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Croix de bois, croix de fer
Sandoz Thomas ; Dubois Maud
FLORIDES HELVET
12,00 €
Épuisé
EAN :9782940749300
Qu'est-ce que tu fais pour les autres ? me sermonnait sans cesse mon frère, convaincu que son chemin de vie était plus méritoire que le mien. C'est lui qui perpétuait la tradition missionnaire de la famille, il en était fier et ne manquait jamais une occasion de me reprocher de n'être ni médecin ni instituteur, même pas croyant" . Historien et agnostique, le narrateur de ce récit est invité au colloque organisé en hommage à son frère, glorieux missionnaire décédé à quarante ans sur une route africaine. Dédaigné par une famille qui considère le sacrifice de soi comme la plus haute qualité humaine, cible récurrente de son aîné qui le jugeait infréquentable, il est bien décidé à troubler le concert des louanges et à dévoiler le vrai visage du défunt. Mais que pourra-t-il, face à l'admiration aveugle de l'assemblée et à ses propres souvenirs ? Huis clos grinçant, Croix de bois, croix de fer explore toutes les nuances d'un monde où le Bien impose sa loi d'airain. Publié en 2016 aux Editions Grasset, ce texte est précédé ici d'une préface inédite de Maud Dubois, professeure à l'université de Neuchâtel. Ecrivain, épistémologue et docteur en psychologie, Thomas Sandoz (né en 1967) est l'auteur de romans, d'essais, de monographies et de nombreux articles de vulgarisation scientifique. Son oeuvre a été récompensée par plusieurs distinctions, dont le Prix Schiller en 2011 pour Même la terre (Editions Grasset), et une citation dans la Sélection de printemps du Prix Renaudot 2018 pour La balade des perdus (même éditeur).
Résumé : Avril 1978. Pouce, onze ans, trouve un chaton abandonné. Sous le coup de l'émotion, il rate le train qui devait le ramener chez lui. Il monte alors dans le premier convoi qui se présente et se retrouve dans une région inconnue. Lancé dans un trajet de retour qui, sous la plume de Sandoz, prend des allures de labyrinthe infernal, d'errance effrénée, il tente de ramener l'animal chez lui avant la tombée de la nuit. C'est la course contre la montre, le temps qui fuit sous ses pas accélérés, les martèlements en rengaine de sa conscience, les réalités troubles, confondantes. Les décors successifs et incohérents, les créatures et intervenants multiples. Maman et papa, figures obsédantes de cette migration folle et intérieure. L'auteur imprègne l'atmosphère d'une telle tension, et les péripéties d'une telle fantaisie, étrangeté, que l'entreprise devient rêve, ou cauchemar. Une réalité chimérique qui donne lieu à un texte éminemment inventif, riche d'images, de métaphores, d'allégories.
Solitaire, sans nom, presque sans mots. Jour après jour, saison après saison, il bêche, sarcle plante, dans le jardin un peu particulier dont il a la charge: l'allée E d'un cimetière municipal."E" comme "enfants".C'est l'histoire d'un homme prêt à tout ? y compris, peut-être, à l'impensable ? pour ne pas laisser ses protégés dans le limbes du "pays des hommes couchés".
Résumé : Ce recueil de brefs récits, parus dans la presse alémanique entre 2002 et 2009, offre une plongée surprenante dans la cité d'Olten, dans le canton de Soleure - un des noeuds ferroviaires les plus importants de Suisse. D'une plume drôle et tendre à la fois, Alex Capus y dépeint le cadre dans lequel il vit depuis son enfance ? : la beauté de la gare, le fumet de l'usine de chocolat, les joies de la piscine municipale, les industriels qui délocalisent, et surtout, Toulouse, un chat noir et blanc auquel aucune porte de la Vieille Ville ne résiste. Entre souvenirs des jeunes années et anecdotes tirées de sa vie d'adulte, Alex Capus exprime ici tout l'amour qu'il porte à cette petite ville méconnue - et souvent mal aimée - et son attachement à ses concitoyens. Parues en allemand chez Knapp Verlag en 2009, ces chroniques ont été traduites en français par Anne Cuneo et publiées chez Bernard Campiche Editeur en 2011. Le roi d'Olten est introduit dans cette nouvelle édition par une préface inédite de l'écrivain Antoine Jaccoud. Né en Basse-Normandie en 1961, Alex Capus vit ses premières années à Paris. En 1967, il déménage avec sa mère à Olten. Après des études d'histoire, de philosophie et d'anthropologie à l'université de Bâle, il se consacre au journalisme et collabore à différents journaux. Bilingue, il écrit en allemand. Son premier roman, Munzinger Pascha, paraît en 1997 et sera suivi de nombreuses publications, traduites dans plusieurs langues. Il vit à Olten où il est propriétaire d'un bar.
