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Okoalu
Sales Véronique
VENDEMIAIRE
18,10 €
Épuisé
EAN :9782363583642
C'était un matin du mois d'octobre 1959, à l'aéroport de Cairns ; comme il était très tôt, il faisait froid. Quatre enfants, issus de deux familles différentes, montent dans un avion qui doit les emmener en Amérique, et de là en Europe où ils retrouveront des parents qui n'ont jamais fait preuve de beaucoup de sollicitude à leur égard. Ils n'arriveront pas à destination. Quand l'appareil sombre dans l'océan Pacifique, ils abordent, seuls rescapés du désastre, dans une île, qu'ils croient déserte, de l'archipel des Lau. Ils y resteront des années, au cours desquelles ils feront l'apprentissage de la solitude, celle de la sauvagerie et, pour finir, celle de la séparation. La survie, le renoncement, le poids de l'histoire individuelle et la possibilité d'y échapper : tels sont les thèmes que ce livre explore, dans une subtile polyphonie où se mêlent souvenirs, contes aborigènes et légendes scandinaves, et où se fait entendre, à chaque page, puissante, inexorable, la voix de la nature.
Comment écrit-on l'histoire? Dans quelle mesure les historiens les plus marquants du XIXe et du XXe siècle ont-ils été tributaires, lorsqu'ils ont construit leur oeuvre, de leur itinéraire personnel, et du temps dans lequel ils vivaient? Que reste-t-il aujourd'hui de ces livres qui ont fait date, et qui vivront d'autant plus longtemps qu'ils seront plus discutés? Pour retranscrire ces destins singuliers et exemplaires, un ouvrage collectif qui nous parle aussi d'héritage et de transmission, soit de la vie même d'une discipline, sans révérence obligée et sans mythification.
C'est une histoire qui se répète inéluctablement. C'est l'expérience de l'éloignement et de l'abandon qui se poursuit, au fil d'une généalogie insidieuse. Apollinaire Hartog, témoin de cette malédiction, la voit s'inscrire dans l'histoire de ses parents et de ses grands-parents, à travers la désolation de deux grandes guerres, dans une maison du nord de la France où l'on n'est protégé ni des fantômes ni de sa propre étrangeté sur terre. Expérience.de l'abandon et de la séparation qu'il fera à nouveau autour du rêve brisé de Sagas, la revue d'études scandinaves qui réunit un microcosme étrange, soudé dans l'amour des contes et des légendes de l'Islande. Des personnages absorbés dans une conversation incantatoire avec les absents et les esprits, ceux qui arpentent des paysages entièrement dévolus au froid et à la neige. C'est cette chronique d'une glaciation annoncée, du renoncement et de I'ensauvagement, que retrace Véronique Sales dans ce récit qui célèbre à la fois l'opacité des individus et la toute-puissance de la littérature.
Pavel Kiriline, ethnologue spécialiste des Tlingit, des Algonquins, des Yakoutes et des Toungouses, a beaucoup vécu. Avant même son incarnation actuelle, il a, au fil des siècles, revêtu des formes diverses : hommes, mammifères, poissons... Au cours de son existence officielle, il a successivement écrit des livres, dirigé une revue, exploré les terres arctiques, cheminé avec un elfe dans les landes de l'Ecosse. C'est un chaman, qui dialogue avec les âmes, celles des vivants et celles des disparus, parmi lesquelles celle de son petit frère Platon, sans doute enlevé par les fées, dans un paysage envahi par la neige, il y a des années de cela, au fond de la Russie - à moins qu'il ait été dévoré par un ours, ou emporté par des bohémiens ? Quand Pavel apprend qu'il est, à brève échéance, condamné à perdre la vue, c'est le moment pour lui de faire le compte de ce qui lui importe véritablement, et de ceux qu'il veut garder auprès de lui. Le moment, aussi, de s'en remettre pour de bon à la magie du monde. Véronique Sales a publié plusieurs romans, parmi lesquels Un épisode remarquable dans la vie de Trevor Lessing (Editions du Rocher, 2004), Les Islandais (Pierre Guillaume de Roux, 2011) et Okoalu (Vendémiaire, 2021).
Elle était dure, monolithique, rayonnante, et sereine. Elle était indestructible, songeait-il en la serrant contre lui tandis qu'ils se penchaient sur l'eau pour voir passer les bateaux, et comme elle se dégageait de cette étreinte pour s'appuyer seule sur le rebord de bois, y posant ces vieux gants verts qu'il lui voyait depuis plusieurs années, tant elle était attachée aux choses, et qui étaient ce soir-là déjà trempés de pluie, il lui demanda, observant le haut immeuble de la Samaritaine, grand paquebot blanc amarré au bord de Seine, sa vaste façade de pierre, les petits drapeaux qu'on y avait fichés de chaque côté, comme des fanions, et qui restaient droits dans la bourrasque : " Esther, tu n'as donc de compassion pour personne ? " " La dizaine de personnages qui tournent autour de la mystérieuse Esther s'observent, se traquent, se fuient dans un ballet envoûtant, impitoyable, décrit avec acuité, précision, pénétration. Chassé-croisé d'amitiés et d'amours, ce roman, typiquement français dans son environnement, rappelle les plus grands noms de la littérature anglo-saxonne, par la finesse de sa psychologie et par son style, qui épouse les sinuosités de la conscience, les petites ironies de la vie, les courtes fascinations des instants poétiques.
