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Le droit à la différence. L'universalisme français et les juifs
Samuels Maurice ; Cyran Olivier
LA DECOUVERTE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782348072734
Le débat public français charrie une singulière conception de l'universalisme, généralement perçu comme incompatible avec les particularismes : les communautés religieuses ou ethniques, dit-on, doivent renoncer à leurs différences pour entrer dans la communauté nationale. Ce livre important montre que cette conception étroite et rigide est bien plus récente qu'on ne le croit. Grâce à une lecture attentive de la manière dont les responsables politiques, les romanciers, les philosophes ou les cinéastes français ont abordé la question de l'intégration des juifs entre le XVIIIe et le XXe siècle, Maurice Samuels explique que différentes conceptions de l'universalisme n'ont cessé de s'affronter. Et que certaines d'entre elles, parfaitement républicaines, ne cherchaient aucunement à éradiquer les particularités prêtées aux minorités juives. Au contraire, c'est dans l'interaction avec ce particularisme, réel ou imaginaire, que s'est construit l'idéal universaliste français. D'où la tentation, dans certains cas, d'accentuer cette prétendue différence pour montrer la force de l'universalisme français : si la France est capable de faire des juifs des citoyens, n'est-ce pas la preuve de son exceptionnel pouvoir inclusif ? Analysant avec une grande finesse le rapport ambigu que les élites intellectuelles et culturelles françaises ont longtemps entretenu avec les minorités juives, depuis l'abbé Grégoire jusqu'à Jean-Paul Sartre, en passant par Emile Zola ou Jean Renoir, ce livre ouvre des perspectives essentielles, qui éclairent de façon inédite les débats actuels sur le " communautarisme " et le " séparatisme ".
Lewis Michael ; Samuels David ; Nivat Anne ; Hasti
256 pages de reportages étrangers et de nouvelles littéraires, le tout accompagné d infographies, d illustrations et de photographies. Un bel objet à mi-chemin entre littérature et journalisme, au croisement du livre et du magazine. Feuilleton passe en revue le monde.Retournez-le dans sa tombeUn éditorial d outre-tombe, la parole d un classique marque l éternel retour de l actualité.Les dossiers du FeuilletonSix reportages, deux dossiers. Dans ce numéro, un dossier consacré à l Amazonie, entre un diable à 37 000 pieds reportage de William Langewiesche sur un crash aérien au beau milieu de la forêt vierge, et deux grands cimetières industriels: l incroyable cité de Ford (portfolio) et le projet Jari. Un dossier consacré à l Afghanistan, 10 ans après, trois visages d une même guerre: l invraisemblable histoire des Psy des généraux par Michael Hastings, un récit au c ur de Kandahar par Anne Nivat (Prix Albert Londres en 2000 pour Chiennes de guerre) et la faillite de la Kabul Bank par Dexter Filkins du New Yorker.De l âne au coqD un côté, Daniel Mendelsohn raconte la bibliothèque du Vatican; de l autre Kenneth Slawenski se penche sur l impact de la Seconde Guerre mondiale sur J.D. Salinger et son personnage légendaire, Holden Caulfield.Fonds de tiroirUne enquête exhumée par la rédaction: au sommaire du premier numéro un article prospectif, écrit en 1989 par Michael Lewis, envisage l impact sur l économie mondiale d un séisme majeur au Japon. George Orwell, en 1945, compare prix des livres et prix des cigarettes, un manifeste pour Feuilleton.Le grand reportage (Bigger Than Life)Un reportage de près de quarante pages ficelée comme une nouvelle le pari du Feuilleton: la bande des Panthères roses suivie par David Samuels, l un des journalistes-vedettes du New Yorker.Les nouvelles du FeuilletonJonathan Franzen décompose, à la manière d un entomologiste, la décomposition d un couple entre Paris et New York, et Nicolaï Lilin, auteur d Urkas, revient sur son expérience de la guerre en Tchétchénie.GueuletonUn repas de saison. Au menu de cet automne, côte de b uf et cèpes, fougasse et tarte tatin.
Compagnon de route de Charlie Chaplin, Mack Sennett, Fatty Arbuckle, Harold Lloyd ou des Marx Brothers, Buster Keaton commence sa carrière sur les planches à l'âge de trois ans, aux côtés de ses parents, avec lesquels il forme un trio comique. Il devient rapidement une petite vedette du burlesque et développe les capacités physiques qui lui permettront plus tard de réaliser les impressionnantes cascades de ses films. Dans La Mécanique du rire, Keaton raconte l'enfance et la scène, l'expérience de la guerre, l'entrée dans le cinéma, le succès et le passage à la réalisation, puis le fulgurant déclin peu après l'arrivée du cinéma parlant, en passant par les anecdotes de tournage ou les astuces filmiques de la mécanique keatonienne... Cette autobiographie d'une formidable modestie est le témoignage unique d'un homme qui a traversé Hollywood, de son essor à la fin de son âge d'or.
La France a été la première nation européenne à accorder la citoyenneté aux Juifs, en 1790-1791. Ce faisant, la Révolution les a placés face à un dilemme : comment demeurer juif (ou, comme ils préféraient se désigner : israélite) tout en devenant français ? Dans ces courts romans et nouvelles, publiés entre 1830 et 1870, les premiers écrivains juifs nés citoyens français affrontent les débats que suscitent leur nouvelle identité : l'assimilation, le mariage mixte, l'antisémitisme, l'allégeance à la nation, la lutte entre orthodoxie et réforme et la situation des femmes, prises entre la tradition et la modernité. Cette littérature méconnue, rassemblée et rééditée ici pour la première fois depuis plus de 150 ans a de quoi fasciner le lecteur tant elle dresse en temps réel le portrait d'une communauté confrontée à des mutations jusque là inédites. Une fascination que partageront tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et la culture juives.
Une certaine histoire littéraire en France s'entête à nier l'existence de toute littérature juive antérieure à 1900. Armand Lunel, par exemple, a soutenu que, jusqu'à la fin du XIXe siècle, "une littérature que l'on pouvait qualifier (de) spécifiquement et exclusivement de juive était inexistante en France (...). C'est en vain qu'on chercherait dans les Belles-Lettres un auteur juif qui s'exprimerait en tant que tel". Mais a-t-on jamais réellement examiné cette production littéraire et a-t-on cherché à comprendre ce qu'elle nous dit des dynamiques de l'émancipation, de l'assimilation juive ? Ce livre entend combler cette lacune, et, loin du préjugé selon lequel la contribution française à la culture juive serait insignifiante et de qualité médiocre, postule au contraire l'existence d'une littérature juive féconde au XIXe siècle, pourtant restée ignorée et inexploitée. Au delà de la preuve indéniable de son existence - et l'espace littéraire étant le lieu le lieu où les idéologies s'exposent en traits particulièrement saillants -, nous verrons que s'y expriment les problèmes essentiels de la modernité juive de l'époque, en particulier celui des mariages mixtes, de la conversion et du conflit entre liberté individuelle et tradition.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.