camus, Hemingway... Ces soixante balades, agrémentées de gravures et plans anciens, vous entraîneront dans le Paris des écrivains. Par période, autour de personnages ou de thématiques, vous (re)découvrirez la capitale à travers les quartiers, les demeures et les adresses qu'ils ont fréquentés et qui les ont inspirés. Un guide unique en son genre pour tous les amoureux d'Histoire et de littérature.
Après un premier guide consacré à la période XVIIe-XIXe siècle, voici seize autres balades qui nous promènent dans la capitale entre 1900 et 1945. Nous traversons la Belle époque, les Années folles, les années trente et l'Occupation. Nous pénétrons dans les quartiers, les demeures, les cafés des bohèmes de la hutte Montmartre, des dadaïstes et des surréalistes, des écrivains de la Lost generation, des antifascistes, des collaborateurs et des résistants. De Montparnasse à Saint-Germain-des-Prés, de Picpus à la place de l'Étoile, nous croisons Dorgelès, Mac Orlan et leurs compères du Lapin Agile ; George Orwell qui vit dans la dèche à Paris avant d'y refaire étape quelques années plus tard, en route vers la guerre d'Espagne ; Ernest Hemingway qui se débat avec une chasse d'eau et travaille avec assiduité à ses premiers succès littéraires ; James Joyce qui ne se consacre qu'à son ?uvre alors que le monde s'écroule autour de lui ; Jacques Prévert qui profite de la vie et ne se presse pas d'écrire ; André Gide qui se dévoue pour animer avec Malraux, au palais de la Mutualité, un congrès international qui verra passer Wells, Forster, Brecht, Huxley, Pasternak, etc. ; Simone de Beauvoir qui, sous l'Occupation, arrive à l'ouverture du café de Flore pour se caler près du poêle ; Jean-Paul Sartre qui collecte des mégots pour fourrer sa pipe, publie L'Être et le néant en 1943 et fait jouer Les Mouches et Huis-Clos en 1943 et 1944 ; Albert Camus qui compose La peste de nuit, dans une chambre à quelques dizaines de mètres de l'hôtel Lutetia, siège des Renseignements militaires allemands ; des résistants qui, en 1942, impriment Le Silence de la mer, huit pages à la fois, dans un petit atelier du boulevard de l'Hôpital ; Jean Cocteau qui est pris pour un tireur embusqué le 26 août 1944 sur la place de la Concorde... Après avoir lu cet ouvrage, vous ne pourrez plus circuler dans Paris sans, à l'instar de Patrick Modiano, voir ressurgir ces fantômes du passé. Joyeux ou terribles, ils marquent à jamais l'histoire de la capitale et, parfois, de l'Europe et du monde.
Sarrot Jean-Christophe - Luyts Bert - Zimmer Marie
Extrait Extrait de l'introduction DES IDÉES HÉRITÉES QUI PERPÉTUENT L'EXCLUSION SOCIALE par Bruno Tardieu «La misère n'est pas une fatalité» et «La misère est l'oeuvre des hommes, seuls tes hommes peuvent ta détruire», rappelait Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart Monde. Ces deux affirmations ont un impact irréversible. En construisant une autre approche de l'exclusion sociale, il a montré que la misère n'était pas la seule affaire des plus démunis, ni de leur seule responsabilité. Elle est un dysfonctionnement entre nous, citoyens. Elle l'est aussi entre les institutions et appartenances que nous construisons et certaines personnes que nous considérons hors du monde. «La misère, c'est ne compter pour personne.» Le rejet des plus démunis est probablement aussi ancien que L'humanité. Mais, en même temps, le refus de ce rejet a toujours existé. Car, contrairement aux autres espèces, l'espèce humaine a survécu en protégeant les plus faibles et en développant une intelligence nouvelle. L'humanité est incontournablement interdépendante et il ne peut y avoir de sauve-qui-peut individuel. Les sciences humaines révèlent que le stéréotype est une fonction naturelle de l'humain et rien ne sert de tenter de le nier. Les seules personnes avec qui nous dépassons les stéréotypes sont celles avec qui nous entrons en relation personnelle, intime, celles dont nous pouvons percevoir la complexité, les dilemmes, les multiples appartenances, l'histoire, celles avec lesquelles nous pouvons reconnaître la qualité d'être humain, non déterminé, libre, ayant une vie intérieure avec des combats, des joies, des peines, exactement comme nous-même. Or, nous vivons dans un tel apartheid social qu'il n'y a pratiquement pas d'opportunité de rencontres libres, profondes et à égalité avec les personnes en situation de grande pauvreté. Les rencontres qui existent sont le plus souvent non libres : relation de mendicité, relation de bienfaiteur à bénéficiaire (que Wresinski qualifiait de relation de bienfaiteur à «obligé»), relation de mise en échec : les populations qui font échouer mon école, mon centre social, ma médecine, mon pays des droits de l'Homme. Quand ce ne sont pas carrément des relations fantasmatiques avec des personnes transformées en allégories du Moyen Âge : coupables de tous les maux, figures même du mal, ou victimes de tous et de tout, figures même du bien. Dans un cas comme dans l'autre, ces caricatures rendent les personnes concernées inhumaines et empêchent de reconnaitre la nature humaine de la personne en situation de misère. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Sarrot Jean-Christophe - Tardieu Bruno - Zimmer Ma
Plus la crise économique et sociale s'accentue, plus les idées reçues sur les pauvres se répandent. Plus cette crise est présentée comme une catastrophe naturelle, plus ils sont convoqués au tribunal de l'opinion publique: s'ils sont pauvres, ce serait "de leur faute". "S'ils sont à la rue, c'est qu'ils l'ont choisi." "S'ils font des enfants, c'est pour les allocations familiales." "Ce sont des assistés qui coûtent cher à la société." "D'ailleurs, s'ils voulaient vraiment chercher du travail, ils en trouveraient." "De toute manière, on gagne plus au RSA qu'avec le SMIC." "Ils perçoivent des allocations alors qu'ils élèvent mal leurs enfants." Dans ce Flot de discours, les étrangers sont particulièrement visés: "Ils peuvent profiter facilement des minima sociaux qu'ils ne perçoivent pas dans leur pays." Ce livre répond point par point à plus de 80 de ces idées reçues sur la pauvreté. Alors que l'on accuse les pauvres d'être des assistés et des fraudeurs, il révèle par exemple que le montant des aides sociales non réclamées par ceux qui y ont droit s'élève à plus de II milliards d'euros par an! Accessible à un grand public, cet ouvrage défait la chape de plomb du Fatalisme. Il invite à briser les murs de l'apartheid social qui s'est instauré en France et à vivre une rencontre libératrice: sortir des préjugés où les uns sont bons et les autres mauvais, se connaître au lieu de s'ignorer pour inventer ensemble une société où la misère n'aura plus droit de cité.
