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CORRESPONDANCE GENERALE. LETTRES RETROUVEES - I (1823-1859)
SAINTE-BEUVE
CHAMPION
152,00 €
Épuisé
EAN :9782745312150
Sainte-Beuve toujours vivant, la preuve en est dans ces lettres et billets trouvés ou retrouvés : plus de deux mille documents font mieux approcher de la vérité d'un homme qui attachait tant de prix aux correspondances. II reste sans doute dans des archives familiales ou bien dans les mains de collectionneurs méfiants ou distraits des témoignages précieux sur ce que furent l'homme et le critique... La présente collecte retient l'attention: billets retrouvés à Victor Hugo, à George Sand, à Saint-Valry, à Duveyrier, lettres à la famille du poète Chênedollé, lettres à la poétesse Malvina Blanchecotte, lettres de la Princesse Mathilde... Le lecteur (et pas seulement l'érudit) verra se préciser une figure singulièrement complexe. On verra ici et là un Sainte-Beuve amoureux, refusant de se laisser berner par la belle Jenny, près d'épouser Adeline Devaquez et qui ne reste pas insensible aux charmes de Jeanne de Tourbev. Puissé-je dans l'annotation de ces lettres ne pas trop m'exposer à la critique formulée par Sainte-Beuve à propos de Boileau éditant Béranger. Il reprochait à Boileau de "dicter à chacun le ton et [de] donner la note sur ce qu'on peut juger aussi bon que lui " (Nouveaux Lundis, I, page 169).
Ce second volume de lettres retrouvées apporte de précieux compléments sur l'activité du critique et sur sa vie privée. Inlassable manœuvre littéraire, Sainte-Beuve donne ses articles au Moniteur, au Constitutionnel puis au Temps. Son entrée au Sénat en 1865 lui assure la sécurité matérielle sans qu'il ait à se renier jamais. On retrouve amis et relations : le docteur Veyne, Lacaussade, Feydeau, Haubert, Taine et Renan. Ce sont aussi les amitiés féminines : Hortense Allart, Mme de Tourbey; c'est la poétesse Malvina Blanchecotte qu'il renseigne sur la vie littéraire non sans lui faire une cour pressante. Les quatre dernières années voient un Sainte-Beuve lucide et courageux lutter contre la maladie qui l'emportera. Nous publions en appendice les lettres de la princesse Mathilde qui ont pu être datées et déchiffrées ainsi que le dossier des lettres d'Adèle Hugo à celui qu'elle considère comme l'être qu'elle a le plus aimé.
Ce texte a un caractère d'urgence littéraire : Sainte-Beuve est le premier à introduire Leopardi en France, et celui-ci est le seul écrivain étranger dépeint dans les Portraits contemporains. La lecture de nouveaux manuscrits convainc Sainte-Beuve que s'y joue quelque chose de décisif, que sous ses yeux se présente l'ouvrage d'un grand esprit, revenu d'une Antiquité oubliée et inaccessible. Le sublime désespoir de Leopardi, sa stupéfiante précocité et son intimité avec les Anciens suffisent à fasciner. Ce que Sainte- Beuve parvient à transmettre avec une étonnante clarté : la vie de l'auteur, son itinéraire spirituel et intellectuel ainsi que les remous de son âme apparaissent si limpides que nous achevons cette lecture avec le sentiment d'être réellement initiés à la parole de Leopardi.