Résumé : L'oeuvre littéraire de Jeremias Gotthelf, dans laquelle il exprime ses préoccupations civiques et sociales, est souvent lue dans une perspective qui accentue son caractère contextuel, voire régional. Mais L'araignée noire et Le déluge en Emmental échappent à cette vision réductrice. Dans L'araignée noire, l'écrivain aborde un sujet de portée universelle en explorant les réactions de tout un village face à une invasion d'araignées noires qui déciment peu à peu les habitants. Le caractère fantastique de la nouvelle n'empêche pas Gotthelf d'étudier les réactions de ses pairs pour en tirer la leçon, comme il le fait, en partant de l'évocation d'une catastrophe bien réelle, dans Le déluge en Emmental. Romancier suisse de langue allemande, Jeremias Gotthelf (1797-1854), de son vrai nom Albert Bitzius, a été de 1832 à sa mort pasteur de Lützelflüh dans la campagne de l'Emmental. Il a été un acteur engagé du mouvement de "régénération" politique qui agitait alors la Suisse ; dans son oeuvre, enracinée dans le terroir bernois, Gotthelf s'attache à décrire le bouleversement, par la modernisation, d'une société jusqu'alors essentiellement paysanne.
Morte au début de la vingtaine, la poétesse Alice de Chambrier n'en est pas moins une figure majeure pour quiconque s'intéresse à l'histoire du romantisme et à ses retombées hors de France. Les sujets abordés par Alice de Chambrier témoignent, dans leur variété, de l'attention qu'elle porte à l'effervescence thématique et formelle qui caractérise la littérature de son temps : elle s'essaie aussi bien au poème épique qu'au poème philosophique ; elle explore le registre lyrique ; elle accorde son attention aux manifestations de la nature ou à la méditation métaphysique. Elle apparaît ainsi comme une des dernières incarnations du mouvement romantique, au moment où le naturalisme commence à s'affirmer, et comme un cas unique dans le paysage littéraire de Suisse romande.
Je suis un sentimental. C'est une sorte de faiblesse, je sais, une sorte de maladie, je sais. Vous en riez ; vous pouvez bien en rire, ça m'est complètement égal. Je ne suis pas un mou, je ne suis pas un lâche, je ne crois pas, je suis seulement un sentimental : je n'aime pas les murs. C'est un défaut, je sais, mais je n'ai pas le choix. Je n'aime pas les murs. Je ne dis pas les vieux murs, pierre de taille et fissures, je ne dis pas les murs irréguliers, leurs interstices inégaux, mousses et mortiers, tous les jeux de la lumière à leurs surfaces, non, je dis les murs que certains croient bon de dresser entre eux et moi, entre eux et vous, entre eux et eux, et ces murs-là sont de béton, lisses et inaltérables, ils ne se laissent entamer par rien, c'est du moins ce qu'ils prétendent, il leur faut ça pour se protéger, c'est du moins ce qu'ils croient ; moi je les soupçonne d'être plus fragiles et plus faibles que moi, je suis un sentimental pourtant, tenez, je me demande si derrière leur mur, à chaque fois, ce ne serait pas par hasard un sentimental qui se cache et se réfugie. Un sentimental qui s'ignore. Ou un sentimental qui se méfie de lui-même plus encore que de vous ou de moi".