La croissance : un remède à tous les maux ! Tel est le discours martelé par nos dirigeants depuis des décennies, qu?il s?agisse de réduire le chômage, de régler le problème des retraites, de résorber les inégalités ou de surmonter la crise écologique. Et si la croissance n?était pas la solution, mais le problème ? Elle est désormais un facteur de crise, une menace pour la planète et un obstacle au progrès. Faut-il pour autant nous résoudre à une austérité punitive ? Certes non, affirme Jean Gadrey, qui prône une société privilégiant le "mieux-être" et non le "plus-avoir". Une société qui doit, et peut, viser le plein-emploi ainsi qu?un haut niveau de protection sociale pour tous. C?est le chemin d?une autre prospérité qui est ici proposé, plus juste, moins violente et donc réellement durable.
Résumé : Après Vies majuscules (2020), qui donnait la parole à la France des oubliés, ce nouveau livre propose une centaine de récits de vie de jeunes de 13 à 30 ans, entre espoirs, entraves et combats dans un monde secoué par de multiples crises. Nous leur demandons l'audace... et la prudence. Nous leur parlons croissance... et monde fini. Les enfants de la crise climatique et du délitement social, et désormais de la pandémie mondiale, se sont construits ou éveillés dans un environnement que l'on peut qualifier de chaotique. Leur entrée dans le " monde adulte " est pour le moins heurtée. Mais que veulent-ils nous en dire ? Quelles expériences à partager ? De quelles réalités quotidiennes témoigner ? Et si l'on se taisait un instant pour leur laisser la parole ? C'est le pari engagé par le média du récit la Zone d'expression prioritaire (ZEP). Pendant huit mois, les journalistes de la ZEP ont accompagné lors d'ateliers d'écriture près de cinq cents jeunes de 13 à 30 ans, partout en France, pour leur proposer de se raconter à travers les thèmes qui irriguent leur vie. Une centaine de récits donnent ici à lire cet âge des possibles si souvent empêchés, entre espoirs et lucidité. La violence d'un proche ou d'une institution. L'éveil au féminisme ou à l'écologie. La dureté d'un quartier comme sa chaleur. La joie d'entrer dans la vie active ou la difficulté de s'y insérer. La puissance magnifique ou délétère des mondes virtuels et des réseaux sociaux... Education, Santé, Justice, Logement, Travail, Ecologie... Autant de " ministères du quotidien " pour abriter ces récits, dont l'ensemble constitue un autoportrait générationnel d'une force inouïe.
Dostaler Gilles ; Chavagneux Christian ; Cauchy Ma
De la condamnation de l'enrichissement personnel par Aristote à la critique du fanatisme du marché de Joseph Stiglitz, en passant par la lutte de Milton Friedman contre l'interventionnisme ou la taxe sur les transactions financières proposée par James Tobin, ce guide présente la vie et les idées maîtresses de près de 80 grands penseurs de l'économie. Une mine d'informations et de repères pour tout public, que l'on soit étudiant, enseignant ou simple curieux de la chose économique. Une alliance de pédagogie et d'érudition pour nous éclairer sur notre système économique actuel.
Les alertes scientifiques sont sans ambiguïté : face à la crise écologique, il nous reste moins de dix ans pour agir. Confrontés à cette urgence, les décideurs politiques apparaissent désemparés, voire détournent le regard. Mais l'impuissance publique n'est pas une fatalité. En France comme ailleurs, on observe le même désir de changement, la même quête de solutions. En témoignent les mouvements de la jeunesse, les innombrables initiatives locales, les actions en justice et toutes les formes d'expression citoyenne qui contestent l'insuffisance des mesures adoptées pour produire autrement, réduire les inégalités et favoriser la sobriété. Cet ouvrage collectif montre que des solutions sont à notre portée, à condition de tenir fermement ensemble les enjeux écologiques, démocratiques et sociaux. Il pointe les incohérences actuelles et propose des réponses plus systémiques, allant dans le sens d'une planification écologique menée à plusieurs échelles. Fiscalité, travail, finance, commerce, Etat social, consommation... C'est en revoyant en profondeur notre logiciel économique et en renforçant notre démocratie que l'on pourra relever les défis très concrets posés par le système énergétique, les transports ou encore l'agriculture. Car la transition écologique n'est rien de moins qu'un formidable projet de société !