Espagnoles venues avec les conquérants du Vieux Continent, Indiennes, Noires, métisses, esclaves ou libres... Au carrefour de l'histoire du genre, de celle des colonisations et de celle des sociétés fondées sur l'inégalité de traitement accordé selon la couleur de peau, Bernard Lavallé propose une synthèse sans équivalent en langue française sur toutes ces femmes, héroïnes ou anonymes, qui vécurent en Amérique espagnole depuis le temps des conquistadors jusqu'aux indépendances du XIXe siècle et qui surent souvent affirmer leur autonomie - parfois leur pouvoir - dans un monde dominé par la violence du patriarcat. On connaît Malinche, Indienne née loin de Mexico, interprète et maîtresse du conquistador Hernán Cortés. Ou Catalina de Erauso qui se fit passer pour un homme et vécut des aventures picaresques au Chili, au Pérou et au Mexique. Ou Josefa Ortiz de Domínguez, la Corregidora, emprisonnée pendant plusieurs années du fait de son engagement pour l'indépendance du Mexique. Mais autour d'elles surgissent aussi, au fil d'une étude très précise des archives, des centaines d'autres figures : femmes des villes ou des campagnes assignées à leur communauté, femmes abandonnées, femmes en fuite, religieuses préservant au coeur de la clôture un véritable contre-système, révolutionnaires prêtes à sacrifier leur vie pour une cause nationale qui n'était cependant pas totalement la leur...
Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter ou support de "tutos beauté" : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd'hui partout. Mais si on l'associe volontiers au Moyen Age tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu'énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l'Antiquité grecque et l'Ancien Testament ? Qu'elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle, devenant tour à tour bête féroce capable d'éventrer l'éléphant et symbole de pureté virginale ? Et qu'en tant qu'exemple canonique d'objet dont il faut déterminer ou non s'il existe - ou s'il est possible qu'il existe et ce que cela signifie -, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ? Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d'histoire de l'art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem devenu l'incarnation de la nostalgie de l'innocence et de l'insatiable besoin de réenchantement de notre monde contemporain.
Des maquis, on connaît la légende. Celle de ces jeunes hommes qui, à partir de 1942, choisissent la clandestinité pour combattre l'occupant. Celle des batailles des Glières ou du Vercors. Celle des résistants qui libérèrent des villes entières, avant même l'arrivée des armées alliées. Hors de ces images d'Epinal, pourtant, les maquisards restent des inconnus. De quel milieu venaient-ils ? A quelles motivations obéissaient-ils ? Comment ont-ils été formés, comment se sont-ils comportés devant l'ennemi ? Comment ont-ils vécu ensemble, parfois pendant près de deux années, dans des conditions matérielles souvent très précaires ? De quels soutiens ont-ils pu bénéficier parmi les populations locales ? Ont-ils inconsidérément livré celles-ci aux représailles allemandes ? Les réponses ne sont pas univoques. Car, depuis la fin de l'année 1942, lorsqu'apparaissent les premiers camps, jusqu'aux combats de la Libération, l'expérience n'a pas été la même selon les périodes et les contextes, variant considérablement en fonction de la date de formation du maquis, des territoires concernés, du niveau d'encadrement des camps ou du type d'actions entreprises. Et à chaque fois, les réalités de terrain ont fait l'objet de tous les fantasmes, dans l'incessante guerre psychologique qui opposait Londres à Vichy... La première grande synthèse sur l'histoire des maquisards à l'échelle de toute la France, à partir de recherches menées pendant plus de dix années dans de nombreux fonds d'archives, nationaux ou départementaux, et des témoignages des derniers survivants.
Crise sanitaire, tensions raciales, contestation des résultats électoraux : le mandat de Donald Trump s'est achevé dans un climat quasi insurrectionnel, laissant la société américaine plus divisée que jamais. L'élection de Joe Biden, accueillie avec soulagement par la classe politique européenne et les élites intellectuelles américaines, semblait signer pour beaucoup la fin d'une folle parenthèse, un retour à la normale. Si tant est qu'il se produise, cet apaisement risque d'être de courte durée. Loin de représenter un accident de l'histoire, le trumpisme constitue le symptôme d'un mal plus profond, le résultat d'un modèle économique, social et institutionnel à bout de souffle. Or, les réformes ambitieuses annoncées par Joe Biden peinent à se matérialiser malgré l'émergence d'une aile gauche démocrate de plus en plus structurée, forte de propositions et déterminée à infléchir l'action de la Maison Blanche. Une analyse détaillée et percutante de la vie politique des Etats-Unis, hyper puissance confrontée aux plus grands défis de son histoire récente.